NaNoWriMo 2017 : À l’École de l’Autre Côté du Miroir, jour 24 25 26

Les deux filles ne se lâchaient plus d’une semelle depuis leurs retrouvailles.

Le trajet du retour se déroula comme dans un rêve. Cédric avait du mal à se dire que, peu de temps auparavant, il était ligoté dans le repaire du terrible Maleflamme. La douleur qu’il avait ressentie lui aurait aussi parue bien lointaine s’il n’en portait pas encore les brûlures qui le lançaient. Il vouait une reconnaissance éternelle à Valentine qui avait permis de le sauver avant que les choses n’empirent pour de bon et il avait hâte qu’ils arrivent à la ferme de la famille Rivière.

Jérémy fit voler son griffon près du pégase de Cédric. « Hé ! Tu as vu ? Tout est bien qui finit bien, lança le garçon brun.
– Oui ! Approuva Cédric. Heureusement que vous êtes arrivés à temps.
– Mais tout n’est pas fini, les enfants, intervint Richard qui volait près d’eux sur un vieil hippogriffe un peu déplumé. J’ai bien peur que ça ne fasse que commencer.
– Pourquoi ? S’enquit curieusement Jérémy.
– Parce que la Confrérie des Cinq Eléments vient de refaire surface, expliqua le vieux magicien. Cela signifie qu’ils ont préparé des mauvais coups pendant longtemps et que, maintenant, ils les mettent en œuvre. »

Les deux garçons restèrent un instant silencieux. « Et un de leurs mauvais coups, c’était de me kidnapper ? S’enquit amèrement Cédric.
– Certainement, confirma Richard. Cela faisait longtemps qu’ils cherchaient à attraper Hildegarde, mais elle est finaude. A partir du moment où elle a su qu’ils voulaient l’utiliser pour leur propre intérêt, ils n’ont jamais réussi à s’approcher d’elle.
– Il faudra peut-être qu’elle m’apprenne à me cacher aussi, commenta l’apprenti maître du brouillard.
– Ah ! S’exclama le magicien. J’espère que nous n’aurons pas à en venir là. L’établissement des Alouettes est sous surveillance ; tu devrais pouvoir passer une scolarité en toute tranquillité. »

Le vieil homme adressa un sourire rassurant aux garçons, et à leurs deux amies qui s’étaient approchées. « Et vous saviez pour la fille de l’air, là ? Intervint brusquement Jérémy d’un air grave.
– La fille de l’air ? Demanda Richard qui ne voyait pas de quoi parlait le garçon.
– Liselle, précisa Cédric qui avait compris. La maîtresse de l’air qui suivait Maleflamme.
– Oh oui, se souvint le vieux magicien. La jeune fille qu’Hildegarde nous a demandé d’aller chercher dans un placard, oui, je me rappelle avoir entendu ça. C’est [deux prénoms quelconques] qui se sont occupés d’aller la chercher. Ils sont jeunes et c’est leur première mission tous seuls, c’est pour ça qu’ils ont été envoyés pour la récupérer.
– Mais du coup, vous saviez ? S’impatienta Jérémy.
– Eh ! Il faut avouer que non, révéla enfin Richard. Nous nous étions concentrés sur la surveillance extérieure. Nous n’avions pas pensé que quelqu’un s’infiltrerait à l’intérieur. Il faut dire que les recrutements de professeurs sont très surveillés en général et il n’y en avait pas de nouveau cette année. Quant aux élèves… Et bien, la petite Liselle paraît plus jeune que ce qu’elle est vraiment. [Réfléchir si on garde cette option] Ce n’est pas quelque chose qu’on avait vu venir. »

Cédric s’inquiétait du ton débonnaire de Richard. Cela lui donnait l’impression que les mages ne prenaient pas le fait que la Confrérie des Cinq Eléments le pourchassait. Parce que lui, il trouvait ça vraiment angoissant. Il échangea un regard avec Jérémy et celui-ci paraissait aussi très peu satisfait de la réponse du vieux magicien. Ni l’un ni l’autre ni leurs deux amies n’eurent l’occasion d’essayer d’en savoir plus. Les cavaliers volants arrivèrent en vue de la ferme des Rivière.

Le père de Jérémy les attendait à l’entrée de la maison, les bras croisés. Cédric se demanda si son ami allait se faire réprimander. L’heure du dîner était passé depuis longtemps et ils étaient partis sans autorisation en direction d’un grand danger. Toutes les montures volantes se posèrent dans la cour, devant le maître de la maison. Les magiciens saluèrent le père de Jérémy et, pendant que les enfants démontaient à leur tour, Richard prit les devants.

« Vous avez un fils malin, déclara le vieux mage. Et il sait bien s’entourer aussi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu des jeunes aussi vifs !
– Ils sont quand même partis sans prévenir, pointa monsieur Rivière d’un ton qui n’augurait rien de bon. Et s’occuper d’affaires qui ne sont pas de leur ressort.
– Oh, vous savez, c’est difficile de retenir des jeunes lorsque l’une de leur camarade est en détresse, temporisa Richard du même air débonnaire qu’il arborait lorsqu’il prenait la parole à propos de sujets graves. Et puis ils étaient bien organisés ! Si ça n’avait pas été la Confrérie des Cinq Eléments en face, ils n’auraient pas eu besoin de nous. Ce sont des petits formidables ! »

Le père de Jérémy grommela quelque chose d’incompréhensible. Il invita les mages qui avaient escortés les enfants à boire quelque chose à l’intérieur, mais leur soirée de travail n’était pas terminée ; ils déclinèrent tous, à part Richard qui accepta. Les enfants comprirent que le vieux magicien était venu de son propre chef. Il n’était pas obligé et, de plus, il était à la retraite. Cédric se demanda ce qu’il faisait là.

Jérémy paraissait soulagé que le vieux magicien reste avec eux, même s’il le trouvait un peu bizarre. Il ne semblait pas vouloir affronter son père sans un autre adulte en présence. Ils s’installèrent tous autour de la table de la cuisine qui s’agrandit pour tous les accueillir. Les quatre enfants s’assirent en silence, tête baissée en attendant l’orage qui menaçait de s’abattre sur eux.

Un silence lourd régnait sur la pièce tandis que le père de la famille Rivière servit un verre de spiritueux à Richard et un à lui-même. « Bon, est ce que je peux avoir plus d’informations ? S’enquit le père de Jérémy. Je sais qu’ils ne sont pas juste partis se promener, que je me suis fait un sang d’encre quand ils ont été en retard et que la section [trouver un nom de gens qui interviennent, de qui ça dépend, etc, milice ?] m’a informé que tous les enfants dont j’avais la responsabilité, plus leur amie, étaient partis se jeter dans les griffes du loup. »

Le vieux magicien pouffa dans son verre. « C’est un bon résumé oui, confirma-t-il. Mais je propose que nous demandions d’abord aux enfants leur résumé des faits. » Le père de Jérémy acquiesça. Après une concertation silencieuse, Cédric se dévoua pour raconter l’histoire de son point de vue. Valentine et Jérémy se chargèrent de compléter son récit et Stéphanie ajouta son grain de sel pour les éléments finaux. Monsieur Rivière se passa la main sur le visage à plusieurs reprises, lorsque l’histoire de Cédric abordait les moments où les quatre enfants avaient couru des risques.

A la fin, le père de Jérémy se leva, se rendit jusqu’à la fenêtre en se grattant la tête, dans une atmosphère silencieuse. Il expira longuement et se retourna vers Richard et les collégiens. S’efforçant de garder son calme, mais encore sous le coup de l’inquiétude, il déclara aux quatre amis : « Mais les enfants, vous êtes beaucoup trop jeunes pour vous occuper d’affaires aussi graves. Je sais bien que vous vous inquiétiez pour votre amie. Je le sais, et je comprends ! Sauf qu’il ne faut pas partir comme ça à la poursuite de criminels, c’est dangereux et c’est le travail de la [organisation blablabla]. »

Les quatre compères échangèrent des regards mais ne répondirent pas. Le père de Jérémy souffla en regardant le plafond. « Qu’est ce que j’aurais dit à vos parents s’il vous était arrivé quelque chose ?
– Je suis désolé, déclara Cédric. On avait pas pensé à ça.
– C’est bien pour ça que ce n’est pas aux enfants d’aller chasser les criminels, intervint Richard. Même pour une aussi bonne cause que d’aller sauver une amie. Ils retiendront la leçon pour la prochaine fois. Ils ont juste à promettre qu’ils ne recommenceront plus, n’est ce pas les enfants ? »

Les collégiens promirent, avec chaleur et en chœur. Le père de Jérémy eut du mal à s’empêcher de sourire. Tout était plus attendrissant une fois que l’on était assuré que tout le monde était à présent en sécurité. Plus de peur que de mal, comme lança Richard en demandant un autre verre. L’atmosphère s’allégea et monsieur Rivière s’occupa de faire réchauffer le repas du soir que les sœurs de Jérémy avaient bien entamé lors de leur dîner. Le vieux mage resta profiter de la nourriture.

Vers la fin du repas, Richard demanda aux enfants issus du monde sans magie combien de temps ils avaient prévu de rester chez leur ami à la ferme des animaux volants. Cédric lui expliqua qu’ils avaient convaincu leurs parents de rester jusqu’au samedi soir [à vérifier, si samedi soir ou week end entier]. Il ne précisa pas quels moyens ils avaient employé pour convaincre certains des parents. Le vieux mage acquiesça et les prévint que le lendemain, des employés du royaume viendraient prendre des dépositions et des témoignages.

Suite à cela, le père de Jérémy leur intima d’aller se coucher et ils obéirent aussitôt.

 

1529 pour le week end ^^ Petit score, mais ça valait le coup de perdre l’avance !

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