NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 20

– Nicolas ? » l’interpella Ethelle, mais le jeune homme blond quitta la pièce sans lui accorder la moindre attention.

La jeune femme ne savait que faire. Les domestiques avaient emmené leur camarade inconscient, [Truc] serrait les poings sur la nappe et Henry paraissait attendre ses instructions. Elle ne savait pas quoi lui ordonner ; elle aussi avait perdu l’appétit, mais elle ne pensait pas qu’il était convenable d’abandonner leur invité à sa solitude au beau milieu d’un repas. Ethelle se leva. « Vous pouvez faire débarrasser, Henry, déclara-t-elle en se dirigeant vers [Truc]. Je pense que tout le monde a perdu l’appétit. »

Alors que le majordome inclinait brièvement la tête, la jeune femme rousse posa une main sur l’épaule du dieu. Il leva ses yeux violets vers elle et elle lui fit signe de la suivre. Son humeur était toujours sombre mais il lui emboîta néanmoins le pas. Mademoiselle Morton demanda à une servante de trouver un manteau chaud pour son invité et elle fit de même. La nuit étant tombée, elle requit également une lanterne. Lorsqu’on la lui donna, elle sourit par devers elle, s’imaginant retourner dans la bibliothèque de Simon Derrington. Secouant la tête, elle sortit, suivie par [Truc] qui se laissait guider sans rien dire.

« Il fait froid, mais cela nous aèrera l’esprit, déclara Ethelle. Nous ne resterons pas dehors très longtemps de toutes façons. » L’homme aux yeux violets la suivait sans mot dire. La jeune femme savait qu’il ne comprenait pas un mot de ce qu’elle disait, mais elle était gênée de laisser le silence s’installer entre eux. « Je me pose beaucoup de questions vis à vis de vous, continua-t-elle. Par exemple, je me demande comment l’esprit de la grand-mère de Nicolas – car c’était bien un fantôme, n’est ce pas ? – vous comprenait alors que nous ne parlons pas la même langue. Je suis persuadée que le professeur Derrington vous trouverait fascinant. »

Elle s’arrêta près d’un banc en fer forgé peint en blanc et tapota la place à côté d’elle pour enjoindre [Truc] à faire de même. Il s’assit, l’esprit visiblement préoccupé. « Vous me rappelez l’homme qui est venu l’autre jour, avec Simon, Clay et Tina. Il avait des yeux verts aussi éclatants que les vôtres. Est-ce une caractéristique des personnes qui vivaient à votre époque ? » L’homme saisit l’intonation interrogative et la regarda d’un air désolé en haussant les épaules. « Il s’appelait Chaahk. » poursuivit Ethelle.

Pour la première fois, une lueur illumina le regard de [Truc]. « Chaahk ? répéta-t-il d’une voix profonde.
– Oui, acquiesça la jeune femme en souriant. J’arrive enfin à avoir votre attention ! » Elle sortit son carnet d’un revers de son manteau et en approcha la lanterne. « Bien, essayons de voir si nous pouvons communiquer maintenant. »

Elle tenta plusieurs mots et avec plusieurs prononciations. [Truc] l’écoutait, la mine concentrée. Il tenta plusieurs mots lui aussi, mais ils avaient encore beaucoup de mal à trouver une façon sûre de se comprendre l’un l’autre. L’homme finit par s’emparer du carnet d’Ethelle et l’examina attentivement. Puis, il hocha la tête et désigna des mots écrits. Cela faisait des phrases sommaires, mais la jeune femme sourit, ravie de pouvoir enfin communiquer avec lui.

Elle frissonna ; la brise nocturne était glaciale. [Truc] la considéra un instant, puis fit quelques brefs mouvements de mains. Ethelle ne ressentit soudainement plus le vent et lança un regard interrogateur à l’homme à côté d’elle. Il lui sourit – le premier sourire qu’elle voyait se dessiner sur son visage – et lui désigna quelques mots de son carnet. Elle comprit qu’il avait ordonné à la brise de passer à côté d’eux. La jeune femme était impressionnée. Jusqu’ici elle n’avait porté que peu de foi à cette appellation de dieu. Elle décida qu’il devait au moins être un véritable magicien.

Même si le vent ne la frigorifiait plus, la température de la nuit restait très basse et ils retournèrent au manoir, le cœur un peu plus léger que lorsqu’ils l’avaient quitté. Installés dans la salle à manger, devant la cheminée où crépitaient toujours de longues flammes claires, une idée traversa l’esprit d’Ethelle en repensant au fantôme de madame Jocelyn Merryweather. « [Truc], déclara-t-elle. Pourriez-vous convoquer l’esprit de mon père ? J’ai des choses importantes à lui demander et… à lui dire, aussi. » Alors que l’homme lui lançait un regard aussi violet qu’interrogateur, elle ravala la boule qui s’était formée dans sa gorge et désigna quelques mots dans son carnet, espérant ardemment qu’elle réussirait à se faire comprendre.

[Truc] la considéra gravement. Ethelle se demanda brièvement combien de centaines de fois il avait dû entendre cette requête. Son cœur battait à tout rompre alors qu’il feuilletait le carnet.

 

776 mots pour aujourd’hui, ça y est j’ai de nouveau du retard

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