« Il était une fois en Yamato » Chapitre 1 : Jynpo et les volatiles (3/7)

Ledit Jynpo était intérieurement inquiet. Jamais au cours de ses voyages en Sylvestrie il n’avait été confronté à un problème aussi épineux. « Que vais-je bien pouvoir faire ? » se demandait-il. A ce propos, il interrogea d’ailleurs ses conseillers : « A votre sens, quel serait donc le choix le plus judicieux ?
– Afin d’éviter tout heurt, je pense que nous devons le laisser venir et, à ce moment là, nous montrer plus intelligent que lui en réagissant de manière inattendue aux intrigues du Clan de la Grue, Jynpo-sama. » Hideaki sembla hésiter un bref instant, mais reprit : « Selon moi, nous ne devons pas leur montrer qu’ils nous ont surpris mais que si l’ambassadeur a réussi à traverser la frontière, c’était seulement votre bon vouloir.
– En effet, ajouta Chiba, si nous parvenons à préparer les appartements de l’ambassadeur Doji et de sa suite suffisamment vite, et selon ses goûts, cela pourrait lui laisser croire que nous attendions sa visite depuis plus longtemps qu’il ne le pense.
– Il serait également judicieux, continua Hideaki, que nous lui laissions croire que nous le faisons suivre depuis qu’il a traversé la frontière.
– Mais cela aurait été déplacé de ma part de le faire suivre, protesta Jynpo.
– Pas si vous lui dites que vous vous inquiétez de sa sécurité puisqu’il jugeait nécessaire de voyager invisible, répondit Chiba.
– En tous cas, c’est là, la solution que je préconiserai, Jynpo-sama, conclut Hideaki.
– Je pense aussi que c’est le choix le plus judicieux, cela ne fait aucun doute, s’empressa de répondre Jynpo. Bien que cela me gêne de devoir mentir à un ambassadeur et ce, dans ma propre maison, je ne peux me résoudre à laisser mon Clan souffrir d’un tel affront et devenir la risée de tout Yamato. »

« A peine avons nous donné la réponse qu’il attendait, il s’est empressé de conclure afin de passer à l’acte le plus vite possible. Je pense que nous avons réussi ce test en donnant la solution qu’il détenait déjà en entrant dans la salle. » songeait Kitsuki Hideaki. Puis il reprit tout haut : « Si cela vous sied, Jynpo-sama, je vais demander à mon neveu Haruko-san , qui s’y connaît bien dans ce genre d’affaires, de s’occuper au plus vite de l’intendance des préparatifs pour recevoir l’ambassadeur Doji du Clan de la Grue.
– Très bien. » approuva le Seigneur du Clan du Dragon en congédiant son conseiller. Puis il se tourna vers Chiba, un doute soudain s’étant emparé de son esprit : « Mais, si ils se sont téléportés, je ne pourrai pas leur dire que nous les suivons depuis la frontière… »

Mirumoto Chiba fut surpris par les paroles de Jynpo. Il connaissait certes le principe de la téléportation et savait que certains Shugenjas en étaient capables, néanmoins il avait toujours entendu dire qu’il s’agissait là d’une méthode bien hasardeuse à moins d’être très puissant. D’autant plus pour transporter autant de personne. Mais la remarque de son Seigneur lui semblait avisée, après tout Jynpo avait bien plus d’expérience que lui malgré son jeune âge. C’est pourquoi il suggéra : « Si vous me le permettez, mon Seigneur, je vais aller trouver votre conseiller Shugenja, Liang-san, pour savoir dans quelle mesure cela est possible.
– Fais donc, lui enjoignit Jynpo. Et reviens ensuite me dire ce qu’il en est. »

Le conseiller militaire se leva, s’inclina et partit. C’est à ce moment là qu’une évidence s’imposa à l’esprit du jeune chef du Clan du Dragon : il ne s’était pas assis à la place du chef de Clan. « J’espère qu’ils ne s’en sont pas rendus compte, songea-t-il. Sinon je vais encore passer pour un idiot. Que faire à présent ? M’asseoir à la place du chef et je passerai pour un idiot quand ils reviendront ou rester là et, si ils s’en étaient aperçus, continuer de passer pour un idiot ?… Je sais ! Je vais me lever et parcourir la pièce pour faire comme si je réfléchissais à cette grave situation, à laquelle je n’ai pas vraiment tout compris d’ailleurs. » Il se leva donc et, faisant les cent pas, continuait de réfléchir : « N’empêche elle est grande cette salle. Je peux en mettre des conseillers dedans ! Quand je pense qu’on était que trois… J’ai pas du avoir l’air très malin à leur dire de nous réunir ici, mon cabinet de travail était bien assez grand pour cela et surtout, nous n’aurions pas eu à nous déplacer. Après tout, c’est une Salle du Conseil, il faut bien qu’elle serve dans ce genre de situation. C’est presque une tradition. » D’un coup, il s’arrêta, net : « Par Tyr ! Je n’ai plus rien à me mettre ! Ma belle armure est encore toute sale et bosselée ! Quoique… c’est vrai qu’ici les gens auraient mal pris le fait de me voir en armure de guerre dans ma propre demeure, ce serait plus une coutume de Sylvanie. Je risque de passer pour un pleutre en armure de combat, devant un simple ambassadeur et sa suite. Et puis ses gardes ils me font même pas peur ! J’ai vaincu le Roi des Goules moi ! Et je n’ai presque plus peur des dragons… »

Sur ces entrefaites, Chiba revint, accompagné d’un homme fin, aux longs cheveux grisonnants et au menton orné d’une courte barbe taillée en pointe. A peine plus âgé que Kitsuki Hideaki, il avait beaucoup de prestance, sans pour autant égaler Jynpo, et la sagesse se lisait dans ses yeux. Tamori Liang et Mirumoto Chiba s’inclinèrent tout deux devant leur Seigneur et attendirent, comme toujours, que ce dernier prenne la parole. Jynpo, plongé dans ses pensées, mit quelques instants à s’apercevoir de leur présence. « Tiens Liang ! Chiba t’a-t-il mis au courant de la situation ?
– Oui, mon Seigneur, répondit Liang en faisant mine de ne pas se rendre compte de la manière rustre dont Jynpo s’adressait à lui. Selon moi il ne fait aucun doute que la brusque apparition du diplomate du Clan de la Grue et son escorte est liée à la magie. Cependant, les téléportations simples sont très hasardeuses si l’on a pas une parfaite connaissance du lieu où l’on se rend. De plus, pour transporter autant de personnes, il aurait fallu faire appel à certains des plus puissants Shugenjas de l’Empire, ce qui me paraît peu probable. Je ne pense pas qu’ils s’embarrasseraient de la sorte pour un ambassadeur, sans compter les risques pour ledit ambassadeur de se retrouver ailleurs qu’à l’endroit escompté.
– Même si c’était le cas, ajouta Chiba, ils ne pourront pas vous accuser de mentir lorsque vous le leur direz que nous les avons fait suivre, car alors ils avoueraient leur volonté de mettre leurs hôtes dans l’embarras et de ne pas respecter nos frontières, Jynpo-sama.
– Mais alors, comment sont-ils arrivés là ? demanda Jynpo. Car il ne me semble pas que les sorts d’invisibilité puisse les dissimuler tout au long d’un tel trajet, à moins d’être accompagnés d’un grand nombre de Shugenjas, ce qui n’est pas le cas.
– Je vois que Monseigneur s’y connaît bien en magie, apprécia Liang. C’est effectivement le cas. Je vais faire des recherches pour savoir par quel subterfuge magique ils auraient réussi à passer ainsi nos frontières. »

« Il était une fois en Yamato » Chapitre 1 : Jynpo et les volatiles (2/7)

« J’ai trouvé ! s’exclama le chef du Clan du Dragon.
– Alors, que convient-il de faire face à l’intrusion non autorisée de l’ambassadeur Doji du Clan de la Grue, honorable Jynpo-sama ? » s’enquit Kistuki Hideaki.

Jynpo resta interdit quelques instants. Puis, comprenant que son idée pour résoudre le problème des poules n’avait rien à voir avec une intrusion non autorisée sur les terres de son Clan, il demanda, étonné : « Comment ça une intrusion non autorisée ?
– En effet mon Seigneur, cette intrusion n’a, en aucun cas, été autorisée durant votre exil forcé. » L’informa le conseiller Hideaki.
Le jeune seigneur comprit enfin de quoi il retournait, soit un grave affront de la part du Clan de la Grue, et posa précautionneusement son rapport sur les gallinacés. Il comptait fermement s’occuper de cela par la suite. « Il ne faut vraiment pas que j’oublie mon idée pour régler ce problème, pensait-il par devers lui. Pour une fois que j’y arrive tout seul, sans conseillers ni amis ! » Puis, il se leva, l’air grave et déclara : « Dans ce cas, nous ne pouvons pas rester sans réagir face à un tel affront venant de nos ennemis. Il faut une action forte ! C’est pourquoi je vous propose d’aller immédiatement débattre de la question dans la Salle du Conseil. »

Les deux conseillers s’inclinèrent, avant de suivre Jynpo qui se dirigeait déjà vers la salle, l’air plus concentré que jamais. Tout en parcourant les couloirs, Chiba admirait intérieurement son maître : « Malgré son jeune âge, les épreuves qu’il a affrontées ont fait de lui un vrai samouraï et un Seigneur des plus éclairé. Il a une telle aura de bravoure, les hommes le suivraient sans hésiter jusqu’aux tréfonds de l’Outreterre. De plus, à part le Shogun en personne, aucun guerrier ne peut rivaliser de force avec lui. Je suis certain qu’il est déjà en train de peaufiner les détails de sa stratégie en cas d’invasion du Clan de la Grue. » Hideaki, dans son esprit, appréciait la sagesse et l’intelligence dont faisait preuve Jynpo : « Quel grand homme ! Il dispose d’un esprit affûté et a probablement déjà pris en compte tous les tenants et les aboutissants des retombées politiques de chaque solution qui s’offre à lui. Je suis sûr qu’il a prévu que le trajet de son cabinet de travail à la Salle du Conseil lui laissera le temps de deviner les véritables intentions du Clan de la Grue. »

Pendant ce temps, Jynpo était, en effet, plongé dans ses pensées : « Il ne faut vraiment pas que j’oublie comment sauver les gallinacés de ce village, sinon ils vont encore se moquer de moi et me traiter de bébé-samouraï ! Non, mais en plus, je suis sûr de mon coup, j’ai eu une excellente idée. Ca marchera ! Avec celui-là, j’aurais fini de prendre connaissance de quatre rapports. Heureusement qu’il n’y avait pas de problème à régler pour les trois premiers… J’aurai bien travaillé aujourd’hui, je suis plutôt content, mais il faut encore que je m’occupe de cette nouvelle complication. Bon, comment je vais faire ? » C’est à ce moment précis qu’ils arrivèrent tous les trois devant la Salle du Conseil.

En entrant dans la pièce, Jynpo jeta un regard empli de nostalgie à cet endroit, qu’il n’avait pas vu depuis qu’il avait du quitter Yamato et son père, pour se rendre dans la lointaine, barbare et froide Sylvanie. Il contempla les moelleux coussins de soie marquant la place du chef de Clan, autrefois occupée par son père. Il alla s’asseoir à la place qui était déjà la sienne à l’époque, à la droite du chef de Clan. Une fois qu’il fut installé, il fit signe à ses conseillers de prendre place à leur tour. Voyant que Jynpo ne siégeait pas en tant que Seigneur, ils hésitèrent un bref instant, mais obéirent. Attendant que son maître prenne la parole, Hideaki songeait aux raisons qui l’avaient poussé à laisser de côté le siège de Seigneur où il aurait du prendre place : « Il n’a pas terminé le deuil de son père. Par respect il lui laisse encore la place. De plus, il ne veut certainement pas s’asseoir à l’endroit où le traître qui a tué son père s’est assis. Peut-être faudrait-il suggérer au futur Intendant de changer les coussins, cela l’aidera peut-être. »

« Alors, comment pensez-vous que le problème devrait être réglé ? » demanda Jynpo à ses conseillers en espérant qu’ils lui diraient comment réagir, car, pour sa part, n’ayant pas eu le temps d’y réfléchir, il n’en avait strictement aucune idée. « Il nous teste ! » pensèrent Chiba et Hideaki, persuadés que leur maître avait déjà la bonne réponse, mais qu’il voulait les mettre à l’épreuve pour se faire une idée par lui-même de la valeur de ses hommes, ainsi que l’aurait fait tout bon Seigneur nouvellement arrivé au pouvoir.

« A mon sens, il y a plusieurs solutions possibles, Maître, commença le conseiller diplomate. Premièrement, nous pouvons attendre l’arrivée de l’ambassadeur Doji au château. A partir de là, nous devrons l’accueillir selon les règles de l’hospitalité, pour ne pas entacher l’honneur du Clan du Dragon, mais il sera alors très difficile d’obtenir réparation de l’affront qui nous a été fait. La deuxième solution serait d’envoyer des hommes à sa rencontre, afin d’exiger des explications à cette intrusion et demander directement réparation. Si cela s’avère impossible, l’honneur nous obligera à en venir aux armes. Cela, en plus de risquer une confrontation directe envers le Clan de la Grue, montre aux autres Clans que notre frontière est aussi facile à traverser qu’une muraille de papier. Malgré notre réaction brutale, elle n’aurait été que trop tardive.
– Mais dites-moi, comment se fait-il que nous ayons été informés si tard de leur présence sur nos terres ? s’enquit Jynpo.
– Des Shugenjas sont probablement liés à cette affaire, Maître, répondit sombrement Chiba. Ils ont du les masquer magiquement pour qu’ils puissent arriver sans encombre en plein cœur de notre territoire.
– Il est à noter, intervint Hideaki, qu’il s’agit là probablement d’un test de la part du Clan de la Grue. N’oublions pas que derrière le raffinement dont ils font preuve, ils n’en restent pas moins des conspirateurs difficilement égalables. D’après moi, ils cherchent à savoir ce que valent vos décisions et connaître vos réactions pour savoir dans quel camp considérer notre Clan pour leurs futures machinations. Peut-être pensent-ils, naïvement, pouvoir manipuler l’actuel héritier du trône impérial, mon Seigneur.
– Nous pouvons également faire effectuer une marche forcée à nos armées en direction de notre frontière commune avec le Clan de la Grue, afin de les intimider Seigneur, suggéra Chiba.
– Ce serait une bonne solution, déclara Hideaki, si elle n’était pas aussi tardive. Sans compter que le Clan du Phénix, qui attend de voir si vous, Jynpo-sama, être aussi bon stratège que guerrier, peut profiter de cette occasion pour marquer des points décisifs dans la guerre qui nous oppose à eux. »

« Il était une fois en Yamato » Chapitre 1 : Jynpo et les volatiles (1/7)

Il était une fois Gaïa, la planète aux sept continents, parmi lesquels se trouve la froide Sylvestrie, ravagée par la guerre depuis le débarquement des hordes de diables et de démons. Au nord est du continent Sylvestre, après avoir traversé la mer Impériale, se trouve Yamato, berceau du bushido autant que du nindo. Au cœur de ce continent, dans une région bordée de hautes montagnes aux neiges éternelles, se trouvent les terres de l’énigmatique Clan du Dragon. En son centre se dresse fièrement sa capitale, surplombée par le château Togashi, demeure ancestrale entourée de ses ailes plus récentes construites au fil des ans, ainsi que de somptueux jardins colorés aux multiples senteurs. En remontant la grande rue, on arrive face à la porte principale de la muraille entourant le palais, gardée par deux fiers samouraïs. Après avoir franchi la porte et traversé les somptueux jardins, on arrive enfin à l’entrée du château, qui forme une avancée, elle aussi gardée par de valeureux samouraïs. A l’intérieur de l’édifice, après avoir traversé de nombreux couloirs emplis de serviteurs affairés à diverses tâches, on finit par arriver devant une porte coulissante, ouvrant sur le cabinet de travail de la deuxième personne la plus puissante de Yamato.

Jynpo, le coude sur la table, se tenant la tête de ses doigts repliés, contemplait successivement d’un air désespéré, les rapports qu’il tenait de son autre main et ceux qu’il lui restait à traiter. Cette pile qu’il s’échinait à faire rétrécir depuis bientôt trois heures mais qui lui paraissait toujours aussi haute. « J’en ai marre ! » lâcha-t-il soudainement, avant de vérifier précipitamment que personne ne l’avait entendu. Après tout, la deuxième personne la plus puissante de Yamato, héritier direct du trône impérial et chef du Clan du Dragon ne pouvait se permettre de rechigner à faire son devoir. Devoir qu’il avait d’ailleurs délaissé depuis trop longtemps. Bien que son excuse, tout à fait valable, était de protéger le monde. Et, même s’il n’était de retour dans son clan que depuis quelques jours à peine, ses compagnons d’armes, avec lesquels il avait mené sa tâche à bien, lui manquaient déjà. Pourtant, ils n’étaient pas des samouraïs ni ne suivaient le bushido. Néanmoins il avait appris à les apprécier et, il devait bien le reconnaître, il leur devait la vie. Il les avait rencontrés lorsque son oncle, Shiro, l’avait envoyé en soi-disant voyage initiatique, dans le lointain continent de Sylvanie. Au cours de ses pérégrinations, il avait appris que son oncle cherchait en réalité à se débarrasser de lui, après avoir assassiné son frère, le père de Jynpo, afin de prendre la tête du Clan du Dragon. A plus long terme, Shiro envisageait de tuer l’Empereur car, son neveu loin de Yamato, il devenait l’héritier direct du trône impérial. Maintenant que Jynpo avait tué son oncle, il se devait de reprendre son clan en main.

Il reprit la lecture du rapport sur le taux de mortalité grandissant des poules, probablement du à un parasite, dans un petit village à quelques kilomètres à l’est de la petite ville d’Okinawa, dans une région secondaire du Clan du Dragon, peu productive en gallinacés. « Il faut absolument que je trouve un nouvel intendant. » soupira-t-il tout haut. C’est ce moment que choisit un soldat de sa garde personnelle pour arriver en trombe, s’agenouiller devant lui et attendre l’autorisation de parler. Jynpo, trop heureux de pouvoir reporter à plus tard le problème des poulets, lui fit signe de prendre la parole. « Une escorte armée battant étendard de l’ambassadeur de la famille Doji du Clan de la Grue, a été aperçue à une journée de marche de notre capitale, Jynpo-sama. » Ayant délivré son message, le soldat toujours haletant, baissa de nouveau la tête, attendant une réponse de son seigneur.

« L’ambassadeur du Clan de la Grue ? s’étonna le chef du Clan du Dragon. Préparez-vous à le recevoir comme il convient. » ordonna-t-il sur le ton de la conversation. Puis, déjà revenu aux problèmes gallinacés, il congédia le soldat. Ce dernier, un peu perplexe quant à la réponse de Jynpo et n’étant pas certain de comprendre quelle était la manière convenable de répondre à une telle intrusion sans préavis, obéit tout de même et s’en fut remettre le message à son supérieur.

Quelques minutes plus tard, Mirumoto Chiba et Kitsuki Hideaki, les deux principaux conseillers de Jynpo, firent leur entrée dans le cabinet de travail de ce dernier. Chiba était le premier conseiller militaire et chef de la garde personnelle de la noble maison du Clan du Dragon. L’allure martiale et vêtu comme pour aller au combat, bien que tenant son casque à la main, il semblait perpétuellement imperturbable. Il faisait partie de la grande famille Mirumoto dont Jynpo était également issu. Les Mirumoto, qui avaient donc pour chef de famille l’actuel dirigeant du Clan du Dragon, étaient le noyau dur des armées du Clan. Grands Samouraïs, ils avaient élaboré une technique de combat particulière. En effet, ils s’étaient spécialisés dans le combat à deux armes impliquant un katana et un wakisashi. Hideaki, quant à lui, était un homme plutôt sec au regard calculateur. Contrairement à Chiba qui était dans la force de l’âge et à Jynpo, qui était dans la fleur du sien, lui était un homme d’âge mûr. Il faisait partie de la famille Kitsuki, à l’origine de nombreux magistrats de renoms. Principal diplomate du Clan, il conseillait Jynpo en matière de relations extérieures.