Une boutique de loutres

Glorieuses salutations !

Comme je le disais hier, j’ai quelque chose à vous montrer à propos de mes loutres, parce que comme je suis une loutre vénale et affamée, j’ai besoin d’oseille, qui à la fois sustente le coté vénal et apaise la faim. C’est très polyvalent, l’oseille. Je me suis donc dit que ça serait une glorieuse idée de coller mes loutres de partout sur plein d’objets divers, que ça pourrait intéresser certaines personnes de les acquérir. Comme un lien vaut mieux qu’un long discours, je vous montre tout de suite ce que ça donne (à savoir que je vais rajouter des dessins régulièrement) : https://ekwo.redbubble.com

Pour les personnes qui ne seraient pas intéressées par les loutres, mais qui aimeraient me soutenir pour que je puisse continuer à manger tout en écrivant mes romans, j’ai également ouvert un uTip. uTip est un site de financement participatif : vous pouvez donner des sous ponctuellement, ou tous les mois (il y a aussi une mini-boutique, mais elle ne sera que sommaire) si vous préférez m’aider de cette façon. Voici le lien du uTip : https://utip.io/ekwolaloutre

J’ai essayé de ne pas trop m’étaler, mais si vous avez des questions sur les divers fonctionnements ou sur autre chose, n’hésitez pas. Merci de m’avoir lue, plein de bisous et plein d’amour sur vous ❤

Froids remerciements

Firmin chantonnait à l’ombre d’un noisetier qui le protégeait du soleil estival. Il espérait être bientôt assez grand pour pouvoir suivre la bande de sa mère dans ses rapines. Désargentée depuis deux générations, sa famille avait pu conserver le château au milieu de la forêt. Il commençait à tomber en ruines à certains endroits et ses murs étaient recouverts de lierre, mais il offrait encore un repaire spacieux et confortable. La maisonnée s’était petit à petit reconvertie en bandits de grand chemin et voleurs nocturnes. Du haut de ses huit ans, Firmin pouvait se targuer d’être lui-même un tire-laine hors pair, même s’il aspirait à de plus hauts exploits.

Une clochette tintinnabula, le faisant se redresser d’un bond. Il se précipita à la poterne pour s’y poster et surveiller discrètement qui approchait de sa demeure. À sa grande joie, c’était sa mère, Anna, qui marchait à la tête de ses acolytes. L’un d’entre eux, Tom le géant, transportait un gros sac sur l’épaule et tous paraissaient guillerets. Alors qu’ils arrivaient, Firmin put constater qu’il ne s’agissait pas d’un sac, mais d’une fillette qui se débattait. Surpris, il laissa la poterne pour sautiller jusqu’à la bande afin d’en savoir plus ; d’aussi loin qu’il se souvenait, Anna n’avait jamais capturé personne. Il se demandait ce qu’on pouvait faire de quelqu’un qu’on avait volé.

« Mère !

— Firmin, mon garçon, je ne t’ai pas vu arriver ; tu es de plus en plus discret.

— Huhu ! » Il rosit de plaisir sous le compliment. « Qu’est-ce que vous apportez là ?

— Qu’apportez-vous là, corrigea-t-elle. Une otage, que je compte bien rançonner.

— Rançonner ?

— Je pense qu’elle est fille d’une famille riche et j’ai l’intention de leur demander beaucoup d’argent s’ils veulent que je la leur rende. »

Anna attrapa son fils et continua sa route en le posant sur sa hanche, comme lorsqu’il était enfançon. « Croyez-vous que nous pourrons réparer la maison avec cet argent ?

— C’est possible, cela dépendra de leur fortune, mon chéri.

— Heureusement que nous sommes pauvres, alors.

— Pourquoi ?

— Ainsi, personne ne m’enlèvera pour que vous leur donniez de l’argent. »

Cela fit rire sa mère. « Enfermez-la dans le chenil, ordonna-t-elle à ses comparses. Je vais, quant à moi, préparer une lettre pour sa famille. » Firmin se tortilla pour qu’elle le pose et suivit Tom le géant jusqu’à l’ancien chenil. Il n’hébergeait plus de chiens depuis bien longtemps, mais les murs en étaient encore solides et la grille fermait bien.

« Laissez-moi partir ! s’époumonait l’otage. Vous le regretterez ! » Roseline apporta les clefs du chenil et ouvrit la grille. Tom laissa tomber son fardeau avec délicatesse, puis ils l’enfermèrent à double tour, avant de se hâter vers le château, où ils trouveraient de quoi se remplir l’estomac en compagnie des autres malandrins d’Anna. Le garçon, lui, resta devant la grille à considérer la fillette avec curiosité.

Celle-ci se redressa et épousseta sa robe de ses mains pâles. Elle se tourna vers Firmin et le fusilla de son regard aussi bleu que la glace. Son visage arborait également un teint neigeux et les mèches qui s’échappaient de son chignon en désordre traversaient toutes les nuances du blanc au noir ; le garçon n’avait jamais vu une telle chevelure chez un enfant. Concernant l’accoutrement de la prisonnière, il tomba d’accord avec sa mère : sa famille devait être richement nantie, la robe était somptueuse et il supposa que leurs acolytes avaient déjà récupéré les bijoux qu’elle portait.

« Laissez-moi sortir, maraud ! » ordonna-t-elle en donnant un coup de pied peu distingué sur la grille. Voyant que Firmin ne faisait pas mine de lui obéir, elle se laissa choir, assise, sa robe bouffant tout autour d’elle. Les larmes commencèrent à ruisseler sur ses joues et elle enfouit son visage dans ses mains aux doigts fins. Le garçon se sentit désarçonné ; il ignorait comment réagir. Il s’approcha de la grille et fit passer un biscuit qu’il avait dérobé à la cuisine un peu plus tôt ; il en avait plein les poches. « Tiens, lui dit-il. Tu verras, ils sont très bons. Oh et, euh, je m’appelle Firmin. »

La fillette se redressa en reniflant et s’empara prestement du petit gâteau pour croquer dedans. « Merci. Je m’appelle Blanche. » émit-elle d’une voix chargée de sanglots. Firmin sentit tout son corps réagir : il frissonna, sa poitrine se serra et les larmes lui montèrent aux yeux. Il brûlait d’envie de la prendre dans ses bras pour la réconforter. « Je veux rentrer chez moi, murmura-t-elle entre deux bouchées, avant de recommencer à sangloter en silence.

— Ne t’inquiète pas, je vais aller voir ma mère et nous allons trouver une solution. »

Il tourna aussitôt les talons pour foncer jusqu’au château et dénicha rapidement Anna, assise à la grande table de la salle à manger pour écrire sa demande de rançon. « Mère, nous devons laisser sortir Blanche, elle est beaucoup trop triste dans le chenil !

— Ne te charge pas trop de soucis, fils. Dès que sa famille nous donnera l’argent, nous la leur rendrons saine et sauve. Cela sera rapide, je pense ; personne ne laisserait sa précieuse enfant en otage.

— Nous pourrions peut-être la traiter en invitée, non ?

— Ce n’est pas une bonne idée, mon chéri, elle risquerait de s’enfuir.

— J’en doute : nous sommes au beau milieu de la forêt, où irait-elle ?

— J’ai dit non, s’agaça Anna. Laisse-moi à présent, je dois terminer cette lettre et trouver où réside sa famille pour l’envoyer. »

Firmin connaissait ce ton et savait qu’il ne servirait à rien de parlementer plus avant. Pourtant, il n’aimait pas l’idée d’abandonner la fillette dans sa prison. Il s’imaginait à sa place, tout seul, captif d’inconnus… ce n’était pas comme dérober à des riches, de son point de vue. Il tenta d’exposer son argumentaire à d’autres membres de la bande, mais tous n’avaient à la bouche que des louanges à propos de cette aubaine.

Puisqu’il en était ainsi, le garçon se chargerait d’arranger les choses à sa manière. Il se rendit au chenil avec détermination, où il ne trouva pas Blanche. Un bruit mat le fit tressaillir. « Aïe… » Firmin colla son visage à la grille pour regarder sur le côté de la cellule. La prisonnière se relevait dans un coin, se massait le postérieur en grimaçant et époussetait sa robe.

« Hé ! lança le garçon, la faisant se tourner brusquement vers lui.

— Quoi ?

— Je ne pense pas que tu puisses passer par ce trou. » Il désigna l’ouverture en haut du mur du chenil, qu’il supposait que la fillette essayait d’atteindre. Elle haussa les épaules. « J’ai un meilleur moyen de te délivrer. »

Intriguée, elle s’approcha de la grille, tandis que Firmin extirpait divers outils de ses poches. Il était un voleur accompli aux doigts agiles ; il s’occupa de trifouiller la serrure, qui ne lui résista pas longtemps. Levant fièrement les yeux sur la prisonnière, il lui ouvrit la grille. Elle n’hésita pas et sortit si prestement que le garçon dut l’empêcher de fuir à l’aveuglette. Il posa son doigt sur sa bouche pour lui faire comprendre de rester silencieuse et l’entraina derrière lui, constatant avec étonnement qu’elle dégageait une fraicheur sourde.

En surveillant qu’aucun acolyte de sa mère ne sortait du château, il la mena rapidement jusqu’à la poterne. « Tu sauras retourner chez toi à partir d’ici ? s’enquit Firmin.

— Oui.

— Pars vite alors, parce que dès qu’ils réaliseront que tu es partie, ils te pourchasseront. »

Elle hocha la tête et hésita. « Merci. » lança-t-elle, avant de retrousser sa robe pour courir dans la forêt. Elle eut bientôt disparu. Firmin retourna fermer la grille du chenil, puis retourna à son noisetier où il recommença à chantonner, s’affairant à sculpter un morceau de bois avec son petit couteau.

Il se félicita d’avoir agi sans attendre, car sa mère émergea de la grande salle peu de temps après, sa lettre à la main. Le garçon supposa qu’Anna voulait questionner sa prisonnière sur ses parents, pour avoir une idée de l’endroit où adresser la demande de rançon. Les cris de rage ne se firent pas attendre. « Roseline ! Tom ! »

Pour Anna et sa bande, la disparition de Blanche demeura un mystère ; personne ne retrouva la fillette. Firmin s’en sentit à la fois fier et contrit. Il s’en voulait d’avoir provoqué la déception de sa mère et prit la résolution de travailler plus dur pour compenser cette rançon qu’ils ne recevraient jamais. Il partait souvent seul, ou dans les bois à la recherche de voyageurs aisés et crédules, ou à la ville voisine pour chaparder. Même l’hiver venu, il s’esquivait tôt le matin à la recherche de rapines.

L’hiver en question était l’un des plus froids de mémoire d’humain. En rentrant d’un cambriolage tardif, Firmin grelottait, transi. Les arbres de la forêt environnant le château des bandits ne suffisaient pas à couper le vent glacial, qui faisait pleurer ses yeux et gelait aussitôt ses larmes. Peinant à avancer dans la neige, le garçon commençait à se demander s’il allait réussir à rentrer chez lui.

Au milieu de la bise et des branches qui s’entrechoquaient, Firmin perçut des sabots trotter et des clochettes tintinnabuler derrière lui. Des voyageurs, en cette saison et par ce temps ? Peut-être était-ce là sa chance de parvenir jusqu’au château. Il se retourna et deux rennes blancs se dressèrent devant lui, virant pour l’éviter et s’arrêtèrent brusquement. Ils étaient attelés à un traineau aux teintes de la glace et dirigés par un homme immense, le visage environné d’une barbe et de cheveux poivre et sel, et vêtu d’un lourd manteau aux nuances de l’hiver.

« C’est lui ! » s’exclama une voix aiguë. De derrière le conducteur de l’attelage, Blanche émergea, pointant Firmin d’un doigt péremptoire. Elle sauta à bas du traineau pour se planter devant le garçon transi, aux lèvres bleues de froid. « Merci de m’avoir délivrée, lui dit-elle.

— Es-tu bien certaine que c’est lui ? demanda l’homme derrière elle.

— Oui !

— Mmmh, il ne m’a pas l’air bien vaillant. Mais soit. Je voudrais te remercier d’avoir aidé ma fille à se sauver, jeune homme.

— C… c… ce n’était r… rien. » émit Firmin malgré sa mâchoire qui claquait de froid.

Le père sourit et tendit sa main gantée vers le garçon, qui remarqua qu’il avait le teint aussi pale que Blanche sous sa pilosité fournie et les mêmes yeux de glace. Le contact de l’homme, pourtant doux, donna à Firmin l’impression d’avoir été traversé par la foudre, éliminant brièvement toutes les autres sensations. La fillette applaudit en riant. Alors qu’il récupérait la conscience de ses sens, Firmin réalisa que ni le vent glacé ni la neige dans laquelle il était enfoncé ne le faisaient plus souffrir. Il ressentait toujours le froid, mais ne le subissait plus.

« Que s’est-il passé ? demanda Firmin.

— Mon père t’a protégé du froid.

— Comment est-ce possible ?

— Il est l’Hiver, ce genre de chose est facile pour lui. »

Le garçon jeta un coup d’œil au lourd manteau qu’arborait l’Hiver. « Oh, cela, c’est juste pour faire joli, expliqua Blanche qui avait suivi son regard dubitatif. Nous n’avons pas vraiment besoin de nous couvrir. J’espère que ton cadeau te plait ! Nous devons repartir, au revoir, Firmin. » Avant qu’il ait eu le temps de répondre, le père et sa fille remontèrent dans le traineau aux nuances glacées et un claquement de rênes fit galoper les rennes. Firmin resta planté là longtemps après qu’ils aient disparu, songeur, au milieu du blizzard qui ne lui gelait plus les os. La saison elle-même venait de lui sauver la vie. Sur cette pensée, il reprit le chemin du château.

Fée d’union

Léonie rentrait de sa journée de stage. Se sentant très lasse, elle jeta un coup d’œil machinal dans la boite aux lettres. Comme aucune enveloppe n’était posée sur le nid de cartes publicitaires de marabouts et voyants, elle monta chez elle pour se laisser choir dans le canapé, les yeux clos.

Une série de bruits secs la fit tressaillir. Les paupières toujours fermées, elle se demanda si le vent avait lancé des petits cailloux sur sa fenêtre, ou s’il grêlait. Cela l’étonnerait, car le printemps était déjà bien installé et que le soleil brillait encore lorsqu’elle marchait dehors.

« Tap tap tap tap tap. » Léonie ouvrit un œil. Puis l’autre. Elle tourna la tête en direction de la fenêtre, où une tourterelle lui dardait un regard aussi interrogateur qu’impatient. Léonie haussa un sourcil et l’oiseau répliqua en donnant de nouveaux coups de bec sur la vitre. Ce qui décida la jeune femme à se lever était le parchemin que l’animal tenait entre ses pattes. Elle se demanda lequel de ses amis avait pu lui organiser une telle surprise, pour son anniversaire supposait-elle, et ouvrit la fenêtre. L’oiseau ne bougea pas d’un pouce et considéra attentivement Léonie, avant de daigner pousser le fin rouleau de papier dans sa direction.

Elle attrapa délicatement le parchemin et le déroula, sous le regard inquisiteur de la tourterelle.

« Madame,

Le conseil royal d’Avalon vous informe par la présente de votre convocation au couronnement de votre conjointe, Morgane — dite Muirgen dans l’ancienne langue — Avallach, pupille de Viviane du Lac, comme princesse héritière officielle du royaume d’Avalon. Par la même occasion, vous serez couronnée également, au titre de princesse consort.

Ayez l’obligeance de faire préparer vos bagages en vue de l’arrivée de votre escorte. Celle-ci viendra vous chercher au douzième coup de minuit annonciateur de Beltaine.

Avec tout notre respect et en espérant que ce présent message vous trouve en santé,

Viviane du Lac Reine d’Avalon et son Conseil Royal. »

Léonie leva les yeux de la lettre, hébétée. Voilà des années qu’elle n’avait plus pensé à Morgane. Lequel de ses amis connaissait cette histoire de son enfance ? Qui pouvait bien monter une farce qui avait, pour elle, un arrière-gout amer ? Elle ne se souvenait pas en avoir parlé passé ses dix ans. Seule Marie connaissait cette histoire, mais comment l’idée d’une telle plaisanterie aurait pu lui venir à l’esprit ?

Elle soupira et leva les yeux au ciel. Ce faisant, elle constata que la tourterelle avait disparu. Un ou plusieurs de ses amis avaient du lui préparer une surprise à l’extérieur pour son anniversaire. Elle allait devoir se renseigner sur la date exacte de Beltaine. Tout en se frottant les paupières, elle décida qu’elle s’en occuperait après une petite sieste. Elle se blottit de nouveau dans son canapé et sombra presque aussitôt dans un sommeil agité où elle rêva de son souvenir, quatorze ans plus tôt.

***

Léonie trébucha. Ses genoux s’enfoncèrent dans l’herbe du parc, maculant sa robe blanche de taches vertes et marron. La fillette poussa sur ses bras pour se retrouver en position assise, rejeta ses cheveux blonds en arrière de ses mains salies et commença à se lamenter à chaudes larmes. « Pourquoi tu pleures ? » Les sanglots de Léonie s’interrompirent. Elle leva les yeux sur une petite fille auréolée d’une imposante chevelure rousse et bouclée, qu’elle ne connaissait pas.

« Parce que je suis tombée, répondit Léonie.

— Ah, et tu t’es fait mal ?

— Non, mais ma robe est toute salie ; je l’ai eue à mon anniversaire en plus. »

Cette pensée relança le flot des pleurs. « Je l’aime bien comme ça, ta robe, moi. Elle est presque comme la mienne maintenant. » À travers ses larmes, Léonie inspecta la robe verte et agrémentée de blanches étoiles de givre de son interlocutrice. L’inconnue tendit les pans de son vêtement de ses deux mains pour appuyer son propos. Cela fit sourire Léonie, qui pointa du doigt les boucles rousses.

« J’aime beaucoup tes cheveux, comment tu t’appelles ?

— Morgane, et toi ?

— Léonie. » Aussi simplement que cela, elles devinrent amies.

Elles passèrent les deux heures suivantes à cueillir pissenlits et pâquerettes, à courir dans l’herbe et à se partager contes et comptines assises sur un tronc d’arbre. Morgane ne ressemblait à aucune autre fillette que connaissait Léonie. Peut-être était-ce sa carnation si pâle, presque diaphane, et mouchetée ? Ou alors son étrange capacité à chanter comme un oiseau ? À moins que ce ne soit celle qui lui permette d’attirer de petits animaux ? Léonie balaya ses questionnements. Morgane était géniale à ses yeux.

« Tu connais plein d’histoires, Morgane !

— Tu les aimes bien ?

— Oh oui, beaucoup. Dis, tu veux bien être ma meilleure amie ?

— Oui ! Et si on était meilleures amies pour la vie ?

— Ouiiiii ! Oh, j’ai une idée, et si on se mariait ? C’est comme ça quand c’est pour la vie.

— Ah bon ? T’es sure Léonie ?

— Oui, oui. En plus, j’ai eu sept ans. C’est l’âge de raison, mamie m’a dit.

— Préparons le mariage alors, le plus beau ! »

Enchantées par leur idée, elles entreprirent de rassembler leurs bouquets de pissenlits et pâquerettes, auxquels Morgane avait ajouté quelques violettes qu’elle avait dénichées. Elles dérobèrent la nappe de pique-nique de la mère de Léonie en train de discuter et s’assirent dans l’herbe pour que Morgane enseigne à son amie comment tresser des couronnes de fleurs. Malgré tous ses efforts, Léonie ne parvenait pas à manipuler les tiges ; elle les broyait avant de réussir à confectionner une tresse. Frustrée, elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

« C’est pas grave, intervint Morgane. Je vais m’occuper des couronnes, toi tu t’occupes d’installer le tissu. » La petite blonde acquiesça et s’employa à suspendre la nappe de pique-nique à des branches, comme un dais blanc à carreaux verts agrémenté de quelques taches.

Lorsqu’elles estimèrent avoir terminé, elles s’applaudirent, ravies. Elles se placèrent l’une en face de l’autre et commencèrent la cérémonie, sous l’œil curieux de moineaux et souris qui déambulaient par là. N’étant pas très inspirées, elles passèrent directement à la déclaration de mariage entre femme et femme. « Morgane, veux-tu me prendre pour épouse, où on serait amies pour toujours ?

— Ouiii ! Et toi Léonie, est-ce que tu veux bien qu’on soit amies et qu’on s’aime pour toujours ?

— Ouiii !

— Super, alors dans ce cas, avec les pouvoirs qui me sont conférés, je nous déclare mariées pour toujours. »

Joyeuses, les deux fillettes se firent des baisers sur tout le visage et dansèrent ensemble, tandis que le vent se levait, faisant bruisser les feuilles. Quelques gouttes tombèrent, les environnant bientôt de la douceur entêtante du pétrichor, et un éclair zébra le ciel. « À tous les coups, tout ça va causer un gros brouillard, gloussa Morgane.

— Pourquoi ? »

La petite fille rousse ne répondit pas. Elles continuèrent à danser sous la pluie, jusqu’à ce que la mère de Léonie vienne la chercher pour la mettre à l’abri des intempéries printanières. Les deux enfants se séparèrent à grand peine, se promettant de se retrouver dès que possible.

Le lendemain et les jours suivants, Léonie insista auprès de sa mère pour retourner au parc. « Cette petite t’a ensorcelée, ma parole ! » s’exclamait-elle chaque fois que sa fille la suppliait. Malgré les nombreuses occasions où Léonie obtint de pouvoir se rendre au jardin citadin, elle ne revit jamais Morgane.

***

Des coups répétés sur sa porte réveillèrent Léonie en sursaut. En ouvrant les yeux, son regard tomba sur la fenêtre et elle découvrit avec contrariété que la nuit était déjà noire. De fait, son téléphone l’informa qu’il était deux heures du matin. La jeune femme se redressa pour vérifier par l’œilleton qui la dérangeait à une heure si tardive. Elle ne vit personne dans le couloir. Irritée, Léonie abandonna sa porte d’entrée, bien déterminée à se confectionner un casse-croute maintenant qu’elle était réveillée. On frappa de nouveau, mais elle n’interrompit pas sa trajectoire jusqu’à son coin cuisine. Pendant qu’elle examinait le maigre contenu de son réfrigérateur, les coups reprirent, sans plus s’arrêter cette fois. Excédée, la jeune femme alla ouvrir sa porte avec brusquerie, sans prendre la peine de s’inquiéter de ce qui pouvait l’attendre de l’autre côté.

Devant elle, bien en dessous de la hauteur balayée par son œilleton, se tenait une vieille femme à la chevelure neigeuse enserrée en un chignon. Elle se balançait légèrement d’avant en arrière, fermement agrippée à une cane en bois noueux. Les yeux mi-clos, un sourire absent étirait ses lèvres humides. Trois chats l’accompagnaient : un noir qui faisait sa toilette, un blanc qui se frottait aux jambes de la visiteuse et un gris qui flairait consciencieusement le paillasson.

« Oui ?… Euh… Bonsoir, balbutia Léonie.

— Oooh, oui oui, le soir est bon, assurément.

— Qu’est-ce que vous voulez ?

— Rentrer chez moi ; le soir est bon, oooh, mais un peu frais, ce n’est pas très bon pour mes vieux os.

— Et bien, faites, pourquoi restez-vous plantée là à frapper à ma porte ?

— Parce que je viens vous chercher, oooh bien sûr.

— Comment ça, me chercher ?

— Oooh, n’avez-vous pas reçu la convocation royale ?

— La convoc… »

Léonie s’interrompit. Le souvenir du parchemin apporté par la tourterelle s’imposa à son esprit. Ça ne pouvait pas déjà être Beltaine, si ? Et minuit était passé depuis longtemps. « Il est tard, vous avez besoin de quelque chose ? Parce qu’il faudrait vraiment que j’aille me coucher.

— Oooh, moi aussi, mais la nuit est à peine avancée et nous avons beaucoup à faire. »

Sans plus de cérémonie, la vieille femme et les chats investirent le studio d’une Léonie interloquée. « Où se trouvent vos bagages ? s’enquit l’intruse.

— Je n’ai pas de bagages.

— Oooh, c’est terrible. Où sont vos gens ? La vieille Persine et ses chats allons les aider à préparer vos effets.

— Je n’ai pas de gens.

— Pas de gens ? Oooh, comment faites-vous pour tenir votre domaine ? Avec tant d’étages en plus, quel est votre secret ?

— D’étages ? Oh… Non non, tout l’immeuble ne m’appartient pas. Je ne vis que dans cette pièce-ci. Enfin, avec la salle de bain et les toilettes. »

La vieille femme, Persine, parcourut le petit appartement d’un regard critique, les yeux à présent grands ouverts et son perpétuel sourire presque estompé. Les chats inspectaient de même, flairant et explorant précautionneusement. En constatant que Léonie la fixait, Persine se reprit et arbora de nouveau son léger sourire qui lui donnait un air inoffensif. « Dans ce cas, oooh, indiquez-nous ce que nous devons emporter, s’il vous sied.

— Mais je ne comptais pas partir…

— Balivernes, voyons. Personne ne refuse une convocation royale. Et puis, n’êtes-vous pas curieuse de visiter Avalon ? Je me suis laissée dire que vous autres, humains, considériez ce royaume comme imaginaire, oooh ! »

La vieille femme n’avait pas tout à fait tort : Léonie se demandait où la mènerait cette histoire. Elle ne savait toujours pas lesquels de ses amis étaient impliqués, mais elle saluait leur originalité. Puisque tout le monde insistait sur ses bagages, elle s’enquit : « Combien de temps ça va durer, tout ça ? Tout le week-end ?

— Oooh, plusieurs jours assurément. Probablement toute votre vie. »

Plusieurs jours, soit. Léonie jeta quelques habits et sous-vêtements dans un sac à dos, y adjoignit un nécessaire de toilette et quelques autres bricoles. Puis, sous les regards emplis de jugements des chats, elle déclara avoir terminé. « Cela me parait peu pour une future princesse consort. En êtes-vous certaine ?

— Oui.

— Oooh, bon, je pensais que nous aurions beaucoup plus à transporter. Hum… Et bien, allons-y dans ce cas. »

Léonie suivit Persine et les félins jusqu’au pied de l’immeuble. La nuit avait vidé les rues ; nul passant ni phare en vue. La jeune femme s’interrogeait : y aurait-il un moyen de transport ou allaient-elles devoir cheminer à pied, car sa guide n’avançait pas très vite et au beau milieu de la route ? Les chats allaient-ils rester près d’elles ou s’égayer en tous sens ?
Un martèlement interrompit la velléité de Léonie à diriger Persine vers un trottoir. Cela ressemblait à des sabots au galop, qui se rapprochaient. La jeune femme se retourna et aperçut un grand cerf blanc tourner dans la rue, à pleine vitesse, et foncer dans sa direction. Elle entraîna sa compagne sur le côté, pour ne pas se faire piétiner. L’animal immaculé passa rapidement ; son pelage si blanc qu’il donnait l’impression de luire.

« Oooh, voilà notre guide. » Persine agitait joyeusement le bras qui ne tenait pas sa canne en direction du cerf. Les trois chats bondirent les uns sur les autres en même temps et se fondirent en une seule créature à six pattes, presque aussi haute qu’un cheval. La vieille femme sauta sur son dos en s’aidant de sa canne, avant d’empoigner Léonie avec une force insoupçonnée, pour la hisser derrière elle. « En avant, sinon nous allons perdre le chemin ! » lança Persine et le félin s’élança à la poursuite du cerf blanc.

Léonie, désespérément agrippée à la vieille femme, était choquée. Le cerf au milieu de la ville, elle pouvait l’envisager, mais le chat géant à six pattes lui était inconcevable. Que se passait-il ? Était-elle en train de rêver ? Elle n’eut pas le loisir de se questionner plus : la course chaotique la poussait à se cramponner de tout son être. Persine gloussait. « Voilà longtemps que je n’avais pas participé à une Chasse ! »

Leur guide immaculé galopa dans les rues jusqu’à une fontaine gallo-romaine, dans laquelle il bondit, disparaissant aussitôt. Le chat le suivit sans hésiter et Léonie hurla, fermement arrimée à la vieille femme hilare, certaine qu’elle allait s’écraser contre la pierre de la fontaine.

Comme le choc ne venait pas, Léonie ouvrit les yeux. Le cerf n’était nulle part en vue et le chat avait ralenti, adoptant une allure trottinante. Autour d’elle se dressaient des arbres à perte de vue, rendant la nuit encore plus sombre. L’air fleurait la forêt, mais aussi l’iode. « Où… où est-ce que vous m’emmenez ? s’enquit la jeune femme d’une voix blanche.

— À Avalon, retrouver votre femme la future princesse Morgane, bien évidemment.

— Mais… je… Ce n’était qu’un faux mariage entre deux enfants.

— Oooh, mais il est tout ce qu’il y a de plus officiel chez nous : il a été célébré par une personne de sang royal habilitée à le faire et il a été validé par tous les témoins animaux, végétaux, minéraux et élémentaires. Cela fera de vous la princesse consort une fois qu’elle sera couronnée princesse héritière.

— Ce n’est pas possible.

— Oooh, si si. Puisque vous ne le saviez pas, heureusement que vous n’avez pas essayé d’épouser quelqu’un d’autre, vous auriez eu des soucis.

— Mais j’ai eu des… partenaires.

— J’imagine, mais cela n’a rien à voir, ça. Notre Morgane en a eu aussi, oooh, c’est tout naturel.

— Alors, Morgane et moi sommes mariées, mariées ?

— Oooh oui !

— Ben ça alors… »

À suivre…

Le château de la Dame du Lac

Le fort du Dragon

Je me suis adossé à une colonne. Je haletais et maintenais debout Carline, dont les jambes flageolaient et les yeux roulaient dans leurs orbites. Bon sang, elle avait besoin de soins de toute urgence ; la fléchette devait être empoisonnée, à moins qu’elle n’ait perdu trop de sang.

Je devais me dépêcher : après avoir inspiré profondément, j’ai jeté un bref coup d’œil derrière le pilier. Aucun poursuivant en vue, mais je les entendais distinctement, au loin. Raffermissant ma prise sur mon amie d’un côté et ma masse d’arme de l’autre, j’ai continué à avancer en prenant garde où je posais les pieds. Je ne voulais pas finir comme Entus ; le sol du vieil édifice s’était écroulé sous ses pas trop lourds et précipités. Son harnois rutilant n’avait pas suffi à le protéger de la chute ; il était mort sur le coup.

En inspectant les alentours, nous avons compris que ce fort était piégé. Le bourgmestre du village avait omis de nous prévenir ! Furieux, j’ai promis de faire payer à ce nigaud bedonnant le décès de notre compagnon. Dielline, d’une voix vibrante d’émotion, avait déclaré : « La colère ne nous mènera à rien pour le moment, Gath. Nous… nous ne nous sommes pas montrés très prudents. Avoue que, mise en garde du bourgmestre ou non, ce n’était pas très professionnel de notre part de ne pas avoir pris le temps de chercher des pièges.

— Bien sûr que nous n’en avons pas cherché ! Le seul danger de cet endroit est censé être un dragon et les dragons sont beaucoup trop présomptueux pour s’abaisser à installer des protections ou systèmes d’alarme, tout le monde le sait ! »

La douce Dielline s’était recroquevillée sous l’éclat de ma véhémence. Les jointures de ses doigts agrippés à son bâton blanchirent. Carline était intervenue en nous assurant qu’elle allait désormais s’occuper des pièges, au cas où il y en aurait d’autres. J’ai soupiré. « C’est une gentille proposition de ta part, mais ce n’est pas ta spécialité.

— Haha ! Je n’ai pas de spécialité, tu sais bien, mais je m’y connais quand même mieux en traquenards que vous deux. »

Elle avait raison, bien sûr. Nous avons donc continué, plus lentement. Pendant que Carline s’occupait de chercher des pièges éventuels, je ruminais en mon for intérieur. Sans Entus, serions-nous capables d’affronter le dragon ? Même si je suis un bon guerrier, je ne portais pas une aussi grosse armure que lui. Nous allions devoir compter sur la magie de Dielline pour en finir au plus vite et Carline devrait probablement nous soigner plus que d’ordinaire. En tous cas, pas question d’abandonner maintenant : nous étions trop avancés dans cet ancien fort qui servait d’antre au dragon. Et la somme promise par le bourgmestre était rondelette, sans parler du prestige d’être venus à bout d’un si formidable adversaire.

« Attention ! » Carline s’était précipitée sur Dielline, les entraînant toutes les deux à terre. J’ai à peine eu le temps de lever mon bouclier pour me protéger de la volée de fléchettes s’abattant sur nous. À ma grande surprise, j’en suis sorti indemne. Mes deux compagnes n’avaient pas été aussi chanceuses : le corps menu de Dielline était criblé de traits et son regard, désormais vide, contemplait le plafond. Carline gémissait, agenouillée à côté du cadavre encore chaud de notre petite magicienne. Elle se tenait l’épaule, dans laquelle était fichée une fléchette.

Atterré, j’ai fixé une dernière fois la douce Dielline. Nous n’allions plus pouvoir continuer à deux, dont une blessée. Si le dragon arrivait maintenant, il aurait tout le loisir de nous dévorer. J’ai attrapé Carline pour l’aider à se relever. « Viens, filons de cet endroit maudit… » Elle gémissait en continu et ne paraissait pas être en état de pouvoir se soigner elle-même. La soutenant de mon mieux, j’ai entrepris de rebrousser chemin en direction de la sortie.

Et puis, les bruits ont commencé, mais pas assez distincts pour que je puisse déterminer quelles créatures les produisaient. Des gobelins ? Des kobolds ? Bon sang, ce pouvait être n’importe quoi ! La seule chose dont j’étais sûr, c’était qu’ils se rapprochaient. J’ai poussé un juron et j’ai bifurqué avec Carline dans un autre couloir. J’espérais ne pas croiser le dragon ou tomber dans un piège, ces derniers ayant certainement été installés par les créatures que j’entendais au loin. C’est là que nous avons débouché sur une vaste salle à colonnades, où je nous avais cachés pour reprendre notre souffle.

Au fur et à mesure de notre progression entre les colonnes, Carline avançait avec de plus en plus de difficulté. J’ai tenté de l’encourager en chuchotant, mais elle ne réagissait presque plus, posant juste un pied après l’autre de manière mécanique et de plus en plus erratique. Occupé à la soutenir, je me suis empêtré les jambes dans un filin qui courait près du sol.

Une détonation retentit pendant que je trébuchais, entrainé par la masse inerte de Carline.

J’ai eu le temps de voir une colonne tomber dans ma direction, mais pas de l’éviter. La douleur était si intense que j’ai pensé mourir sur le coup. Bloqué sous le pilier, je ne sentais plus mes jambes. Lorsque j’ai rouvert les yeux, mon regard a croisé ceux de Carline et son crâne fracassé par une pierre au sol, dans la chute. Les éclats de sa mandoline en miettes étaient éparpillés tout autour de nous, comme une décoration mortuaire.

Je ne pouvais ni bouger, ni proférer le moindre son, et des pas s’approchaient de moi. La lumière tremblotante d’une torche m’éblouit. « Ils sont là ! » cria la voix de celui qui portait la torche. Je sentais ma conscience s’effilocher peu à peu. Quelqu’un enjamba la colonne pour se retrouver du côté de Carline, vers laquelle ma tête était tournée. Il la poussa négligemment du pied, avant de toussoter d’un air dégouté. Puis, il se pencha vers moi.

C’était le bourgmestre. « Ah ben il n’est pas encore mort, lui, constata-t-il. Viens l’achever et puis après on s’occupera de réinstaller tout ça pour les prochains qui se sentiront assez téméraires pour affronter le soi-disant dragon du fort. Je pense qu’on tirera un bon prix de leur équipement ! »

2022, un nouvel espoir

Glorieuses salutations en ce 2022 incertain,

Je ne sais pas toi, mais je trouve que comme 22 est un nombre absolument génial, cette année s’annonce géniale aussi. On y croit ! (assure-t-elle en marchant les yeux fermés sur une fine bande de terre branlante, avec un incendie qui gronde d’un côté, un raz de marée qui se précipite de l’autre et le ciel zébré d’éclairs au-dessus) Ceci dit, on a évité l’apocalypse zombie dont je parlais dans mes vœux précédents et c’est déjà pas mal, il faut bien l’avouer.

J’ignore ce qui nous attend pour 2022, mais je sais ce que je te souhaite : j’espère que cette année sera généreuse en tribulations stimulantes. Pour vivre des aventures aussi satisfaisantes qu’épiques, je te souhaite moult bonus de bonheur, moult trésors incommensurables de dragons, moult buffs de constitution pour passer les jets de santé haut la main et moult réussites critiques sur l’amour pour que tu en aies jusqu’à la fin de tes jours.

Je souhaite que tu croules assez sous toutes ces choses pour que tu puisses en partager partout autour de toi. Que l’année 2022 soit aussi glorieuse que le laisse présager son 22 !

Bisous et à bientôt pour de nouvelles aventures ❤️

Inktober 2021, Le trépidant quotidien d’une pirate poilue

Glorieuses salutations !

Comme ça avait bien marché l’année dernière, j’ai réitéré l’expérience du Inktober. J’ai posté les dessins au jour le jour sur Insta, twitter et la page facebook et là vous avez une version où j’ai repris les photos après avoir ajouté un ou deux trucs par ci par là. Comme l’année dernière, j’ai aussi décidé de suivre un fil rouge (parce que plus de contraintes pour plus de masochisme, pourquoi pas, hein !) et de suivre de près le quotidien d’une loutre-pirate. Car la vie de pirate est riche en péripéties !


Je vous laisse suivre tout ça ci-dessous et n’hésitez pas à me dire quel est votre préféré !

En route pour 2021

Glorieuses salutations en ce timide 2021 !

Bon, si l’on en croit l’année qui vient de s’écouler, j’ai bien peur que mes vœux ne soient pas aussi efficaces qu’un vaccin en ces temps pandémiques. Il faut dire que j’avais quand même prévu une catastrophe dans mes vœux de 2020, mais ce n’était pas quelque chose que j’espérais. Dans le doute, je vais arrêter de prédire de tels évènements ; le pouvoir de la déesse du Multivers est si puissant… Ceci dit, nous sommes passés à côté de la fameuse apocalypse zombie, donc tout n’est pas si mal, tu vois.

CECI N’EST PAS UNE PRÉDICTION, OK L’UNIVERS ?

Bref.

Décidons plutôt que cette année soit l’année de l’Amour. De l’Amour sous toutes ses formes. Je te souhaite donc du bonheur tendre avec ses douces caresses ; des richesses affectueuses avec leurs câlins réconfortants ; une santé chaleureuse avec son moelleux cocon de bienveillance ; et, enfin, de l’amour passionné, plein d’amour, beaucoup d’amour. DE L’AMOUR À FOISON, TU M’ENTENDS, L’UNIVERS ?

Et, comme pour les autres années, n’oublie pas de transmettre tout cet Amour autour de toi. Le monde en a bien besoin ! Et pense à te souvenir de ce que 2020 t’a apporté de positif, car il y a toujours du positif, quelle que soit la situation et même si on ne la voit pas tout de suite.

Glorieuse année 2021, que j’espère généreuse pour toi dans tout ce que tu voudras !

Inktober, NaNoWriMo et autres bidules de 2020

Glorieuses salutations !

Cette année est particulière pour la plupart des gens, y compris pour moi, qui ai été interrompue de nombreuses fois dans mes élans de productivité, pour diverses raisons. Je me demande si mon tome 2 d’Arkhaiologia est maudit ou quoi, mais il a décidément bien du mal à avancer. Enfin bon, c’est la vie ; je suis têtue et je le terminerai un jour. Je vais essayer de profiter de l’émulation du NaNoWriMo pour le continuer, parce que je ne pensais pas participer au NaNoWriMo proprement dit cette année.

(Pour rappel, le NaNoWriMo est un challenge qui se déroule chaque année en novembre et où le but est d’écrire un roman de 50 000 mots en un mois, plus d’infos ici : https://nanowrimo.org)

En fait, d’habitude j’utilise le NaNo pour obtenir un premier jet de roman, mais depuis les années que j’y participe, je commence à avoir beaucoup de projets à retravailler sous le coude. Et là, ce serait quand même mieux que je termine ce deuxième tome pour le présenter avec le premier aux maisons d’édition. Donc je vais essayer de me concentrer sur ça, même si j’ai un peu de mal à me focaliser sur l’écriture en ce moment.

Bref.

Comme je ne pensais pas participer au NaNoWriMo, je me suis dit : « Et pourquoi je ne ferais pas le Inktober cette année ? » Parce que j’aime bien varier les tortures : je suis un peu maso. Du coup, j’ai participé au Inktober. C’est un challenge où le but c’est de produire un dessin par jour en suivant un mot/thème imposé chaque jour du mois d’octobre. Vous me connaissez, juste dessiner sur un thème n’est pas assez compliqué pour quelqu’un qui ne sait pas dessiner, alors j’ai raconté les aventures d’une loutre à une foire ou une fête foraine. Il lui en arrive des choses à cette loutre !

Si vous allez sur Insta, Facebook ou Twitter, vous aurez les quelques lignes qui accompagnent chaque dessin. Ce n’est vraiment rien d’exceptionnel, mais ça m’a amusée. Et surtout, maintenant, j’ai appris que je savais un peu gribouiller et pas que tricher avec ma tablette, alors je ferai probablement un peu plus de dessins dans les posts qui suivent ! Peut-être même un petit webcomic, on ne sait jamais.

N’hésitez pas à me dire quelle loutre du Inktober débutant vous avez préférée et à bientôt pour de nouvelles aventures !

La totalité des aventures de Bilboquet Sac est enfin en ligne !

Glorieuses salutations !

Après 12 semaines de publication (dont la plupart pendant le confinement finalement), les (més)aventures de Bilboquet Sac sont enfin toutes disponibles à la lecture sur son compte twitter, dont j’ai mis le lien ci-dessous. Pour les personnes les ayant déjà lues, j’espère que ça vous aura au moins fait sourire ou que ça aura un peu occupé votre confinement. Et, pour les autres : qu’attendez-vous pour aller vous plonger dans les tribulations d’un corsit sur le continent et de la découverte de son mystérieux anneau punique ?

N’hésitez pas à mettre des petits cœurs sur ses tweets qui vous auront le plus plu ! Vous pouvez aussi commenter si vous avez des choses à dire. Dans tous les cas, profitez-en et faites-vous plaisir avec mon petit corsit amateur de saucisson, fromage et champignon.

 
À bientôt pour de nouvelles aventures !

 

Le mystère du Plateau

Depuis des cycles se tenait le grand chantier archéologique du Plateau. Bac se sentait fier de participer à cette épopée. « Nous vivons une époque formidable ! » s’exclamait-il à qui voulait l’entendre, ravi que les avancées technologiques puissent être mises au service de l’archéologie. Rien que le fait de gravir les pentes à-pic, que personne n’avait encore réussi à escalader, était en soi un exploit, rendu possible par le progrès.

D’innombrables légendes couraient sur le Plateau ; la plupart des gens en avaient fait le lieu de résidence des divinités qui régissaient leurs vies. D’autres insistaient sur le fait qu’il était maudit : au cours des âges, de nombreux aventuriers avaient tenté l’escalade, mais aucun n’était revenu pour la relater. Les archéologues s’apprêtaient maintenant à lever tous ces mystères.

S’efforçant de rester professionnel, Bac vérifia une nouvelle fois qu’il n’avait rien oublié. Il savait que, tout trépignant d’excitation qu’il était, il ne se rendrait pas compte de ce qui pourrait manquer, mais il s’obligea à contrôler quand même. Il s’assura également qu’il disposait de quoi écrire dans ses poches : il comptait tout noter de manière scrupuleuse.

« Bac, es-tu prêt ? Il est temps de partir. » Madame Vir était la responsable du groupe de recherches duquel dépendait Bac. Il attrapa aussitôt son sac à dos et lui emboîta le pas, enchanté d’avoir été choisi pour faire partie du premier groupe d’expédition. Sous les vivats — envieux, il en était certain — de leurs confrères et consœurs, il monta dans la nacelle du ballon, en compagnie de madame Vir. En plus d’eux venaient Icro le géologue, Paras, exploratrice de son état, et le pilote.

La météo, favorable au vol, ajoutait à la liesse générale. Le ballonniste contemplait la foule d’un air désabusé. « Tout va bien ? lui demanda madame Vir.
— Il faudra bien, mais je vous préviens, vous ferez bien de vous accrocher. La météo restera bonne ici, mais il n’en sera pas de même là-haut. Le voyage risque de secouer. »

Bac et ses deux collègues acquiescèrent, leur enthousiasme nullement entaché par la mise en garde du pilote. Ils arrimèrent leurs bagages et les caisses de matériel avec soin, tandis que le ballonniste lançait ses machines. Lorsque la nacelle s’ébranla, un regain de vivats parcourut les spectateurs, qui hurlèrent de joie lorsqu’elle décolla du sol. Ils étaient enchantés d’assister à un tel évènement, encore très rare. Bac se sentait transporté et il gratifiait la foule de grands gestes euphoriques.

Il allait entrer dans l’Histoire, il en était sûr. Il s’efforçait de graver ces instants dans sa mémoire, pour pouvoir les relater plus tard lorsque l’on s’arracherait ses interviews et que l’on s’intéresserait à sa biographie. Se souvenant qu’il avait emporté des carnets à cet effet, il se saisit de celui qu’il conservait dans sa poche, dégaina un crayon et commença à griffonner à toute allure.

Au fur et à mesure que le ballon prenait son essor, les cris des spectateurs s’amenuisaient. En jetant un coup d’œil par-dessus le bord de la nacelle, Bac crut qu’il allait défaillir : l’engin s’était déjà tellement élevé en altitude ! En proie au vertige, il se cramponna au rebord, manquant de lâcher carnet et crayon. Fermement agrippé, il continua à contempler avec fascination la vue imprenable qui s’offrait à lui. Il ne parvenait plus à détacher son regard de l’immense vide sous la nacelle.

« Attention, accrochez-vous, ça va secouer maintenant. » les informa platement le ballonniste.

Ses quatre passagers obéirent. Bac s’assit au fond de la nacelle, rangea son matériel d’écriture et se cramponna aux caisses arrimées à côté de lui. Comme le pilote l’avait prédit, le temps se dégrada rapidement et le ballon se retrouva bientôt en proie à de puissantes rafales. Madame Vir s’était solidement accrochée et endurait la tempête avec un flegme remarquable que Bac admirait et enviait tour à tour.

Les embardées de la nacelle s’accentuaient. Les passagers s’agrippèrent plus fort. Bac se blottit contre sa caisse, les articulations engourdies à force de se crisper. Il s’efforçait de se faire le plus petit possible pour ne pas déranger le pilote qui s’affairait lestement d’un coin à l’autre. Quelques instants plus tard, l’archéologue avait l’impression que la tempête avait duré des heures. En regardant le ballonniste qui n’avait cessé de s’activer, les traits tirés par la fatigue, Bac sentit l’inquiétude le submerger.

« Quand arriverons-nous en haut ? ne put-il s’empêcher de gémir.
— Nous avons déjà dépassé le haut, répondit le pilote qui l’avait entendu malgré les cris du vent. J’essaie de retrouver le sol pour nous poser. Ça va secouer.
— Encore ? » se plaignit l’archéologue. Il ne sut pas si le ballonniste l’avait entendu, car il était déjà reparti s’affairer de l’autre côté de l’engin.

Un choc brutal lui fit soudain lâcher prise et Bac roula au fond de la nacelle qui avait arrêté de bouger. Madame Vir se redressa et demanda : « Que s’est-il passé ?
— Nous avons atterri. Le vent nous a emportés loin du bord, mais nous nous trouvons bel et bien sur le Plateau. Je ne pense pas que je pouvais procéder à un atterrissage plus en douceur. Ceci dit, vous avez tous l’air vivants et entiers, non ?
— Je suppose que c’est déjà pas mal étant donné les conditions, en effet, finit par acquiescer madame Vir. Allons les enfants, occupez-vous de décharger le matériel. »

Un juron l’interrompit. « Qu’y a-t-il maintenant ? s’enquit-elle avec irritation auprès du pilote énervé.
— La tempête a endommagé le ballon et l’atterrissage a tordu la direction. Je vais devoir réparer tout ça pour descendre chercher le reste.
— Disposez-vous de quoi procéder aux réparations ?
— Oui, ça va juste prendre du temps, grommela le ballonniste.
— Peu importe dans ce cas. Les causes de contretemps sont légion lors d’un chantier archéologique. Faites au mieux. »

Sur ces mots, elle entreprit d’aider les membres de son équipe à vider la nacelle des caisses qui l’encombraient. Chargé, Bac descendit précautionneusement du ballon. En posant le pied par terre, il constata que le sol en haut du plateau s’avérait plus chaotique que celui dont il avait l’habitude en bas. Il s’abîma un instant dans la contemplation des arêtes qui l’entouraient, avant d’être rappelé à la réalité par le poids encombrant de la caisse qu’il transportait.

« On dirait presque que ce plateau n’est pas naturel, commenta l’exploratrice Paras.
— Cela corrobore les observations faites à la base du Plateau. » renchérit Icro.

L’équipe de recherche se dépêcha de vider le reste, impatients qu’ils étaient de commencer à étudier et explorer cette nouvelle région. De même, le campement fut monté en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. « Les terrains sont très clairs ici, comme les parois du Plateau, nota madame Vir. Mais, là-bas, nous pouvons apercevoir une zone plus sombre. Lorsque nous aurons fini notre installation, nous irons voir ce qu’il en est. »

Les autres chercheurs se mirent en route, pendant que le ballonniste continuait à pester sur le rafistolage de son appareil. Sur les conseils de Paras, ils s’étaient équipés de quoi se sustenter en chemin, ne sachant pas à quel point les distances pouvaient paraître trompeuses sur cette immense plaine. Ils voyagèrent longtemps, mais atteignirent le terrain noir en fin d’après-midi. Intrigués, ils ne prirent même pas le temps de poser leurs chargements avant de commencer à étudier cette spécificité.

La séparation entre le sol blanc et le sol noir s’étendait de manière plutôt nette, traçant une démarcation qui barrait le chemin face à l’équipe de madame Vir. Icro, le géologue, osa quelques pas sur le terrain sombre et se pencha ensuite dessus pour l’examiner de plus près. Pendant ce temps, Bac s’avança plus loin et s’exclama : « Regardez ! Le sol redevient clair ensuite ! »

Madame Vir s’empara de jumelles. Bac se morigéna de ne pas avoir emporté les siennes et attendit silencieusement qu’elle termine ses observations. Il tint son carnet et son crayon prêts, afin de rapporter tout ce qu’elle dirait à l’issue de son inspection. « Hum, dit-elle en abaissant ses jumelles. La répartition entre les zones blanches et les zones noires semble aléatoire, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’une logique se cache derrière tout cela.
— Serait-ce l’œuvre d’une main intelligente ? s’enquit Bac.
— Si tel est le cas, où sont ces gens ? demanda Paras en regardant tout autour d’elle. Nous n’avons vu aucune trace d’habitation jusqu’ici.
— Peut-être ont-ils disparu, supposa Icro. Il faut que j’étudie des morceaux de chaque terrain pour déterminer si l’une, ou l’autre — ou les deux — des colorations est artificielle.
— Bonne idée, approuva madame Vir. Nous pourrons aussi cartographier les zones sombres et claires ; avec un peu de chance, cela nous permettra d’obtenir une meilleure vue d’ensemble. Bac, vous serez responsable de la cartographie avec Paras, pendant qu’Icro s’occupera de l’étude géologique. »

Ils se sentaient tous les quatre positivement stimulés par cette découverte. Tous espéraient qu’il ne s’agissait pas là d’un simple caprice géologique. Après avoir effectué des prélèvements, l’équipe emprunta le chemin du retour au campement. Pendant le trajet, madame Vir leur fit part du fait qu’elle escomptait que le pilote aurait terminé les réparations du ballon lorsqu’ils arriveraient. Elle tenait à rassembler la totalité de ses chercheurs et du matériel le plus rapidement possible, maintenant qu’ils avaient trouvé quelque chose qui l’intriguait.

Lorsqu’ils parvinrent au campement, la nuit était tombée. Le ballon gisait toujours là et son pilote était assis devant, la mine sombre, s’adonnant visiblement à une pause. « Alors, lui lança madame Vir, ce ballon est-il prêt à voler ?
— Plus ou moins, ronchonna le ballonniste. Je dois encore passer du temps à réparer la direction. Sans ça, je ne peux que le faire monter et descendre, mais pas le diriger. »

Bac savait que madame Vir était déçue de la nouvelle, mais elle n’en montra rien, se contentant d’acquiescer. Elle lui souhaita bon courage et s’en fut s’isoler dans sa tente. Paras se pencha vers Bac et lui chuchota : « Si cela avait été l’un de nous qui n’avait pas terminé son objectif dans le temps qu’elle avait estimé, il aurait été vertement réprimandé.
— Certes, répondit-il. Mais nous sommes son équipe et elle sait mieux estimer le temps que nous prendra une tâche. En plus, je pense que le ballonniste est encore plus déçu qu’elle de son retard.
— Tu dois avoir raison.
— En parlant du ballon, reprit l’archéologue, il a dit qu’il pouvait monter et descendre. Que penses-tu de l’utiliser demain pour avoir une vision d’ensemble des sols blanc et noir grâce à l’altitude ? Cela nous simplifierait la tâche pour la cartographie, ne crois-tu pas ?
— Bac, mon ami, tu es un génie. »

Le génie peina à trouver le sommeil, tout émoustillé qu’il était par les découvertes historiques qu’il s’apprêtait à révéler. Lorsque la fatigue eut enfin raison de lui, il eut l’impression qu’à peine endormi, il lui fallait déjà se réveiller. Pendant qu’il mangeait son petit-déjeuner en compagnie de Paras, il regardait tout autour de lui. Madame Vir ne se trouvait nulle part en vue, Icro installait son espace pour étudier les roches et le pilote s’échinait déjà sur la direction du ballon.

Il marmonnait encore en jouant de la clef à molette, lorsque Bac et l’exploratrice vinrent lui demander d’emprunter l’appareil pour des relevés cartographiques depuis les airs. Le ballonniste se redressa en s’essuyant d’un revers de manche et, après quelques secondes de réflexion, il accepta. « Je pense avoir terminé mes réparations, mais je vais avoir besoin de tester leur fiabilité. Du coup, vous pouvez monter pendant que je procède à mes vérifications. »

Les deux collègues embarquèrent joyeusement dans la nacelle et le pilote lança la machine, avant de diriger le ballon dans la direction indiquée par ses passagers. Pour mettre à l’épreuve la solidité de ses réparations, il emmena l’engin très haut en altitude, à la grande inquiétude de Bac qui peinait toujours à rationaliser le vide qui se trouvait entre le sol et lui.

« Ah ben si je m’attendais à ça ! » s’exclama soudain le ballonniste. Les chercheurs, intrigués, jetèrent un coup d’œil par-dessus bord. Ils pouvaient apercevoir les sols blanc et noir se découper parfaitement, les zones sombres ébauchant des formes alignées, et ce, sur plusieurs rangées à perte de vue. Le pilote approcha le ballon de la première ligne et entreprit de la suivre.

« On dirait d’énormes lettres, commenta Paras.
— La première ressemble à une majuscule. » appuya Bac qui prenait furieusement des notes, comme si sa vie en dépendait. Il esquissa de son mieux les symboles formés par les zones noires, dessinant ainsi : « Depuis des cycles se tenait le grand chantier archéologique du Plateau. » Il avait encore beaucoup de signes à recopier.