« Les Héros de Hurlevent » Geste I : Les Prémices (1/2)

Or donc, nos quatre fiers héros se retrouvèrent face à l’entrée sombre et lugubre du manoir hanté. Après un long échange de regards, emplis de promesses d’entraide, de camaraderie et de bons combats contre le Mal, ils ouvrirent grandes les portes et pénétrèrent dans l’antre du Malin, clamant de terrifiants cris de guerre. Le spectacle qui s’offrit alors à eux dépassait tout entendement. Une armée de fantômes et de cadavres ambulants, puants de putréfaction, les attendait de pied ferme dans une immense pièce, qui servait probablement de salle de réception. Si l’on peut dire… Sans se laisser déconcentrer par cette vision d’horreur, Julianus réunit les énergies magiques afin d’enflammer les épées de ses trois compagnons, sans oublier les crocs et les griffes du furet sanguinaire. Ceux-ci, ne connaissant pas les affres de la peur qui noue l’estomac et empêche l’action, se ruèrent ensuite sur les morts afin de les renvoyer vers l’infini et au-delà.

Le combat fut acharné ; en effet, les morts ne ressentent ni la douleur, ni l’émotion. Ce sont donc des adversaires fort coriaces. Mais il n’existe rien de suffisamment tenace pour empêcher les quatre héros de vaincre. Nombre de têtes pourrissantes furent magistralement détachées de corps décharnés, plusieurs autres furent consciencieusement réduits à l’état de charpie inoffensive – bien qu’impropre à la consommation – et beaucoup se retrouvèrent calcinés par la magie brûlante qui jaillissait de l’esprit, tout aussi brûlant, du puissant sorcier. Une fois que tous les esprits et cadavres furent calmés, calottés, calcinés et calanchés, les quatre vaillants prirent enfin le temps d’observer la salle dans laquelle ils étaient arrivés. Cette demeure avait du être belle auparavant. Mais à présent, tout était défraîchi et les morts avaient tout sali de leur décrépitude dégénérescente.

Le jeune Vikingar, habile à déceler des histoires entières cachées derrière un simple indice, s’exclama soudain : « Hardis compagnons ! Ces morts ne sont qu’un leurre, destinés à abuser les gens qui chercheraient à enquêter par ici. J’ai repéré des traces fraîches qui m’ont l’air faites par des humains vivants. Suivez-moi ! » Ainsi firent-ils, ces fiers personnages, mais le courage a parfois un prix à payer et ils furent bientôt pris au piège félon d’un mystérieux mystique. Alors qu’ils empruntaient l’escalier menant aux caves, la porte claqua brusquement derrière eux et, faits comme des rats, ils entendirent un rire malfaisant jaillir tout autour d’eux, comme si les pierres de la cave elles-mêmes montraient leur hilarité de les voir ainsi capturés.

« Voilà bien longtemps que personne n’avait osé s’aventurer aussi loin dans cette maison, les félicita le mystérieux mystique, sans pour autant se montrer à eux. Néanmoins, votre témérité ne vous apportera que la Mort.
– Qu’elle vienne, nous n’avons point peur de tes maléfices, misérable impie ! » s’exclama Herbert. Furetzilla grogna son assentiment et ses amis rugirent si fort leur noble courage que les murs tremblèrent. Effrayé par la magnificence de leurs âmes immaculées, le magicien invoqua des monstres sortis des endroits les plus sombres de son imagination.

L’exotique Yamo trancha les anneaux de dizaines de serpents géants au venin mortel. Le puissant Herbert écrasa les têtes de chiens tricéphales aux crocs saillants tandis que son fidèle furet sanguinaire les dévorait encore vifs. Le subtil Vikingar piégea de vieilles ombres dans sa lumière juvénile pour les réduire à néant et le sublime Julianus noya et brûla tous les monstres qui l’assaillirent avec un brio incroyable. « Est ce tout ? asséna FlammeNoire après avoir fait rôtir la dernière créature vivante. Est ce là toute l’étendue de ton pouvoir ?
– Je dois admettre que vous n’êtes point de ces aventuriers de pacotille dont j’ai l’habitude, déclara mielleusement l’hérétique qui laissait toujours résonner sa voix sans se montrer. Je souhaite voir à quel point vous êtes remarquables. Jouons ensemble ! »

Le rire malveillant les enveloppa de nouveau et, par magie, ils se retrouvèrent dans un marais où ils se firent immédiatement assaillir de sangsues gigantesques. Ils les tronçonnèrent, faisant jaillir de grandes gerbes de sang en tous sens. Ensuite ils se retrouvèrent sur un mont enneigé où ils durent combattre des Bêtes des Neiges. Ils les écrasèrent comme de vulgaires insectes sous leur héroïques bottes. Après cela, ils se retrouvèrent dans des oubliettes bardées de pièges. Ils les déjouèrent tous avec intelligence. Puis ils se firent attaquer par des guêpes géantes dans la clairière d’une forêt malade. Ils les flambèrent comme des bananes mûres. Tous ces combats commençaient à les fatiguer.

C’est alors que, encore haletants, ils furent magiquement transportés une fois de plus, mais cela les mena dans la salle du trône d’un château magnifique. Ils contemplèrent avec admiration les hautes fenêtres à vitraux colorés, les murs drapés de tapisseries brodées d’or et d’argent, le sol recouvert de riches tapis pourpres et le mobilier façonné dans du bois précieux.

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