Prise de Conscience

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Bon. Je pense qu’il est temps de passer au stade des messages engagés. Il y a des sujets importants dans la vie. Et des choses que nous avons besoin de réaliser en tant qu’espèce et non en tant qu’individu. C’est pourquoi je voudrais mettre en lumière certaines inégalités. Il en est des qui rampent discrètement dans l’ombre et personne n’y fait attention, car elles sont beaucoup trop ancrées dans notre environnement quotidien.

Et il est parfois difficile d’en prendre conscience tellement il est plus confortable de vivre dans l’ignorance. C’est un truc que nous faisons, nous, les humains, de nous cacher des choses désagréables ou gênantes de l’existence, afin de nous la faciliter.

Jusqu’à récemment (hier soir en fait), j’étais moi-même victime de ces œillères si pratiques. Et puis une soudaine prise de conscience m’a heurtée de plein fouet, concernant une petite partie du personnel médical.

Alors, certes, je sais bien que la vie dans le monde médical est très compliquée, que les études qui mènent jusque là demandent beaucoup d’énergie et que pratiquer demande autant de recul que d’abnégation. La totalité de ce corps de métier est difficile. Tout le monde devrait l’avoir remarqué, d’ailleurs.

Et ça, au moins, j’en étais consciente. Mais je me suis rendue compte qu’une petite partie du personnel soignant avait le droit à certains privilèges auxquels ni nous, ni le reste du personnel médical, ne pouvons bénéficier.

Je parle de la petite caste des neurochirurgiens.

Je comprends que leur travail est hautement compliqué et qu’ils ont la vie de leurs patients entre leurs mains. Ce n’est pas facile de porter une telle responsabilité ! Ils doivent en être récompensés, je ne nie pas cela.

Mais est-ce que c’est bien la peine d’en venir au point où ils peuvent s’offrir des bolides de course, des montres hors de prix et des appartements où on pourrait loger toute la population du petit village d’Albiez-Le-Jeune (Ardèche) ? Pire encore, est-ce bien nécessaire de leur réserver le droit exclusif d’utiliser des capes qui se mettent en place automatiquement et qui ont une vie propre ?

Car oui, je l’avoue. Je suis jalouse de Dr Strange. Ça ne me dérange pas que les neurochirurgiens puissent acquérir toutes les possessions matérielles dont ils ont envie avec leur argent durement gagné. Mais cette histoire de cape, ça me chiffonne ! Pourquoi est-ce que MOI, je n’ai pas eu le droit à ce que MA cape bouge de sa propre volonté, hein ? Alors que lui se pavane avec la sienne qui agit toute seule ! C’est inadmissible !

Voilà. C’était mon coup de gueule du moment sur un sujet d’actualité.

Une loutre sur une boutre

Une loutre de rivière s’embarqua un beau jour sur une boutre à la figure de proue en forme de tête de loutre. Elle comptait ainsi visiter les contrées d’outre-mer et saluer au passage ses congénères loutres de mer. Aventureuse, elle s’était accoutrée de seulement sa fourrure de loutre imperméable à l’humidité.

Rapidement, elle trouva les tourtes du cuisinier de la boutre bien fades et s’en trouva outrée. Outrepassant les limites de sa fonction de matelote, la loutre plongea pour ramener poissons, coquillages et crustacés pour améliorer le goût des tourtes. Le capitaine de la boutre, outré à son tour, voulut la tancer pour son outrecuidance mais, ayant goûté aux tourtes, il fit plutôt preuve de clémence.

Ils parvinrent bientôt dans une contrée lointaine où les habitants vivaient dans des yourtes outremer en mangeant principalement du yaourt. Mais l’équipage de la boutre les habitants des yourtes ne s’entendirent pas et commencèrent à en venir aux mains. Courte sur pattes, la loutre passait inaperçue et décida de se contrefoutre des disputes entre humains.

Elle préféra visiter les yourtes vidées de leurs hargneux propriétaires. Goûtant les yaourts indigènes qui étaient conservés dans des outres, elle les trouva fort bons. N’étant pas avare d’outrecuidance, elle en emporta sur la boutre autant qu’elle en fut capable. La loutre songeait déjà à quelle recettes de tourtes au yaourt elle allait pouvoir commander au cuisinier.

Si elle voulait pouvoir continuer son voyage outre-mer sur la mer outremer tout en mangeant des tourtes au yaourt, la loutre devait trouver un moyen de récupérer l’équipage qui se disputait avec les habitants des yourtes. Avisant les fines poutres qui soutenaient les yourtes outremers, elle les fit choir et les yourtes s’effondrèrent sur elles-mêmes.

Paniqués pour leurs yourtes qui s’étaient subitement désagrégées, leur habitants accoutrés de peaux écourtèrent le combat, et délaissèrent l’équipage qui avait eu l’outrecuidance de d’outrepasser les limites de leur rivage. Les marins, grâce à la loutre qui avait volé les outres de yaourt, purent remonter sur la boutre et mettre les voiles.

Ils félicitèrent la matelote courte sur pattes et, tout en continuant de voguer sur les flots outremers, ils lui préparèrent toutes les tourtes au yaourt qu’elle désirait.

 

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