NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 15

(préciser à un moment qu’Ethelle se sent plus brave face à la Veuve-Noire parce qu’elle sait que son majordome est mort)

« Rendez-moi mon bien ! ordonna Arabella.
– Venez le chercher. »

Sur ces mots, mademoiselle Morton lui tourna dédaigneusement le dos et sortit de la pièce avec l’attaché-case de son père dans les bras. Elle entendit un cliquetis, en même temps que son pendentif s’éveillait, que [Bidulette] apparaissait et la poussait sur le côté. Un coup de feu retentit. Des éclats de bois chutèrent sur Ethelle, à genoux sur le parquet du corridor, qui serrait toujours très fort le bien de Charles Morton. Elle aperçut alors un trou creusé par une balle dans le lambris en face d’elle. Si sa protectrice n’était pas intervenue, Arabella l’aurait sans aucun doute tuée.

Horrifiée, elle tourna la tête, juste à temps pour voir [Bidulette] s’emparer du petit revolver que tenait la Veuve-Noire et le mettre en morceaux, sous le regard choqué de la tireuse. Une fois l’arme détruite, la jeune fille disparut aussi rapidement qu’elle était apparue. Les jambes flageolantes, Ethelle se releva avec peine. Livide et échevelée, elle pointa un doigt accusateur vers Arabella. « Meurtrière !
– Voleuse ! » rétorqua Arabella.

Elles se lancèrent dans un échange d’insultes bien peu convenant à leur rang, jusqu’à ce que les serviteurs et les servantes, alertés par le coup de feu, ne fassent irruption. Nicolas, inquiet lui aussi, s’approcha de la jeune femme rousse. « Que vous est-il arrivé ? lui demanda-t-il sur un ton tendu.
– Cette vieille chaudière à cervelas a essayé de m’assassiner ! glapit Ethelle.
– Cette v… répéta le jeune Merryweather éberlué. Comment ? »

Mademoiselle Morton, toujours agrippée à l’attaché-case de son père, lui désigna la balle dans le lambris et les morceaux du revolver sur le parquet. Le visage de Nicolas changea de couleur alors qu’il réalisait ce qu’il venait de se passer. « Comment avez-vous osé essayer de commettre un meurtre en ma maison ? s’emporta-t-il. Que l’on appelle la police et que l’on escorte cette femme en bas, là où elle ne pourra plus nuire en attendant leur arrivée ! » Après avoir donné d’autres ordres plus ou moins utiles pour évacuer sa frustration, il fit appeler madame Cartridge pour qu’elle examine Ethelle. Cette dernière essaya de l’en dissuader, car elle n’estimait pas avoir besoin de soin, n’ayant pas été blessée.

En attendant l’arrivée de la femme de médecine, Nicolas raccompagna la jeune femme rousse dans sa chambre. Il voulut la convaincre de s’étendre pour se reposer, mais Ethelle bouillait trop pour avoir envie de fermer les yeux. Elle prétexta l’envie de se retrouver un peu seule après toutes ces émotions et, une fois le jeune Merryweather parti, elle contempla un instant la mallette de son père. Elle la posa sur son secrétaire et s’assit devant. Après avoir pensivement caressé les lettres C et M gravées dans le cuir, elle l’ouvrit.

(et là, il faudrait que je sache ce qu’elle trouve…)

Ethelle en sortit quelques papiers et vieux dossiers du Parlement. Elle espéra pour les employés là-bas qu’il n’y avait rien d’important dans les documents qu’elle détenait. En les parcourant, elle ne parvint pas à déterminer leur degré d’importance. Elle supposa que le fameux secret se trouvait donc ailleurs, à moins que son père n’utilise des codes, mais elle en doutait ; elle supposait que si tel était le cas, il le lui aurait appris. En regardant plus au fond de la mallette, elle découvrit une boîte rutilante en bois d’acajou vernis, incrusté d’entrelacs brillants composés d’une matière qu’elle ne connaissait pas. La jeune femme sourit. Voilà qui ressemblait beaucoup plus à un secret qui amenait la bonne fortune.

Ethelle essaya d’ouvrir la boîte, mais n’y parvint pas. Elle l’examinait sous toutes les coutures lorsque quelqu’un frappa à la porte. La jeune femme rousse dissimula prestement l’objet mystérieux dans la mallette, se retourna vers l’entrée de la chambre et lança : « Entrez !
– Excusez-moi mademoiselle Morton, déclara la servante qui ouvrit la porte, mais vous ne pourrez pas être examinée aujourd’hui car madame Cartridge est occupée avec une urgence en ville.
– Une urgence ? Mais quelle urgence ? » s’enquit Ethelle.

Peu lui importait que la femme acariâtre ne vienne pas l’examiner – après tout elle n’était pas blessée – mais elle était intriguée par la nature de l’urgence en ville. Les nains étaient-ils ressortis de leur abri sous le menhir, semant le chaos sur leur passage ? Voilà ce qui l’intriguait. « Il y a encore eu une catastrophe en ville, expliqua la servante, mais je n’en sais pas plus. Je crois que la menace venait du lac cette fois, comme les monstres qui ont envahi le jardin hier. (c’était hier ? x) ) Mais je ne sais rien de plus.
– Très bien, dit Ethelle. Dans ce cas, vous pouvez disposer. »

La servante obtempéra et referma la porte. La jeune femme rousse se retourna aussitôt vers la mallette pour en sortir de nouveau la mystérieuse boîte. Elle s’empara pensivement de son camée, qui répondit en pulsant d’une lueur chaleureuse. « J’ai des questions à poser. » déclara Ethelle. En réponse, [Bidulette] apparut à côté d’elle, jetant un bref coup d’oeil à la boîte vernie. « Qu’est ce que cette boîte ? Peut-on l’ouvrir ?
– Cette boîte est un peu comme le pendentif, l’informa l’esprit du camée. Quelqu’un ou quelque chose a été enfermé à l’intérieur pour rendre des services.
– Enfermé ?
– Oui, moi aussi j’ai été enfermée dans le bijou pour protéger celles qui me portent. Je n’ai jamais demandé cela !
– Mais c’est affreux, s’horrifia Ethelle qui n’osait pas s’imaginer subir un sort similaire.
– Après plusieurs centaines d’années, j’ai fini par m’y faire, précisa [Bidulette] sur un ton où perçait une profonde mélancolie.
– Qui a pu te faire subir une chose pareille ? (vérifier ces histoires de tutoiement)
– Un puissant sorcier. Il ne voulait pas que j’épouse mon promis, parce qu’il voulait lui marier sa fille. Alors il m’a piégée dans ce collier pour m’éliminer et, au passage, que je lui serve de protectrice si elle devait être menacée. »

Ethelle hocha la tête. Elle avait déjà entendu des histoires similaires – la magie en moins – à propos de parents prêts à tout pour que leurs enfants fassent un bon mariage. C’était même quelque chose d’assez courant dans son milieu. « Quant à l’autre question, poursuivit [Bidulette], je doute que l’on puisse l’ouvrir à proprement parler. En revanche, il est possible de faire apparaître l’esprit de cette boîte. Il faut juste trouver le déclencheur.
– Comment trouve-t-on un déclencheur ? s’enquit Ethelle.
– Ah ça, voilà une question compliquée. Des fois il s’agit d’une formule, des fois il s’agit d’une situation donnée, des fois il s’agit d’un moment particulier. Le problème avec la magie, c’est que quelqu’un d’un peu créatif peut faire tout et n’importe quoi. »

Ethelle contempla pensivement la boîte aux entrelacs brillants. Elle était certaine de détenir le secret du succès de son père. Cela signifiait qu’il avait réussi à s’en servir et qu’elle avait peut-être la possibilité de faire de même. La jeune femme rousse se demanda si Arabella avait réussi à convoquer l’esprit de la boîte. Elle estimait qu’il y avait peu de chances, sinon pourquoi serait-elle restée dans son zeppelin inachevé au milieu d’un hangar abandonné sur les bord de la Conquise ? Si cet esprit menait au succès ou à la fortune, la Veuve-Noire aurait certainement retrouvé son train de vie grâce à lui.

Ethelle sourit. Son vol avait bien peu profité à Arabella Finley. La jeune femme, en revanche, comptait bien élucider le mystère de la boîte afin d’en profiter et de restaurer la gloire des Morton. Et puis, qui sait, peut-être arriverait-elle à amasser suffisamment de fonds pour aider Simon Derrington à financer ses recherches. Elle se leva, en même temps que [Bidulette] regagnait le camée, et réfléchit à un endroit où elle pourrait dissimuler la mallette de son père.

 

(changement de chapitre)

 

« Un petit dragon, précisa Béatrice, mais un dragon quand même. J’espère qu’ils vont réussir à le capturer vivant et à nous l’amener demain ! J’ai t… » Elle fut interrompue par une infirmière qui les mena près de Déa. La femme aux yeux dorés patientait en balançant ses jambes, assise sur un lit d’auscultation. En les voyant entrer, elle leur sourit.

« Bonsoir, leur lança le médecin sur un ton fatigué. Il semblerait que votre amie aille très bien physiquement. En revanche, elle a des soucis de mémoire, mais aucun test ne nous a permis d’en savoir plus pour le moment. » Il prescrivit ensuite d’autres tests à effectuer à partir du lendemain et les autorisa à prendre Déa en charge. Celle-ci paraissait impatiente de sortir et penchait souvent la tête sur le côté, comme si elle entendait quelque chose.

« Déa ? l’interpella Valentin alors qu’ils sortaient de la pièce. Tout va bien ? Tu as l’air un peu absente depuis un moment.
– Mmhmm… émit machinalement la femme aux yeux dorés. Il y a quelque chose ici.
– Quelque chose ? répéta Béatrice.
– Oui. »

Déa ne s’étendit pas en explication. Valentin vit que son amie rongeait son frein, curieuse qu’elle était. Elle prenait sur elle pour le moment, mais ce n’était qu’une question de temps : elle recommencerait bientôt à lui poser des questions. Il sourit par devers lui. Comment lui en vouloir ? Il se sentait au moins aussi curieux qu’elle. Ses pensées s’interrompirent lorsqu’il vit la femme aux yeux dorés se lever et quitter la salle d’attente. « Déa ? l’appela-t-il.
– Tu cherches quelque chose ? » continua Béatrice en se levant pour la rattraper. Valentin bondit à son tour de son siège pour suivre les deux femmes.

Celle aux yeux dorés continuait de marcher dans le couloir de l’hôpital sans leur répondre. « Déa, je ne pense pas que nous ayons le droit d’aller par là… » tenta le jeune homme, mais elle continuait de faire la sourde oreille. Elle s’arrêta tout aussi soudainement qu’elle s’était levée. « Déa… » reprit Béatrice à son tour, mais elle se tut en voyant un homme se dresser au bout du couloir, face à eux. Il avait noué une blouse médicale autour de sa taille, laissant à l’air libre son physique presque corpulent, et leur faisait face, sa mine affichant la stupeur à la vue de la femme aux yeux dorés qui lui faisait face.

Une porte du couloir s’ouvrit brusquement, interrompant le silence presque surréaliste. Une adolescente sortit, gémissant de douleur, titubant sous l’effet d’un calmant quelconque. L’homme attrapa lestement la jeune fille et posa sa main sur sa tête. Surprise, l’adolescente ne songea même pas à se débattre. Une douce lueur orangée nimba la main et se propagea le long du corps de la jeune fille, s’arrêtant au niveau du ventre. Là, la lueur orangée se fit plus forte et l’homme ferma les yeux, l’air concentré. L’opération ne prit pas plus d’une poignée de secondes. Lorsque la lumière orangée disparut, l’adolescente était endormie.

L’homme se redressa, la portant jusqu’à la chambre qu’elle venait de quitter. Il en ressortit presque aussitôt, referma soigneusement la porte, et s’approcha de Déa. Celle-ci ne bougea pas et ses deux accompagnateurs ne savaient pas comment ils devaient réagir. L’inconnu prit le visage de Déa dans ses mains et posa son front sur le sien. Les mains se nimbèrent de nouveau de la douce lueur orangée, ainsi que la tête de la femme aux yeux dorés. Cette fois, l’opération prit un peu plus de temps, à la grande nervosité de Valentin et Béatrice.

Ils frissonnèrent. La lueur orangée disparut progressivement et l’homme fit un pas en arrière. Il prononça quelques mots d’une voix profonde et sur une intonation interrogative, mais ni Valentin, ni Béatrice ne comprirent sa question. Déa hocha affirmativement la tête en réponse, puis se tourna vers les deux amis. Elle souriait. « Je suis guérie ! se réjouit-elle. Je savais bien que je connaissais un bon médecin.
– Euh, oui d’accord… balbutia Valentin.
– On devrait peut-être s’en aller, du coup, non ? suggéra Béatrice. Déa n’a plus besoin de soins et son ami se balade en petite tenue dans les couloirs de l’hôpital… »

 

2023 mots, mais avec de la triche après 1500-1600 mots ! J’ai un peu plus d’un jour de retard, mais je m’accroche ^^

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