NaNoWriMo 2015 : Kit et Rielle Jour 9

– Rielle… Commença Madame Granger d’un ton hésitant de celle qui a de mauvaises nouvelles à annoncer et qui ne sait pas trop comment s’y prendre. Les gens qui la cherchaient sont partis… Je suppose qu’ils l’ont emmenée avec eux… Je… Je suis désolée mon chéri. Rielle a disparu.
– Non, souffla Kit. Ce n’est pas possible. On s’était promis de toujours rester ensemble. » Il se prit la tête dans les mains, tandis que le Docteur Sam et sa mère échangeaient un regard désolé. « Pourquoi elle n’est pas allée rejoindre Bran ? » Se demanda-t il tout haut. « Bran… » Il se redressa et laissa ses mains retomber. « Mais bien sûr ! s’exclama-t il en faisant sursauter les deux adultes. Bran ! » Il sauta d’un bon à bas du lit. « C’est ça la solution ! se réjouit il.
– Qu’est ce qu’il se passe ? s’inquiéta Madame Granger qui se demandait si le coup qu’il avait pris sur la tête n’était pas plus grave que ce que le médecin lui avait dit.
– Maman, il faut que je retrouve Rielle, décréta Kit.
– Mais voyons, mon chéri, tu n’as aucun moyen de savoir où ils l’ont emmenée.
– Je trouverai, Bran aura une idée.
– Comment comptes tu t’envoler dans l’espace ? Le spatioport de Bourgétoile et tout petit, il n’a pas beaucoup de destinations pour les voyageurs comme toi.
– Je trouverai, répéta Kit d’un air déterminé.
– L’espace est très grand, tu sais, essaya de le raisonner sa mère. Je doute que tu puisses la retrouver en partant comme ça, sans renseignement, ou préparation… Tu devrais attendre le retour de Edward Hammerson.
– Ed ? Mais pourquoi ?
– Parce qu’il est le père de Rielle et qu’il sait certainement où ces gens l’ont emmenée.
– Je n’ai pas le temps d’attendre le retour de Ed, déclara le garçon. Qui sait quand il reviendra ici ? Ce sera peut être trop tard.
– Mais…
– En plus, continua-t il, vu qu’ils ont trouvé Rielle ici, ça veut peut être dire qu’il est arrivé quelque chose à Ed. Ce n’est vraiment pas prudent d’attendre. » Ce disant, il enfila ses chaussures qu’on lui avait enlevées pour le mettre au lit.

« Qu’est ce que tu fais ? lui demanda sa mère. Tu ne peux pas partir comme ça, bille en tête. Une fois arrivé au spatioport, tu ne sauras même pas quoi faire.
– Je ne vais pas au spatioport, balaya Kit en récupérant son blouson. Je vais voir Bran.
– Bran ? Que pourra-t il faire de plus que toi ?
– Je ne sais pas, mais je sais qu’il le peut ! » Sans un mot de plus et malgré les appels de sa mère, l’adolescent s’en fut en courant en direction du ranch. Le garçon courut aussi vite qu’il le put, malgré l’intense fatigue qu’il ressentait – puisqu’il n’arrêtait pas de courir depuis le matin – et malgré le mal de crâne qui le lançait perpétuellement. A chaque fois que ses pieds touchaient le sol, cela provoquait un choc jusqu’à sa tête. Il dut tout de même s’arrêter au milieu du trajet, pour éviter de tomber de nouveau dans les pommes. Il souffla un moment, accroupi dans la poussière puis, une fois que sa vue redevint nette, il repartit de plus belle. Lorsque, enfin, il vit l’entrée du ranch, il cria « Braaan ! » à pleins poumons. Ses jambes n’arrivant plus à le porter, il se laissa tomber par terre et continua de s’égosiller, jusqu’à ce qu’un rancher vienne le ramasser.

« Calme toi, petit, lui enjoignit il d’un ton apaisant. Bran est à l’autre bout des terres là tout de suite ; il ne peut pas t’entendre. Même si tu gueules aussi fort qu’un putois, je dois bien l’avouer ! » Il tenta d’aider Kit à se remettre sur ses jambes, mais elles se dérobèrent de nouveau sous son poids. « Et bien alors, qu’est ce qu’il t’arrive donc ? s’étonna l’homme en levant des sourcils broussailleux perplexes.
– Je veux parler à Bran, expliqua Kit.
– Oui, ça on avait compris, balaya le rancher. Tout le monde avait compris ça. Même les anciens sur la vieille Terre avaient compris ça. Et je t’ai dit qu’il n’était pas là pour le moment ! Ce que je veux savoir, c’est pourquoi tu as l’air d’un épouvantail.
– Ils ont enlevé Rielle, expliqua le garçon. Et je dois voir Bran pour qu’il m’aide à la retrouver. S’il vous plait ! Le chien m’a mordu et c’est elle qui saignait.
– Mmmh, émit pensivement l’homme tandis que l’adolescent perdait connaissance dans ses bras. Je n’ai rien compris à ce que tu m’as raconté p’tit gars, mais mon petit doigt me dit qu’il y a quelque chose de grave. Je pense que je vais aller faire chercher Bran. »

Il s’avérait que celui qui venait de ramasser littéralement Kit était le propriétaire du ranch. Jack Peddler était une armoire à glace, taillée sur le même modèle que Edward Hammerson, mais au poil roux, maintenant grisonnant par endroit. Il avait reprit le ranch depuis plus de quinze ans. De fait, il était arrivé à Bourgétoile à peine une paire d’années avant la naissance de Kit. Et il avait même passé ses premiers mois sur place à loger à l’hôtel de la mère du garçon évanoui. Mais de ce qu’il faisait de sa vie auparavant, personne ne le savait. Le bruit courait qu’il avait un passé trouble de pirate et qu’il passait sa retraite dans l’endroit le plus tranquille qu’il avait pu trouver. Cela paraissait plausible aux habitants du crû, qui considéraient leur contrée comme la plus agréable à vivre de l’Univers. Evidemment. Lorsqu’il était arrivé, les gens l’avaient considéré suspicieusement, mais l’avaient traité comme ils traitaient tous les gens louches : avec une forme de bienveillance, tant qu’il ne provoquait pas de grabuge. La suspicion s’était affaiblie lorsqu’il avait acquis le vieux ranch abandonné, réputé hanté d’ailleurs à l’époque, l’avait remis en état, puis l’avait administré d’une main de maître, offrant du travail et créant une vraie richesse de produits locaux à base de viande. Maintenant, tout le monde l’appréciait avec sincérité.

Et puis, il y a environ dix ans, Bran était arrivé. Il avait quatorze ans, mais un regard beaucoup plus vieux. Et Jack connaissait bien cette sensation d’impression d’avoir déjà tout vu alors qu’on avait pas encore l’âge. Une fois un peu secoué par des corvées terre à terre – Jack lui en donnait plus qu’aux autres pour l’empêcher de ressasser – ce garçon s’était montré un atout précieux pour le ranch. Acrobate né, semblait il, Bran était devenu l’attraction principale de la Fête des Moissons. Lors de ces réjouissances, les jeunes personnes qui vivaient à Bourgétoile et aux alentours se mesuraient les uns aux autres dans des disciplines aussi diverses que variées. Et, aux épreuves acrobatiques, Bran était le meilleur. Et, comme il était également très bon dans la plupart des autres disciplines, il devint rapidement la coqueluche de la jeune gente féminine. Il va sans dire que le jeune homme avait fait une très bonne publicité au ranch de Jack Peddler. De plus, comme il se montrait efficace dans son travail, le rancher lui laissait une grande liberté.

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