« Il était une fois en Yamato » Chapitre 2 : Jynpo et sa cousine (1/6)

L’aube ne pointait pas encore et les gardes de la porte principale de la muraille du château Togashi veillaient scrupuleusement à la sécurité du palais de leur Seigneur Mirumoto Jynpo. A ce moment, ils virent au loin sur la route, un homme qui courait à toute vitesse. Vêtu en haillons et le crâne rasé, il se déplaçait à une allure remarquable. Voyant qu’il ne ralentissait pas, les deux gardes s’apprêtèrent à lui barrer le chemin. C’est alors qu’ils le virent fouiller dans un vieux sac et se retrouvèrent assaillis par une volée de projectiles. L’homme passa à côté d’eux, sans même ralentir, ni leur accorder le moindre regard. Les gardes se rendirent alors compte qu’ils s’étaient fait bombarder d’oranges et, sans chercher plus d’explications quant à cette mystérieuse attaque, ils se précipitèrent pour sonner l’alarme.

Après une nuit de sommeil agité, Jynpo fut réveillé par de nombreux bruits affairés au sein de sa demeure. Craignant que ce vacarme soit du à l’arrivée impromptue de sa cousine, il se redressa brusquement. C’est alors qu’il réalisa qu’il s’agissait du bruit de soldats courant de part et d’autre du domaine. Même si Natsumi était encline à s’attirer des ennuis, il dut reconnaître qu’il était peu probable qu’elle provoque un tel remue-ménage parmi ses gardes. C’est alors qu’une orange le heurta violemment, en plein dans la joue. Tournant la tête vers l’origine de l’attaque, il se rendit compte que le fruit avait transpercé le papier de riz qui séparait sa chambre de son jardin privé, et que par le trou un œil rond le fixait. « Jynpo ! s’exclama l’œil. Tu n’es pas mort ?! » Avant que ce dernier puisse répondre, le propriétaire de l’œil déchira la cloison pour entrer dans la pièce. « J’espère que c’était une porte… » reprit songeusement l’homme au crane rasé, avant de commencer à fouiner dans les affaires du jeune Seigneur du Clan du Dragon.

A ce moment là, des dizaines de gardes firent irruption dans le jardin et contemplèrent avec horreur le trou dans la cloison de la chambre de leur maître. Plusieurs d’entre eux menés par Mirumoto Chiba, l’épée au clair, se précipitèrent à l’intérieur. « Chiba ! l’interpella Jynpo. C’est vous qui faites tout ce vacarme de bon matin ?
– Nous cherchons à appréhender cet individu qui s’est introduit dans le palais sans autorisation, Monseigneur. » Expliqua le conseiller et chef de la Garde Personnelle de Jynpo, tandis que des gardes, encore haletants après leur course-poursuite effrénée, s’approchaient de l’homme qui, indifférent à ce qu’il se passait autour de lui, fouillait à quatre pattes dans un des placards de la chambre.

« Mais c’est mon ami ! » s’exclama ingénument le deuxième homme le plus fort de Yamato, avant de se retourner vers le postérieur qui sortait du placard. « Ethir, pourquoi te pourchassent-ils ?
– Qui me pourchasse ? » s’étonna le dénommé Ethir qui se retourna en se relevant, avant de croquer à pleine dents dans une orange.

C’est alors que l’un des gardes poussa un cri de surprise, en même temps que toutes les personnes présentes dans la pièce entendirent dans leur tête un joyeux « Onbuuu ! » retentissant. « Enlevez-moi ça ! » s’exclama le garde paniqué, tout en essayant de saisir le petit reptile ailé qui s’était accroché à son dos. Alors que ses collègues restèrent interdits, ne sachant quoi faire et attendant des directives, Ethir retourna à sa fouille minutieuse des appartements de Jynpo. Ce dernier intervint en faveur de l’animal, qui ressemblait à s’y méprendre à un dragon de la taille d’un chat : « Ne faites pas de mal à Onbu, il est fragile ! »

Entendant cela, le reptile lâcha le garde pour se précipiter et s’écraser sur le Seigneur du Clan du Dragon, qui reprit : « Désolé, tu ne t’es pas fait mal ? » L’animal l’ignora royalement et s’installa sur sa tête. Après quelques secondes de silence gêné, brisé uniquement par les déplacements d’Ethir et le ronronnement d’Onbu, Chiba demanda à son maître s’il avait besoin de ses services. Jynpo, essayant désespérément de déloger le petit animal perché sur sa tête, lui répondit : « Non non, ne t’en fait pas Chiba, j’irai prendre mon petit-déjeuner plus tard. »

Le conseiller resta un instant dubitatif face à cette réponse incongrue, mais se reprit bien vite et s’inclina, avant de faire partir tout le monde et de quitter lui-même la pièce. Une fois qu’ils furent tous partis et que Jynpo se fut résigné à garder Onbu sur sa tête, il demanda à son ami : « Ethir, que fais-tu là, au fait ?
– Ben, j’étais venu ramener ton cadavre à Lyanna, mais étonnamment t’es toujours en vie. Surtout avec tous ces gens armés qui traînent dans tes couloirs, je m’attendais vraiment pas à te retrouver vivant ! Alors je cherche des souvenirs pour les autres. »

Ethir l’Ensorceleur et Lyanna la Prêtresse faisaient tous deux partie de la Compagnie de la Licorne, que Jynpo avait du laisser pour venir s’occuper de son Clan. Bien qu’ayant fait une entrée terriblement peu conventionnelle, mais tout à fait digne de lui-même, le Samouraï était plutôt content de revoir son vieux compagnon d’arme, avec qui il avait vécu tant d’aventures et affronté maints dangers. « Iskaurix n’est pas avec toi ? s’enquit Jynpo en faisant référence au jeune dragon d’or qui accompagnait d’ordinaire son ami.
– Non, répondit joyeusement l’ensorceleur. Il est occupé à aménager son nouveau chez-lui, dans les montagnes à côté de chez les Nains. Et puis, ce continent ne lui a pas laissé de très bons souvenirs… Tu veux une orange ? »

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