NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 13

Les trois agresseurs restant se précipitèrent sur l’étrange nouvelle-venue pour venger l’affront fait à leur compagnon. Aussi vive que l’éclair, l’écorchée se tourna vers le plus proche et lui administra un magistral coup de poing qui l’envoya instantanément rouler quelques mètres plus loin, inconscient. Valentin vit avec horreur les deux derniers arriver jusqu’à leur sauveuse hors du commun, couteaux tirés. Mais celle-ci leur faisait déjà face, la paume levée dans leur direction. Un éclair en jaillit qui heurta les deux derniers assaillants. Ils s’immobilisèrent un bref instant avant de tourner de l’œil. L’écorchée resta un moment sans bouger, avant d’attraper sa tête des deux mains en gémissant et de mettre un genou à terre.

La voyant en détresse, les deux amis quittèrent leur torpeur pour lui prêter assistance. Ils voulurent la soutenir, mais ils craignaient l’un et l’autre de lui faire mal s’ils touchaient ses plaies ouvertes. Valentin eut l’impression que leur sauveuse semblait moins blessée que lorsqu’elle était intervenue. Pendant que Béatrice ôtait sa propre veste pour en recouvrir l’étrange inconnue, le jeune homme essaya d’initier le dialogue : « Merci d’être intervenue, mais… Vous n’avez pas l’air bien ; mon amie et moi allons vous emmener à l’hôpital, d’accord ? » La blessée paraissait avoir perdu toute sa vitalité et avait désormais du mal à focaliser son regard doré sur un point précis. Elle laissa échapper des mots incompréhensibles, ce qui parut lui demander beaucoup d’énergie.

« Regarde ! Lança Béatrice à l’intention de son ami. On dirait qu’elle se régénère, non ? » Valentin regarda l’écorchée plus attentivement. Effectivement, ses plaies se refermaient peu à peu. « Je pense que ce n’est pas une très bonne idée de traîner ici, ajouta la jeune femme en jetant un coup d’œil appuyé aux quatre malfrats qui gisaient au sol. Emmenons-la vite. »

Ils la soutinrent tous les deux du mieux qu’ils purent, en prenant garde de ne pas lui faire mal à cause des écorchures. Elle les suivit machinalement, mais sa coordination motrice laissait parfois à désirer et elle trébuchait souvent. À chaque fois, le jeune homme lui demandait si elle allait bien et, à chaque fois, elle se contentait de lui répondre avec un sourire absent. Valentin se demandait si elle comprenait ce qu’il lui disait. Après avoir dépassé quelques pâtés de maison, Béatrice reprit : « On ne va peut-être pas avoir besoin de l’amener jusqu’aux urgences finalement. »

L’inconnue était presque entièrement guérie, mais paraissait toujours apathique. Elle secouait doucement la tête d’un côté et de l’autre, comme si elle essayait de se souvenir de quelque chose. Son étrange regard doré restait tout de même absent. « Je ne sais pas, hésita Valentin. Elle est presque guérie, mais elle n’a quand même pas l’air bien du tout…
– Ça, c’est vrai, convint Béatrice. Elle a l’air beaucoup plus perdue que lorsqu’elle est arrivée pour tabasser ces quatre là. Elle est peut-être en état de choc… vivement qu’on arrive. »

Quelques minutes plus tard, ils parvinrent au service des urgences de l’hôpital le plus proche. Pendant que Valentin expliquait ce qui l’amenait aux infirmières de garde, son amie installa leur sauveuse sur une chaise de la salle d’attente attenante. Quelques personnes patientaient déjà et leur jetèrent des regards curieux. « Est ce qu’on aurait pas quelque chose pour te couvrir ? » s’enquit Béatrice pour elle-même. En attendant que Valentin les rejoigne, elle s’assit en face de l’ancienne blessée pour lui demander :

« Ça va mieux ? » Son interlocutrice la fixa droit dans les yeux, sans répondre, mais sans se départir de son sourire. Elle se fit la réflexion que cette étrange inconnue n’avait pas l’air particulièrement gênée par sa nudité. De plus, elle paraissait avoir un peu récupéré ses esprits ; ses yeux étaient moins vides et inspectaient la pièce autour d’elle.

« J’espère que ça ira… » Valentin revenait avec une blouse d’hôpital. Il la déposa près de leur sauveuse, qui pencha la tête d’un air intrigué. « C’est pour toi, précisa le jeune homme. En attendant qu’on trouve mieux. » L’inconnue répondit avec un sourire, puis inspecta les habits apportés par le jeune homme. Ce faisant, la veste que lui avait prêté Béatrice glissa de ses épaules. Elle inspecta alors sa propre nudité, comme si elle découvrait seulement maintenant son manque d’apprêts. Elle pouffa de rire et prononça quelques phrases de manière volubile.

« Je suis désolé, s’excusa Valentin. Je ne comprends pas ce que vous dites.
– Moi non plus, renchérit Béatrice. Et je ne vois même pas de quelle langue il peut s’agir. Mais elle a l’air d’aller mieux ! »

L’inconnue lui sourit de nouveau et hocha affirmativement la tête. Elle se leva, la veste tombant totalement, et parut se concentrer tout en faisant un petit geste fluide. D’étranges vêtements (à décrire évidemment) firent leur apparition, couvrant le corps de la femme aux yeux dorés. Les deux thésards ne se montrèrent pas particulièrement surpris. Après tout, elle n’avait même pas de peau lorsqu’ils l’avaient rencontrée et maintenant elle allait très bien. De plus, les créatures magiques étaient le cœur de leur travail à l’un comme à l’autre : ils étaient habitués aux choses sortant de l’ordinaire. Il existait encore des personnes qui ne voulaient pas croire à la magie, malgré toutes les créatures étranges qui apparaissaient aux quatre coins du monde, mais tel n’était pas leur cas.

« Voilà qui est mieux ! se réjouit l’inconnue qui parlait avec la précaution de ceux qui n’étaient pas entièrement à l’aise avec la langue.
– Ce n’est peut-être pas très discret, commenta Béatrice par devers elle.
– Mais vous parlez notre langue ? s’étonna Valentin.
– Maintenant oui, confirma l’étrangère. Je ne connaissais pas cette langue, mais j’ai l’impression de l’avoir apprise plutôt vite !
– Vite ? Ça fait combien de temps que tu es ici ? s’enquit curieusement Béatrice.
– Oh, je m’étais réveillée depuis quelques minutes lorsque je vous ai rencontrés. »

La nouvelle venue intriguait beaucoup les deux amis. Ils avaient très envie de lui poser plein de questions et de l’étudier en détail, mais étant donné son état mental, ils décidèrent d’un accord tacite d’y aller en douceur. La femme aux yeux dorés s’assit de nouveau sur sa chaise et fronça les sourcils, comme si elle avait des difficultés à réfléchir.

« J’ai du mal à recoller les morceaux, avoua-t-elle. Mon cerveau est un peu embrumé…
– Tu dois être chamboulée par ce qui t’est arrivé, supposa Valentin. Quand nous t’avons vue, tu étais à moitié écorchée.
– Écorchée ? répéta l’étrangère.
– Oui, c’est sûr, tu vas beaucoup mieux maintenant, balbutia le jeune homme. Enfin bref… Comment tu t’appelles ?
– Déa, je crois. En tous cas, ça me dit quelque chose de m’entendre appeler ainsi. » Elle se racla la gorge. « J’ai soif. » Elle avait l’air étonnée.

Béatrice se leva et alla lui chercher un verre à une fontaine à eau, puis vint s’asseoir sur une chaise à côté de Déa, tandis que Valentin s’installait face à elles. « Je n’arrive pas à me souvenir, souffla la femme aux yeux dorés d’un air contrarié.
– De quoi ? demanda Béatrice.
– De rien, c’est bien le problème.
– Peut-être qu’on pourrait essayer de te poser quelques questions, suggéra Valentin à l’ancienne écorchée. Ça pourrait peut-être suffire à te rafraîchir la mémoire sur certaines choses. Après tout, ça a fonctionné pour ton prénom.
– Moui, lâcha Déa d’un air peu convaincu. D’accord, essayons.
– Chouette ! se réjouit Béatrice. Je commence ! »

Elle se frotta les mains et plongea ses yeux noisettes dans ceux de Déa. « Alors, commença l’amie de Valentin, d’où viens-tu ?
– De… Je ne sais pas, réalisa l’étrangère. De partout et de nulle part j’ai l’impression.
– Mmmh, commenta brièvement Béatrice. Et quelle était cette langue que tu parlais tout à l’heure ? Elle ne me rappelle rien que je connais.
– Vu le nombre de langues que tu connais, ce n’est pas étonnant. » la taquina son ami.

Tandis que Béatrice ripostait en jetant un paquet de mouchoirs en direction de la tête de Valentin, Déa prononça pensivement quelques mots dans la langue en question. Elle secoua la tête et déclara : « Je n’ai pas l’impression qu’il existe un mot dans votre langue pour la mienne… C’est bizarre, je ne comprends pas. »

Valentin ne saisissait pas ce que voulait dire la femme aux yeux dorés. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Les yeux dorés étaient-ils une manifestation des capacités surnaturelles de Déa ? Cette couleur n’existait pas naturellement, si ? L’amnésie de Déa était-elle temporaire ? Qu’avait-il pu lui arriver pour qu’elle soit apparue ainsi écorchée ? Quand pourrait-il le savoir ? Fallait-il l’emmener à la police après son passage à l’hôpital ? Tout se brouillait dans sa tête. Pendant ce temps, Béatrice avait continué de questionner la magicienne. Malheureusement, la femme aux yeux dorés n’avait pas grand chose à leur apprendre ; le peu dont elle se souvenait était confus.

Ils furent interrompus par une infirmière qui venait annoncer la prise en charge de Déa par un médecin. Valentin et Béatrice assurèrent à leur nouvelle amie qu’ils l’attendraient. « Elle est vraiment étonnante, déclara Béatrice une fois qu’ils se retrouvèrent entre eux.
– Je suis bien d’accord, approuva Valentin. J’ai parfois l’impression qu’elle lit dans mes pensées, mais je ne sais pas si c’est juste une impression ou pas.
– J’ai eu la même impression. À chaque fois qu’elle a l’air de chercher un mot, j’ai comme une présence qui s’insinue dans mon esprit.
– Tu penses qu’elle est télépathe ?
– Tout est possible… » éluda Béatrice.

Une sirène retentit à l’extérieur. Les deux amis échangèrent un regard incertain. Leur réflexe suivant fut d’attraper leurs téléphones à la recherche d’informations. « Personne ne doit sortir et ceux qui sont dehors doivent se diriger vers l’abri le plus proche, résuma le jeune homme.
– Ce n’est pas une alerte toxique, renchérit Béatrice, mais il n’y a pas trop d’indications sur ce que c’est.
– Il faudra certainement attendre les infos pour savoir, soupira-t-il. De toutes façons… » Un barrissement assourdissant retentit, l’empêchant de terminer sa phrase.

« Quoi encore ? lâcha Valentin avec nervosité.
– Ah, ça y est, je sais ce que c’est ! s’exclama son amie. C’est un dragon. »

 

1724 mots pour aujourd’hui. Le NaNo de l’année dernière était le plus brouillon de mes NaNos et celui-là est le plus étrange dans sa façon de s’écrire x) La séance d’aujourd’hui n’était que découpage et réécriture de trucs que j’avais déjà écrit dans un test précédent pour ce tome là. Je suis vraiment une NaNoRebelle pour cette année on dirait.

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