NaNoWriMo 2015 : Kit et Rielle Jour 19

Elle se secoua ; elle n’avait pas de temps à perdre en tergiversation. Elle posa les vis et le couteau dans la bouche d’aération, puis se hissa jusque là tout en se métamorphosant en petit animal bleu et doré. Elle failli laisser échapper la grille dans l’opération, mais la rattrapa de justesse. Maintenant qu’elle était toute petite et à quatre pattes dans un conduit d’aération pas très large, il lui fut un peu compliqué de refixer la grille correctement. En persévérant, elle finit par y arriver. Tout en maintenant l’objet par les ventaux d’une patte, elle entreprit ensuite de le revisser soigneusement.

Une fois qu’elle eût terminé, Rielle contempla le couteau dans sa patte. Que devait elle en faire ? Le laisser tomber dans le plateau repas en dessous ? Le garder avec elle ? Le laisser là pour ne pas se retrouver encombrée ? Elle avait bien envie de le conserver, tout de même, surtout si jamais elle voulait sortir du réseau de conduits d’aération et qu’elle devait dévisser les grilles pour pouvoir sortir. Ce serait idiot de se retrouver coincée dans le vaisseau même qu’elle voulait fuir. Néanmoins cela promettait d’être compliqué de se promener avec le couteau dans une patte. Dans ces conduits, elle avait besoin de ses quatre pattes. Elle attrapa alors l’ustensile entre ses dents et se lança dans l’inspection du nouveau territoire qui s’offrait à elle.

Tout en tricotant silencieusement dans les tuyaux de métal, Rielle se demandait ce qu’elle devait chercher. Dans l’absolu, elle savait qu’elle devait trouver des capsules de sauvetage ou quelque chose du même acabit. Ces appareils étaient programmés pour se diriger vers la planète vivable la plus proche répertoriée. Elle le savait, car c’était son père qui le lui avait dit pendant le peu de temps qu’elle avait voyagé avec lui. Sur le moment, elle ne s’était pas douté que ça pouvait lui être utile un jour. Il était plus exact de dire qu’il avait été le premier à le lui signaler. Parce que pendant les huit années qu’elle avait passées auprès d’un Kit toujours prompt à questionner les voyageurs sur les trajets dans l’espace, on le lui avait répété. Et expliqué moult autres choses qui ne l’intéressaient pas forcément, mais qui rendaient les yeux de son frère brillants.

La jeune fille supposait que tout le monde était au courant de ce genre d’équipement dans un vaisseau. Mais, pour sa part, elle n’avait pas vraiment été élevée comme tout le monde. En témoignait sa situation actuelle. Elle ressentait une certaine amertume vis à vis de tout cela. En vivant auprès de Kit, elle avait rapidement compris que son père avait raison sur certains points. Et, notamment, celui comme quoi les parents n’utilisent pas leurs enfants comme sujets d’expérimentation, d’ordinaire. Quelle était la formulation que Edward Hammerson avait employée, déjà, en parlant d’Ayla Kree Lai ? Rielle avait du mal à se souvenir de ce mot saugrenu. Une sociopathe. Si elle se souvenait bien, c’était bien ce terme là. Elle avait parfois du mal à intégrer des mots avec la manie de Kit de toujours les déformer. En plus, elle ne savait pas vraiment ce que ça voulait dire, sociopathe. Elle avait compris que c’était très péjoratif et que cela avait un rapport avec le peu d’émotions dont pouvait faire preuve sa mère – elle n’était pas bête tout de même – mais la jeune fille ne connaissait pas toute la portée de l’adjectif. Elle se souvenait tout de même avoir demandé à son père comment il en était venu à la concevoir avec sa mère, si il la trouvait aussi détestable. Il avait rit, de son grand rire de Ed Hammerson, et avait balbutié que tout le monde faisait des erreurs dans sa vie et qu’il s’était retrouvé à ne pas avoir trop le choix, là, et qu’elle comprendrait quand elle serait plus grande.

Un bruit attira son attention. Elle se dirigea discrètement dans cette direction. En s’approchant, elle perçut une discussion entre plusieurs personnes. Elle avança avec d’autant plus de précautions, pour ne pas se faire repérer, et s’approcha de la grille d’aération qui menait aux voix. Elle jeta un coup d’oeil rapide dans la pièce en contrebas.

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