NaNoWriMo 2017 : À l’École de l’Autre Côté du Miroir, jour 19

Un peu surpris de voir une bande de jeunes de onze ans aussi silencieux, le père de Jérémy fit la conversation tout seul. « Vous avez l’air fatigués de votre semaine les enfants. J’espère que votre copine malade ne vous a pas transmis ses microbes ! Pour le moment, ici, personne n’est malade. Remarque, je ne sais pas trop pour Isabelle ; ça fait plusieurs jours qu’elle est chez vous, dans le monde sans magie. » Et il continua ainsi, à raconter les nouvelles de la ferme et de ses habitants, jusqu’à la fin du trajet.

Une fois dans la chambre de Jérémy, à l’abri des regards et des oreilles, les trois amis commencèrent à mettre leur plan en œuvre. Valentine commença à catalyser la magie de ses cartes, Cédric sortit des ingrédients pour le sortilège de localisation et Jérémy amena un plan des environs et les ingrédients qu’il leur manquait. Ils vérifièrent plusieurs fois qu’ils disposaient bien de tout ce dont ils avaient besoin.

« J’espère qu’ils ne sont pas très loin, déclara-t-il. Sinon il faudra que j’aille chercher une carte plus grande.
– Comment ça se fait que ta carte n’ait pas réussi à aider Stéphanie comme elle m’a aidé moi ? S’enquit Cédric à l’intention de Valentine.
– Stéphanie doit être incapable de pratiquer la magie, supposa la fillette blonde. Elle est peut-être inconsciente, comme ta Liselle.
– Ce n’est pas ma Liselle. » Grommela le garçon blond qui était un peu vexé de s’être fait avoir par la lycéenne.

Jérémy tapota l’épaule de son ami d’un air compatissant et tous trois se mirent au travail. Valentine continuait de se concentrer sur la carte qu’elle avait collé sur Stéphanie. Pendant ce temps, les deux garçons élaboraient une poudre très fine, qu’ils éparpillèrent sur la carte de la région que Jérémy avait apportée. Cela leur prit longtemps et, lorsqu’ils eurent terminé, la fillette blonde tendit la main et glissa sa magie sur les fines particules qui recouvrait la carte. Puis elle commença à réciter le sortilège.

La poudre se mit à danser en volutes au-dessus de la carte. Tant que Valentine récitait, les particules continuaient à tourner et virevolter, faisant tout le tour du plan. Elles finirent par se diriger vers un endroit en particulier, remontèrent en chandelle avant de retomber sur la carte. Les deux garçons, qui avaient retenu leur souffle jusque là, le relâchèrent, soulagés de voir un résultat. La poudre s’était étalée en un cercle, avec plus de particules en son centre et de moins en moins en s’en éloignant.

« Elle se trouve au milieu ? S’enquit Cédric.
– C’est l’endroit où il est le plus probable qu’elle se trouve, précisa Valentine. Elle peut être à n’importe quel endroit du cercle, il y a juste plus de probabilité qu’elle soit là où la poudre est la plus dense.
– D’accord, acquiesça le garçon. Jérémy, tu connais cet endroit ?
– Mmmh oui, je connais ça. Ca s’appelle la Colline Pelée, parce que rien n’y pousse. Mais ce n’est pas un endroit très apprécié : il parait qu’il est hanté.
– Je parie qu’il est juste hanté par la Confrérie des Cinq Eléments, lâcha Cédric.
– Je pense aussi, approuva Valentine.
– Moui, j’espère que vous avez raison. » Jérémy ne paraissait pas entièrement convaincu, mais il avait confiance en le jugement de ses amis.

« C’est loin d’ici ? Demanda Valentine.
– Je dirais qu’il nous faudra bien une heure pour y aller, estima Jérémy en leur montrant sur la carte l’endroit où se trouvait sa ferme. Et il faudra faire attention aux loups.
– Mmmh, j’espère que les loups ne seront pas un problème, soupira Cédric. On aura suffisamment de choses à gérer comme ça… »
Les deux autres approuvèrent silencieusement. « J’aimerais bien qu’on soit mieux préparés, aussi, ajouta Valentine. On a pas eu le temps de faire beaucoup de potions ou de choses comme ça.
– Si on se débrouille bien, on aura besoin de rien à part notre magie, rappela Cédric car ils en avaient parlé lorsqu’ils élaboraient un énième plan d’action dans la journée. Ils ne devraient même pas se rendre compte de notre présence.
– Je préfèrerais. » Précisa Jérémy.

Ils restèrent tous les trois sans parler pendant un petit moment, jusqu’à ce que Cédric demande : « Bon. On fait ça avant ou après manger ?
– Si on y va après manger, je doute que papa nous laisse sortir dehors tous seuls avec les loups et tout, argumenta Jérémy.
– Avant ça va être beaucoup trop juste s’il nous faut une heure pour y aller et en revenir, pointa Valentine.
– Oui, acquiesça Cédric. Surtout qu’on ne sait pas combien de temps ça va nous prendre sur place.
– C’est vrai, capitula Jérémy en se grattant la tête. On va trouver un moyen de sortir sans qu’il ne s’en rende compte. Et, au fait, quand vas-tu dire à Hildegarde où se trouve Stéphanie ? »

Cédric avait momentanément oublié qu’il devait contacter la maîtresse du brouillard pour lui rapporter le lieu où se trouvait la Confrérie des Cinq Eléments. « Je devrais le faire maintenant vous pensez ? Demanda-t-il.
– Pourquoi attendre ? S’enquit Valentine.
– Oui, tu as raison, acquiesça Cédric. Je vais le faire maintenant. »
Il s’assit en tailleur sur le sol encombré de la chambre de Jérémy et ferma les yeux. « Ah ! Enfin ! S’exclama Hildegarde.
– Ca nous a pris du temps de rentrer chez Jérémy après les cours et de mettre en place la localisation, se justifia le garçon en regardant le jardin brumeux tout autour de lui.
– Je me doute bien. Alors, sais-tu où elle se trouve ? »

Cédric lui expliqua que le centre donné par le sort de localisation se trouvait sur la Colline Pelée et décrivit rapidement ce qui se trouvait autour selon la carte. « Oui oui, je connais cet endroit, lui dit Hildegarde. Je suis seulement surprise de savoir qu’ils ont emmené ton amie là-bas.
– Ah bon ? Pourquoi ?
– Parce qu’il s’agissait de l’un de leurs anciens repaires. Je ne trouve pas cela très discret de leur part de s’installer de nouveau à cet endroit. Mais bon, puisque personne ne les y a trouvé jusqu’ici, avaient-ils vraiment tort ? »

Le garçon haussa les épaules ; il n’avait pas d’avis sur la question. « Bon, très bien jeune homme. Grâce à tes informations, nous allons pouvoir intervenir. Tu peux retourner chez ton ami, nous nous occupons de tout ! Je te tiendrai au courant. En tous cas, tu peux être fier de toi ! » Cédric sourit sous le compliment. Pour lui, c’était surtout Valentine et ses cartes qu’il fallait remercier. Il admettait tout de même qu’ils avaient fait un beau travail d’équipe, surtout contre Liselle.

« Oh ! Au fait ! S’exclama-t-il. Cet après-midi, Jérémy, Valentine et moi, on a attrapé la maîtresse de l’air de la Confrérie des Cinq Eléments.
– Quoi ?
– Oui, elle s’appelle Liselle et elle a essayé de m’enlever. Et je me suis défendu et Jérémy et Valentine sont arrivés à ma rescousse.
– Et… Non… Vous avez réussi ça juste à vous trois ? S’étonna Hildegarde.
– Oui oui ! Mes amis l’ont eue par surprise alors qu’elle s’attaquait à moi.
– Qu’en avez-vous fait ?
– Nous l’avons endormie avec une potion de sommeil, expliqua Cédric et nous l’avons enfermée dans un placard dans la salle du miroir à l’école.
– Très bien, le félicita la maîtresse du brouillard. Vous m’impressionnez tes amis et toi ! Je prends note et je vais envoyer quelqu’un récupérer la petite maîtresse de l’air. »

Hildegarde considéra pensivement le garçon blond qui lui faisait face. Il avait su s’entourer de jeunes magiciens doués, en plus d’être efficace lui-même. Elle voyait aussi sa mine déterminée : elle espéra qu’il écouterait et qu’il n’irait pas se mettre bêtement en danger. Elle lui souhaita de passer une bonne soirée et Cédric ouvrit les yeux dans la chambre de Jérémy.

« Alors ? S’enquit celui-ci.
– C’est bon, ils vont récupérer Liselle et aller intervenir sur la Colline Pelée, expliqua la garçon blond.
– A ce propos, reprit Jérémy. J’ai une idée de comment nous rendre là-bas sans y passer des heures. Et Valentine est d’accord.
– Ah bon ? Et comment ? Demanda avidement Cédric pendant que la fillette blonde souriait.
– Et bien on est dans une ferme qui dispose de griffons, d’hippogriffes, de pégases et autres créatures qui volent, exposa son ami brun. Et en volant, on peut gagner beaucoup de temps !
– Tu veux dire qu’on peut aller aider Stéphanie maintenant ? » Vérifia Cédric.

Ses deux amis hochèrent vivement la tête, l’air ravis. « Et vous êtes toujours d’accord pour y aller alors qu’Hildegarde et d’autres magiciens vont se rendre sur place aussi ?
– Oui, déclara Valentine d’un air déterminé. Je veux absolument y aller.
– Au pire, on s’arrangera pour ne pas rester dans leurs pattes, ajouta Jérémy.
– Parfait ! Allons-y alors ! » S’exclama Cédric en levant les bras.

Les deux autres lui prirent chacun un bras pour l’aider à se relever. Puis, ils descendirent au rez-de-chaussée et Jérémy demanda à son père s’ils pouvaient aller voir les animaux et essayer un griffon ou un pégase. Monsieur Rivière accepta, à la condition qu’il vienne lui-même leur expliquer les règles de sécurité. Lorsqu’un cavalier prenait de l’altitude, les chutes devenaient plus risquées.

Il les accompagna donc dans l’étable et leur demanda ce qu’ils voulaient chevaucher. Valentine choisit un hippogriffe, Jérémy un griffon et Cédric un pégase. Le père de la famille Rivière leur expliqua comment s’occuper de leur monture avant de la seller. Puis il leur montra comment se fixer à la selle pour ne pas tomber lorsqu’ils s’envoleraient et comment régler les lunettes de vol pour ne pas prendre le vent dans les yeux.

Ensuite, il leur apprit à diriger chacun des animaux – qu’il avait sélectionné dociles – et leur fit faire des essais. Une fois satisfait de leur performance, il les autorisa à aller faire une promenade aérienne et leur recommanda de faire très attention aux loups s’ils décidaient de se poser quelque part. Après les dernières dizaines de recommandations et après leur avoir bien répété de rentrer pour dîner, les trois collégiens s’envolèrent.

Ils furent tous rapidement grisés par la vitesse et l’altitude. Cédric était soulagé d’être fixé à la selle : il ne pensait pas qu’il aurait été capable de tenir sur son pégase sinon. Valentine se tenait fermement à la selle de son hippogriffe et Jérémy, voulant montrer qu’il était à l’aise sur une monture volante, sortit la carte qu’ils avaient prise. Il l’étala sur la large encolure de son griffon pour éviter qu’elle ne s’envole ou ne se déchire sous la pression du vent.

« Il ne nous faudra pas très longtemps pour arriver à la Colline Pelée, cria-t-il à ses amis. Elle est par là, on la voit déjà au loin ! » En effet, une colline surmontée de ruines se détachait des autres par son manque de végétation. Personne ne savait vraiment ce qu’il s’était passé là, mais il existait beaucoup de légendes autour de la Colline Pelée. Jérémy leur avait promis qu’il leur raconterait à leur retour.

« Il faudra se poser un peu plus loin, lança à son tour Valentine. On va manquer de discrétion sinon.
– C’est vrai, approuva Cédric. Est ce qu’on peut se poser dans les ruines de la colline d’à côté ?
– Je pense oui ! » Répondit Jérémy.

En réalité, il n’en savait rien, mais il se disait que c’était une bonne idée de se cacher, et se dissimuler dans les ruines lui paraissait aussi bien qu’ailleurs. Au bout de quelques minutes, Jérémy leur fit perdre un peu d’altitude en direction des ruines qu’ils avaient repérées. Ils se posèrent presque sans mal – l’atterrissage était toujours une affaire un peu compliquée avec des animaux volants – et mirent pied à terre.

« Très bien, chuchota Jérémy. Attachons-les ici. » Les deux autres obéirent et suivirent leur ami qui dirigeait son griffon dans une sorte d’enclos formé par quatre murs en ruines. Il y avait encore un vieil anneau rouillé fixé à un pan de mur ; il y attachèrent leurs montures.

« Maintenant que nous sommes là, reprit Jérémy, quelle est la suite du plan ? Je veux dire, je sais qu’on va entrer dans le repaire de la Confrérie des Cinq Eléments, mais je demandais comment ?
– Je propose qu’on se rende sur la Colline Pelée et qu’on y inspecte les ruines. L’entrée doit sûrement être par là, suggéra Cédric.
– C’est un peu risqué, non ? Commenta Valentine.
– Je sais, avoua le garçon blond. Mais je ne vois pas quoi faire d’autre et j’ai peut-être une solution pour nous cacher si jamais quelqu’un approche.
– Quelle solution ? S’enquit curieusement la fillette.
– Ca fait quelques temps que je travaille sur les illusions qu’on peut faire avec la brume, comme Hildegarde m’a appris. Avec ça, je peux nous rendre invisible si jamais on est proches et que je n’ai pas à le maintenir longtemps.
– Wahou ! C’est impressionnant ! S’enthousiasma Jérémy. Ca me va dans ce cas, faisons comme ça ! »

 

2192 mots pour ce dimanche. Et l’histoire va beaucoup trop vite ! Il va me manquer des mots à la fin pour atteindre les 50 000, heureusement que j’ai plein de choses à rajouter dans ce roman !

S'exprimer par un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s