Terreur Nocturne

Il s’immobilisa, tous les sens en alerte dans l’obscurité environnante. Il avait marché sur une lame grinçante du parquet et il craignait d’avoir attiré l’attention de la Créature. Ses yeux fouillèrent la pénombre dans laquelle la maison était plongée, à la recherche d’un mouvement suspect. Son coeur battait la chamade ; il devait faire preuve d’une grande maîtrise de soi afin de ne pas céder à la panique et se mettre à courir en hurlant. S’étant assuré, autant que possible, que la Chose n’avait pas été alertée, il reprit sa lente progression en direction de la sortie de la maison.

Le coeur tambourinant à tout rompre sous l’angoisse, il s’employait à lever doucement un pied après l’autre et de les poser avec tout autant de précaution, pour ne pas faire gémir le plancher. A chaque instant, la frayeur menaçait de le submerger. Il ne voulait pas mourir ! Il savait qu’il allait devoir passer devant la cuisine et que c’était là où il supposait que la Créature se trouvait. Il n’osait même pas imaginer qu’elle aurait pu s’être déplacée ailleurs. Cette bête là était étonnamment silencieuse et paraissait douée pour tendre des embuscades fulgurantes.

Pris d’une impulsion soudaine, il se retourna brusquement et inspecta rapidement l’obscurité du regard à la recherche des yeux bleus électriques de la Chose. Rien. Il s’autorisa un soupir intérieur avant de reprendre sa progression vers la sortie, en repoussant courageusement les assauts de son angoisse. Silencieusement, un pied en chaussette après l’autre et il pourrait survivre.

Un bruit assourdissant provint de la cuisine. Il s’arrêta de nouveau, comme une bête traquée, le coeur battant encore plus vite dans sa poitrine. La Créature devait avoir fait tomber de la vaisselle. Il resta immobile, priant qu’elle ne sorte pas de la pièce. Il entendit des fouissements dans les tessons, accompagnés de grognements. Espérant que la Chose était occupée à dévorer le contenu de la vaisselle cassée et que le bruit couvrirait sa progression, il avança un peu plus vite, jusqu’à arriver à la porte de la cuisine. Une fois là, il s’adossa au mur, prit une silencieuse inspiration et risqua un coup d’oeil dans la pièce.

Ses yeux rencontrèrent alors les yeux bleus électriques de la Créature. Sa bouche s’ouvrit sur un cri, qu’il ne put jamais pousser, tandis qu’elle lui tranchait la gorge. Avant que son regard ne se voile définitivement, il aurait pu jurer qu’elle souriait.

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