NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 15

(préciser à un moment qu’Ethelle se sent plus brave face à la Veuve-Noire parce qu’elle sait que son majordome est mort)

« Rendez-moi mon bien ! ordonna Arabella.
– Venez le chercher. »

Sur ces mots, mademoiselle Morton lui tourna dédaigneusement le dos et sortit de la pièce avec l’attaché-case de son père dans les bras. Elle entendit un cliquetis, en même temps que son pendentif s’éveillait, que [Bidulette] apparaissait et la poussait sur le côté. Un coup de feu retentit. Des éclats de bois chutèrent sur Ethelle, à genoux sur le parquet du corridor, qui serrait toujours très fort le bien de Charles Morton. Elle aperçut alors un trou creusé par une balle dans le lambris en face d’elle. Si sa protectrice n’était pas intervenue, Arabella l’aurait sans aucun doute tuée.

Horrifiée, elle tourna la tête, juste à temps pour voir [Bidulette] s’emparer du petit revolver que tenait la Veuve-Noire et le mettre en morceaux, sous le regard choqué de la tireuse. Une fois l’arme détruite, la jeune fille disparut aussi rapidement qu’elle était apparue. Les jambes flageolantes, Ethelle se releva avec peine. Livide et échevelée, elle pointa un doigt accusateur vers Arabella. « Meurtrière !
– Voleuse ! » rétorqua Arabella.

Elles se lancèrent dans un échange d’insultes bien peu convenant à leur rang, jusqu’à ce que les serviteurs et les servantes, alertés par le coup de feu, ne fassent irruption. Nicolas, inquiet lui aussi, s’approcha de la jeune femme rousse. « Que vous est-il arrivé ? lui demanda-t-il sur un ton tendu.
– Cette vieille chaudière à cervelas a essayé de m’assassiner ! glapit Ethelle.
– Cette v… répéta le jeune Merryweather éberlué. Comment ? »

Mademoiselle Morton, toujours agrippée à l’attaché-case de son père, lui désigna la balle dans le lambris et les morceaux du revolver sur le parquet. Le visage de Nicolas changea de couleur alors qu’il réalisait ce qu’il venait de se passer. « Comment avez-vous osé essayer de commettre un meurtre en ma maison ? s’emporta-t-il. Que l’on appelle la police et que l’on escorte cette femme en bas, là où elle ne pourra plus nuire en attendant leur arrivée ! » Après avoir donné d’autres ordres plus ou moins utiles pour évacuer sa frustration, il fit appeler madame Cartridge pour qu’elle examine Ethelle. Cette dernière essaya de l’en dissuader, car elle n’estimait pas avoir besoin de soin, n’ayant pas été blessée.

En attendant l’arrivée de la femme de médecine, Nicolas raccompagna la jeune femme rousse dans sa chambre. Il voulut la convaincre de s’étendre pour se reposer, mais Ethelle bouillait trop pour avoir envie de fermer les yeux. Elle prétexta l’envie de se retrouver un peu seule après toutes ces émotions et, une fois le jeune Merryweather parti, elle contempla un instant la mallette de son père. Elle la posa sur son secrétaire et s’assit devant. Après avoir pensivement caressé les lettres C et M gravées dans le cuir, elle l’ouvrit.

(et là, il faudrait que je sache ce qu’elle trouve…)

Ethelle en sortit quelques papiers et vieux dossiers du Parlement. Elle espéra pour les employés là-bas qu’il n’y avait rien d’important dans les documents qu’elle détenait. En les parcourant, elle ne parvint pas à déterminer leur degré d’importance. Elle supposa que le fameux secret se trouvait donc ailleurs, à moins que son père n’utilise des codes, mais elle en doutait ; elle supposait que si tel était le cas, il le lui aurait appris. En regardant plus au fond de la mallette, elle découvrit une boîte rutilante en bois d’acajou vernis, incrusté d’entrelacs brillants composés d’une matière qu’elle ne connaissait pas. La jeune femme sourit. Voilà qui ressemblait beaucoup plus à un secret qui amenait la bonne fortune.

Ethelle essaya d’ouvrir la boîte, mais n’y parvint pas. Elle l’examinait sous toutes les coutures lorsque quelqu’un frappa à la porte. La jeune femme rousse dissimula prestement l’objet mystérieux dans la mallette, se retourna vers l’entrée de la chambre et lança : « Entrez !
– Excusez-moi mademoiselle Morton, déclara la servante qui ouvrit la porte, mais vous ne pourrez pas être examinée aujourd’hui car madame Cartridge est occupée avec une urgence en ville.
– Une urgence ? Mais quelle urgence ? » s’enquit Ethelle.

Peu lui importait que la femme acariâtre ne vienne pas l’examiner – après tout elle n’était pas blessée – mais elle était intriguée par la nature de l’urgence en ville. Les nains étaient-ils ressortis de leur abri sous le menhir, semant le chaos sur leur passage ? Voilà ce qui l’intriguait. « Il y a encore eu une catastrophe en ville, expliqua la servante, mais je n’en sais pas plus. Je crois que la menace venait du lac cette fois, comme les monstres qui ont envahi le jardin hier. (c’était hier ? x) ) Mais je ne sais rien de plus.
– Très bien, dit Ethelle. Dans ce cas, vous pouvez disposer. »

La servante obtempéra et referma la porte. La jeune femme rousse se retourna aussitôt vers la mallette pour en sortir de nouveau la mystérieuse boîte. Elle s’empara pensivement de son camée, qui répondit en pulsant d’une lueur chaleureuse. « J’ai des questions à poser. » déclara Ethelle. En réponse, [Bidulette] apparut à côté d’elle, jetant un bref coup d’oeil à la boîte vernie. « Qu’est ce que cette boîte ? Peut-on l’ouvrir ?
– Cette boîte est un peu comme le pendentif, l’informa l’esprit du camée. Quelqu’un ou quelque chose a été enfermé à l’intérieur pour rendre des services.
– Enfermé ?
– Oui, moi aussi j’ai été enfermée dans le bijou pour protéger celles qui me portent. Je n’ai jamais demandé cela !
– Mais c’est affreux, s’horrifia Ethelle qui n’osait pas s’imaginer subir un sort similaire.
– Après plusieurs centaines d’années, j’ai fini par m’y faire, précisa [Bidulette] sur un ton où perçait une profonde mélancolie.
– Qui a pu te faire subir une chose pareille ? (vérifier ces histoires de tutoiement)
– Un puissant sorcier. Il ne voulait pas que j’épouse mon promis, parce qu’il voulait lui marier sa fille. Alors il m’a piégée dans ce collier pour m’éliminer et, au passage, que je lui serve de protectrice si elle devait être menacée. »

Ethelle hocha la tête. Elle avait déjà entendu des histoires similaires – la magie en moins – à propos de parents prêts à tout pour que leurs enfants fassent un bon mariage. C’était même quelque chose d’assez courant dans son milieu. « Quant à l’autre question, poursuivit [Bidulette], je doute que l’on puisse l’ouvrir à proprement parler. En revanche, il est possible de faire apparaître l’esprit de cette boîte. Il faut juste trouver le déclencheur.
– Comment trouve-t-on un déclencheur ? s’enquit Ethelle.
– Ah ça, voilà une question compliquée. Des fois il s’agit d’une formule, des fois il s’agit d’une situation donnée, des fois il s’agit d’un moment particulier. Le problème avec la magie, c’est que quelqu’un d’un peu créatif peut faire tout et n’importe quoi. »

Ethelle contempla pensivement la boîte aux entrelacs brillants. Elle était certaine de détenir le secret du succès de son père. Cela signifiait qu’il avait réussi à s’en servir et qu’elle avait peut-être la possibilité de faire de même. La jeune femme rousse se demanda si Arabella avait réussi à convoquer l’esprit de la boîte. Elle estimait qu’il y avait peu de chances, sinon pourquoi serait-elle restée dans son zeppelin inachevé au milieu d’un hangar abandonné sur les bord de la Conquise ? Si cet esprit menait au succès ou à la fortune, la Veuve-Noire aurait certainement retrouvé son train de vie grâce à lui.

Ethelle sourit. Son vol avait bien peu profité à Arabella Finley. La jeune femme, en revanche, comptait bien élucider le mystère de la boîte afin d’en profiter et de restaurer la gloire des Morton. Et puis, qui sait, peut-être arriverait-elle à amasser suffisamment de fonds pour aider Simon Derrington à financer ses recherches. Elle se leva, en même temps que [Bidulette] regagnait le camée, et réfléchit à un endroit où elle pourrait dissimuler la mallette de son père.

 

(changement de chapitre)

 

« Un petit dragon, précisa Béatrice, mais un dragon quand même. J’espère qu’ils vont réussir à le capturer vivant et à nous l’amener demain ! J’ai t… » Elle fut interrompue par une infirmière qui les mena près de Déa. La femme aux yeux dorés patientait en balançant ses jambes, assise sur un lit d’auscultation. En les voyant entrer, elle leur sourit.

« Bonsoir, leur lança le médecin sur un ton fatigué. Il semblerait que votre amie aille très bien physiquement. En revanche, elle a des soucis de mémoire, mais aucun test ne nous a permis d’en savoir plus pour le moment. » Il prescrivit ensuite d’autres tests à effectuer à partir du lendemain et les autorisa à prendre Déa en charge. Celle-ci paraissait impatiente de sortir et penchait souvent la tête sur le côté, comme si elle entendait quelque chose.

« Déa ? l’interpella Valentin alors qu’ils sortaient de la pièce. Tout va bien ? Tu as l’air un peu absente depuis un moment.
– Mmhmm… émit machinalement la femme aux yeux dorés. Il y a quelque chose ici.
– Quelque chose ? répéta Béatrice.
– Oui. »

Déa ne s’étendit pas en explication. Valentin vit que son amie rongeait son frein, curieuse qu’elle était. Elle prenait sur elle pour le moment, mais ce n’était qu’une question de temps : elle recommencerait bientôt à lui poser des questions. Il sourit par devers lui. Comment lui en vouloir ? Il se sentait au moins aussi curieux qu’elle. Ses pensées s’interrompirent lorsqu’il vit la femme aux yeux dorés se lever et quitter la salle d’attente. « Déa ? l’appela-t-il.
– Tu cherches quelque chose ? » continua Béatrice en se levant pour la rattraper. Valentin bondit à son tour de son siège pour suivre les deux femmes.

Celle aux yeux dorés continuait de marcher dans le couloir de l’hôpital sans leur répondre. « Déa, je ne pense pas que nous ayons le droit d’aller par là… » tenta le jeune homme, mais elle continuait de faire la sourde oreille. Elle s’arrêta tout aussi soudainement qu’elle s’était levée. « Déa… » reprit Béatrice à son tour, mais elle se tut en voyant un homme se dresser au bout du couloir, face à eux. Il avait noué une blouse médicale autour de sa taille, laissant à l’air libre son physique presque corpulent, et leur faisait face, sa mine affichant la stupeur à la vue de la femme aux yeux dorés qui lui faisait face.

Une porte du couloir s’ouvrit brusquement, interrompant le silence presque surréaliste. Une adolescente sortit, gémissant de douleur, titubant sous l’effet d’un calmant quelconque. L’homme attrapa lestement la jeune fille et posa sa main sur sa tête. Surprise, l’adolescente ne songea même pas à se débattre. Une douce lueur orangée nimba la main et se propagea le long du corps de la jeune fille, s’arrêtant au niveau du ventre. Là, la lueur orangée se fit plus forte et l’homme ferma les yeux, l’air concentré. L’opération ne prit pas plus d’une poignée de secondes. Lorsque la lumière orangée disparut, l’adolescente était endormie.

L’homme se redressa, la portant jusqu’à la chambre qu’elle venait de quitter. Il en ressortit presque aussitôt, referma soigneusement la porte, et s’approcha de Déa. Celle-ci ne bougea pas et ses deux accompagnateurs ne savaient pas comment ils devaient réagir. L’inconnu prit le visage de Déa dans ses mains et posa son front sur le sien. Les mains se nimbèrent de nouveau de la douce lueur orangée, ainsi que la tête de la femme aux yeux dorés. Cette fois, l’opération prit un peu plus de temps, à la grande nervosité de Valentin et Béatrice.

Ils frissonnèrent. La lueur orangée disparut progressivement et l’homme fit un pas en arrière. Il prononça quelques mots d’une voix profonde et sur une intonation interrogative, mais ni Valentin, ni Béatrice ne comprirent sa question. Déa hocha affirmativement la tête en réponse, puis se tourna vers les deux amis. Elle souriait. « Je suis guérie ! se réjouit-elle. Je savais bien que je connaissais un bon médecin.
– Euh, oui d’accord… balbutia Valentin.
– On devrait peut-être s’en aller, du coup, non ? suggéra Béatrice. Déa n’a plus besoin de soins et son ami se balade en petite tenue dans les couloirs de l’hôpital… »

 

2023 mots, mais avec de la triche après 1500-1600 mots ! J’ai un peu plus d’un jour de retard, mais je m’accroche ^^

NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 14

Bon, c’est très court aujourd’hui, mais je le mets quand même :

(changement de chapitre)

Après s’être faite violence pour continuer à faire perdre du temps à Arabella sans mentionner l’attaché-case de son père posé sur le bureau, Ethelle n’y tint plus. Espérant que Clay et les autres avaient eu le temps de s’en aller, elle se dirigea à grands pas vers son bien et s’en saisit. « Comment avez-vous obtenu ceci ? demanda-t-elle en faisant de grands efforts pour rester calme.
– Je l’ai emprunté, répondit la Veuve-Noire.
– A qui ?
– J’ai ma petite idée, mais rien de certain. Après tout, je ne l’ai emprunté que par procuration.
– Comment ça par procuration ?
– C’est une de mes araignées qui me l’a apporté, expliqua Arabella avec un sourire mauvais. Je dois dire que le secret que cette serviette renferme m’a bien rendu service. Je pensais que je ne remercierai jamais assez Clay pour cette trouvaille ! Du moins, jusqu’à ce qu’il devienne un déserteur. »

Ethelle s’apprêta à s’emporter, mais se retint de justesse. Pour ce qu’elle en savait, Arabella lui mentait juste pour la mettre en colère. Cela était d’une efficacité redoutable ; la jeune femme rousse luttait de toutes ses forces contre le raz-de-marée d’énervement qui menaçait de la submerger. Elle ferait mieux d’en discuter avec Clay, même si elle lui en voulait déjà. Son regard se posant sur l’attaché-case de son père, elle s’en empara. « Je vais récupérer ceci, décréta-t-elle. Après tout, j’en suis la légitime héritière.
– Je ne vous laisserai pas m’enlever ce bien qui m’appartient à présent, vociféra mademoiselle Finley.
– Et comment comptez-vous m’en empêcher ? la railla Ethelle. Gregory a disparu, vous n’avez plus de recours.
– Je ne me montrerais pas si sûre si j’étais vous, espèce de petite insolente !
– Nous verrons bien dans ce cas. » conclut dédaigneusement mademoiselle Morton.

 

301 mots pour aujourd’hui. Quand ça veut pas, ça veut pas.

NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 12

– Je ne l’ai pas caché délibérément, se justifia Ethelle. Tant de choses se sont passées depuis que j’ai quitté Eastlond qu’Arabella Finley m’était totalement sortie de l’esprit. Elle ne m’est revenue en tête que lorsque je l’ai vue à la soirée.
– Et pourquoi ne pas m’en avoir parlé alors ?
– Parce que… et bien je ne tenais pas à vous importuner avec mes mésententes vis à vis de mademoiselle Finley. »

Ethelle espérait que cette excuse suffirait, car elle n’avait aucune idée de quelle réponse plus satisfaisante elle aurait pu fournir. Nicolas ne paraissait pas ravi, mais il fit l’effort de repousser sa mauvaise humeur et offrit un sourire à la jeune femme rousse. Il s’approcha, s’agenouilla près d’elle et prit sa main entre les deux siennes. Ceci fait, il lui déclara d’une voix douce : « Dorénavant, n’hésitez plus à me faire part de vos soucis. Je ferai de mon mieux pour vous soutenir. »

La jeune femme lui adressa un gracieux sourire et le remercia chaleureusement. L’héritier des Merryweather retourna à sa place initiale et soupira. « Bien sûr, maintenant nous avons juste à attendre qu’elle décide de s’en retourner chez elle.
– Elle n’a pas vraiment de chez-elle, précisa Ethelle. Elle a établi son repaire dans un aéronef abandonné.
– Vraiment ? s’étonna Nicolas. Voilà qui est curieux. J’espère qu’elle ne décidera pas de rester ici en tant qu’invitée permanente.
– Il se peut que si, intervint Clay. Elle doit attendre des nouvelles de son majordome, l’homme que vous dites avoir arrêté avec votre pistolet et que Tina a… euh, et bien tué.
– Je suppose que ce majordome en question a dû lui envoyer un message de Lancy, ajouta Simon qui n’avait pas encore donné son avis. Sinon, elle ne serait pas ici.
– Elle a dit qu’elle avait été conviée par Heather Merryweather, précisa Ethelle.
– Ce qui n’est pas incompatible ! » dit le professeur Derrington avec un clin d’oeil.

Suite à cette conversation, Nicolas envoya Henry vérifier si Arabella Finley se trouvait toujours dans le manoir. En attendant le retour du majordome, Simon prit l’initiative de narrer leur rencontre avec Tina, leurs aventures dans la bibliothèque et l’incroyable rencontre de Chaahk, ponctué par les remarques de Clay. Ethelle eut du mal à le croire lorsque l’archéologue le lui présenta comme un dieu ancien qui s’était réveillé d’un long sommeil dans la bibliothèque ensevelie et millénaire. Elle plongea son regard dans les yeux vert éclatants de l’homme et cela suffit pour la convaincre sur le moment.

Contrairement au professeur Derrington, Chaahk n’était pas bavard. Ethelle subodorait que ce n’était pas juste parce qu’il ne connaissait pas la langue. Il paraissait plutôt du genre à parler avec parcimonie. De plus, elle ne croyait pas du tout Simon lorsqu’il expliquait que Chaahk ne connaissait pas leur langue : le dieu paraissait écouter attentivement toute leur conversation. En constatant qu’elle le fixait, il lui adressa un bref signe de tête. Tandis que Simon s’appesantissait concernant le dieu, Tina prit le relais de Clay pour ponctuer le récit de l’archéologue.

Ils n’avaient pas encore terminé de détailler les faits et gestes de Chaahk – qui s’était modestement tourné vers la fenêtre en faisant mine de contempler le paysage – lorsqu’Henry revint, pour les informer platement qu’Arabella Finley séjournait toujours dans le manoir et qu’il ne semblait y avoir aucun préparatif annonçant son départ prochain. Clay et Tina s’entre regardèrent, inquiets. Ethelle partageait leur inquiétude. Même si Gregory n’était plus, la Veuve-Noire devait avoir d’autres tours d’araignée dans son sac.

« Pour ma part, elle sait déjà que je suis là, déclara la jeune femme rousse. Vous, en revanche, vous devriez tâcher de vous éclipser. Vous n’auriez jamais dû venir ici, c’est trop dangereux et votre travail à la bibliothèque est trop important : les créatures magiques pullulent à présent et causent de nombreux accidents.
– Clay s’inquiétait pour toi, expliqua Tina. Alors il voulait absolument vérifier que tu allais bien. C’est lui qui nous a tous traînés jusqu’ici. »

Tous les regards se tournèrent vers l’ancien Faucheux, qui rosit légèrement. « Peu importe, balaya-t-il vivement. Maintenant que nous sommes là et que nous avons vu que tout allait bien, nous pouvons réfléchir à un moyen de partir d’ici.
– Ce n’est pas très difficile, déclara Ethelle. Je vais aller discuter avec elle, pour vous laisser le temps de filer.
– Tu… balbutia Clay. Vous ne repartez pas avec nous ?
– Non, j’ai réussi à glaner quelques éléments qui pourraient expliquer la mort de mon père. Je ne peux pas m’arrêter en si bon chemin et partir.
– Vraiment ? s’enthousiasma Simon. Je suis heureux de savoir que vous avancez dans la résolution de cette terrible affaire. J’espère que vous en verrez bientôt le dénouement ! »

Ethelle le remercia avec chaleur. « Bien, je vais aller converser avec notre amie l’araignée. J’ai été très heureuse de vous revoir, même si ce fut bref. Monsieur Chaahk, j’ai été heureuse de vous rencontrer. » L’homme aux longs cheveux noirs s’inclina et la gratifia de l’un de ses rares sourires. Après les derniers au-revoirs, mademoiselle quitta le petit salon pour trouver Arabella Finley.

Henry l’escorta et l’annonça, avant de la laisser seule en présence de la Veuve-Noire. Cette dernière avait encore revêtu une longue robe noire qui soulignait la filiformité (trouver le vrai mot) de son corps. Un petit collet blanc renforçait la rigidité de son aspect général. A la lumière du jour, Ethelle pouvait remarquer que le teint d’Arabella était très pâle, presque maladif. Elle supposa que c’était dû au manque de lumière de sa vie dans la nacelle de l’aérostat inachevé.

« Je suis surprise de vous voir ici, lâcha l’héritière de Jeremiah Finley.
– Au moins autant que je l’étais en vous voyant arriver à la réception organisée par Heather Merryweather, j’imagine, rétorqua Ethelle. J’exige de savoir pourquoi vous êtes venue !
– Parce que j’ai appris qu’il s’agissait d’une réunion des personnes qui estimaient que la chute de l’entreprise de mon oncle n’était pas dûe à votre père. Je suis donc venue voir par moi-même ce qu’ils en pensaient.
– Je suppose que vous leur avez fait part de votre théorie impliquant des dragons, poursuivit mademoiselle Morton.
– Tout à fait et ils y ont été très réceptifs, contrairement à ce que vous semblez croire. Je vous trouve bien dédaigneuse. Peut-être êtes-vous de mauvaise humeur ? Serait-il arrivé quelque chose à votre ami Clay ?
– Qui ? Votre sbire qui a déserté ? Comment le saurais-je ? Vous me paraissez avoir des soucis avec votre toile, madame la Veuve-Noire. Auriez-vous perdu un élément crucial de votre organisation ?
– Que savez-vous à propos de Grégory ? » siffla Arabella en plissant les yeux.

Ethelle sourit intérieurement : en réussissant à irriter la Veuve-Noire, elle aurait plus de facilité à diriger la conversation. « A vous voir ainsi en colère, j’en déduis que j’ai raison, triompha la jeune femme rousse. Après avoir commis un crime aussi grave qu’une tentative d’assassinat, il a peut-être été condamné à la peine capitale. Cela expliquerait que vous n’ayez pas de ses nouvelles… Comment allez-vous donc faire sans son précieux soutien ? Je me le demande.
– Petite insolente ! cracha Arabella. Comment osez-vous me provoquer ainsi ? Vous êtes aussi retorse que votre père et vous finirez comme lui !
– Tuée par une banshee si je me souviens bien de vos dires ? railla Ethelle.
– Vous n’êtes qu’une idiote : la banshee n’annonçait que sa mort. »

Alors que la Veuve-Noire continuait son explication sur les fonctions d’une banshee, la jeune femme rousse regardait autour d’elle. Mademoiselle Finley n’avait pas apporté beaucoup de bagages. Une fillette d’une dizaine d’années était recroquevillée dans un coin, terrorisée par la dispute. Sur le petit bureau trônait un attaché-case en cuir fatigué. L’objet attira le regard d’Ethelle tant il lui semblait familier.

Et, pour cause, les lettres C.M. étaient gravées en grand sur le rabat.

 

(changement de chapitre)

 

Béatrice vient de me proposer une soirée pizzas. En voilà une bonne idée ! C’est une perspective beaucoup plus réjouissante que le lait entamé du frigo et la conserve. Je ne savais pas trop quoi faire de ma râleuse de fée en partant. J’ai réalisé que c’était une vraie râleuse tout à l’heure, quand elle s’est mise coup sur coup à ronchonner quand j’ai arrêté de lui gratouiller la tête et lorsque Béatrice est apparue sur l’hologramme téléphonique.
Je l’ai laissée hors de sa cage, en espérant qu’elle ne mette pas trop le bazar. J’ai aussi laissé la fenêtre ouverte. Je me dis que c’est mieux qu’elle choisisse si elle préfère rester avec moi ou s’envoler pour retrouver les autres fées. Je verrai bien si elle est toujours là quand je rentrerai…

“INTERRUPTION : MESSAGE URGENT CENTRALE D’APPARTEMENT :
Les capteurs ont détecté une fenêtre ouverte pendant votre absence. Voulez-vous que la Centrale se charge de la fermer ?

NON

Préférence enregistrée. La Centrale vous posera de nouveau la question en cas d’intempéries.”

Il fait plutôt doux ce soir d’ailleurs. Je proposerai peut-être à Béatrice de faire une promenade après la pizza.

 

Le plus grand parc de la ville se trouvait au bout de la rue où habitait Béatrice. Leur discussion se fit plus légère au fur et à mesure de leur promenade. Ils furent très déçus lorsque les drones du parc se mirent à informer les visiteurs qu’ils devaient se diriger vers les sorties les plus proches, car le parc allait fermer pour la nuit. Les jeunes gens obéirent et sortirent de l’enceinte. Malheureusement, ils étaient sortis loin de chez eux. Ils entreprirent donc de rentrer par la ville. La nuit était noire à présent, mais l’éclairage citadin avait pris le relais.

Valentin et Béatrice se sentaient légèrement euphoriques après leur bol d’air et leurs plaisanteries. Marchant dans la rue bras dessus, bras dessous, ils rivalisaient de mots d’esprit peu recherchés qui les faisaient glousser. Occupés qu’ils étaient, les jeunes gens ne remarquèrent pas les deux individus louches qui se plaçaient derrière eux, tandis que deux autres venaient à leur rencontre.

« Alors le p’tit couple, il passe une bonne soirée ? S’enquit l’un des quatre.
– Bonsoir… Émit Valentin en prenant conscience du danger.
– Si vous voulez continuer de passer une bonne soirée, reprit le malfrat, il va falloir nous donner tout ce que vous avez qui a d’la valeur.
– Rien que de vous avoir rencontrés nous fait passer une mauvaise soirée, alors bon… » Ne pût s’empêcher de lâcher Béatrice.

L’un de ceux qui se tenait derrière plaqua brutalement la jeune femme contre le mur de l’immeuble voisin. « Quesstadi ? » S’emporta-t-il, une main autour du cou de sa proie qui émit un geignement tant surpris qu’étouffé. « Fais gaffe à c’que tu dis ! La prévint-il d’un ton énervé.
– Calmons-nous, tenta de tempérer Valentin.
– C’est un nerveux, expliqua doucereusement le premier malfrat qui paraissait être la tête pensante du groupe. Alors dépêchez-vous de nous donner tout c’que vous avez avant qu’il s’énerve. »

Alors que le jeune homme, ne voyant pas trop quoi faire d’autre et craignant pour son amie, s’apprêtait à obtempérer, l’atmosphère changea subitement. Une fine brise nocturne les effleura tous, suivie d’un infime instant de calme intense. Puis l’agresseur de Béatrice se retrouva violemment attiré en arrière et propulsé sur un poteau qui lui coupa le souffle. La jeune femme faisait désormais face à sa sauveuse, entièrement nue et à moitié écorchée. De la lymphe et du sang s’écoulaient des plaies. Béatrice aurait voulu crier face à cette vision d’horreur, mais rien ne sortit de sa bouche.

 

1927 mots pour aujourd’hui, mais je l’avoue : j’ai trichouillé en rajoutant un petit bout de texte que j’avais déjà écrit avant.

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 10

Tina les mena jusqu’à un ensemble de stockage souterrain un peu moins souterrain et un peu moins humide que le reste, car situé un peu plus loin du bord du fleuve et quasiment en rez de chaussée. L’endroit était immense et très haut de plafond. Une rainure au milieu de celui-ci et de lourds ensembles mécaniques indiquaient qu’il pouvait s’ouvrir. De fait, la plus grande partie de l’endroit était occupée par une nacelle d’aérostat inachevée. Ethelle arrondit ses yeux de surprise : les Faucheux avaient installé leur quartier général au sein de la nacelle qui, bien qu’incomplète, était pratiquement terminée. La jeune femme se souvenait de cette production d’AérosTech, qui devait être dédiée aux croisières. Cela avait fait la une des journaux, tant le projet avait été ambitieux. Son père ayant été un ami du directeur de l’entreprise, il était même prévu qu’il fasse partie du voyage d’inauguration, en compagnie de sa fille.

Malheureusement le zeppelin de croisière précédent, Titania, avait eu un accident. Le monde avait été choqué d’apprendre la chute de Titania, dans la cordillère des Colosses. Les rares survivants, après l’incendie de la poche de gaz et la chute de la nacelle, avaient parlé d’une montagne mouvante qui avait percuté et déchiré le flanc du ballon. Tout le monde avait attribué ces vagues visions au choc subi par les passagers qui avaient frôlé la mort. Personne n’avait réussi à déterminer ce qui avait causé la chute de l’aérostat. Suite à cette petite catastrophe – l’accident avait causé la mort d’un ministre et de plusieurs autres personnes aux familles influentes – AérosTech avait vu son chiffre d’affaire baisser, de même que la fréquentation des zeppelins utilitaires de leur compagnie aérienne. Les dirigeants de l’entreprise pensaient pouvoir redresser le cap, mais ils firent faillite peu de temps après. En avait résulté, entre autre, l’abandon de leur partie des entrepôts du long de la Conquise.

Ceux-ci avaient rapidement été réhabilités par les Faucheux, de ce que pouvait en constater Ethelle. Pour des maraudeurs, ils devaient être bien installés dans cette nacelle qui avait pour but d’être un exemple en terme de luxe. La jeune femme devait avouer qu’elle trouvait qu’ils avaient eu une bonne idée et se morigéna de ne pas avoir pensé plus tôt à un abri de ce type. Malgré leur accointance arachnéenne, elle commençait à apprécier les idées de ces personnes. Elle se voyait même plutôt bien loger dans la nacelle inachevée, même si ce devait être une solution temporaire. En jetant un coup d’oeil de côté, elle réalisa que Tina était en train de l’observer, un petit sourire supérieur en coin. L’adolescente était visiblement ravie de constater qu’Ethelle était impressionnée par l’antre de la veuve noire.

Elles n’eurent pas le temps de se crêper le chignon. D’autres Faucheux sortirent de la nacelle et les emmenèrent au sein de l’édifice. Ils les entraînèrent dans ce qui devait originellement être un salon de réception. Ethelle se demanda où ils avaient trouvé le mobilier. En effet, celui-ci ne déparait pas du luxe recherché par les constructeurs de la nacelle. Peut-être que les Faucheux avaient trouvé d’autres entrepôts de mobilier dédiés aux aérostats pour meubler leur nacelle. Ils avaient également trouvé des lampes à huile qui éclairaient les pièces de douces lumières orangées. Une femme, dans la trentaine, trônait à une petite table de salon de thé, confortablement installée dans un fauteuil encore plus fastueux que celui du Parlement, où la rouquine s’était assise quelques heures auparavant. Elle était vêtue d’une robe noire d’excellente qualité assortie à ses cheveux de jais et, à son maintien, Ethelle devina que cette femme était originellement issue d’un environnement aisé. Alors que la veuve noire levait gracieusement la tête de son journal et dans sa direction, faisant jouer la lumière sur les traits de son visage, la rouquine réalisa qu’elle l’avait déjà rencontrée.

« Oh, ne serait-ce pas la délicieuse mademoiselle Morton ? S’enquit la femme en noir.
– C’est elle-même, confirma Ethelle en se réjouissant de voir une expression furieuse passer sur le visage de Tina.
– Je me souviens de la dernière fois que nous nous sommes côtoyées, déclara la dirigeante des Faucheux. Il s’agissait de la réception d’anniversaire du directeur de MéchanInc. C’était… Il y a deux ans de cela ?
– Environ, oui, acquiesça la jeune femme.
– Venez donc prendre place auprès de moi. » Lui enjoignit la veuve noire. Pour une araignée, Ethelle la trouvait plutôt sympathique, même si elles n’avaient jamais vraiment eu l’occasion de discuter lors des réceptions mondaines auxquelles elles avaient toutes deux participé. Le fait qu’elles avaient une grosse différence d’âge avait aussi du jouer, ces dernières étant nées à plus de douze ans d’intervalle. En réalité, la rouquine s’était souvenue de son identité de justesse. Il s’agissait de la nièce de l’ancien directeur de AérosTech, une des trois sociétés qui possédaient les entrepôts. Arabella Finley. Cela expliquait certainement sa présence ici, songea Ethelle, mais le fait qu’elle se retrouve entourée d’un gang des rues restait mystérieux.

En prenant place auprès de son hôtesse, la jeune femme ne put s’empêcher de jeter encore un bref coup d’œil en direction de Tina, qui lui parut verte de jalousie. Réprimant un sourire suffisant, elle tourna ensuite la tête en direction de Clay qui s’efforçait de rester impassible malgré sa surprise. Les autres Faucheux qui les accompagnaient depuis le début ne paraissaient pas se sentir très concernés et ils attendaient visiblement des instructions, appuyés çà et là contre diverses cloisons. Arabella posa le journal qu’elle lisait à leur arrivée sur sa petite table, donna quartier libre aux Faucheux et requit du thé à un autre d’entre eux qui se tenait dans l’ombre, derrière elle. Clay et Tina restèrent sur place, debout, silencieux et l’air quelque peu embarrassés.

Arabella ne fit rien pour les mettre à l’aise et ne semblait même pas avoir remarqué leur gêne. Toute son attention était dirigée sur Ethelle, qui commençait à ressentir un certain malaise à son tour. Elle décida de briser le silence : « Comment arrivez-vous à vous procurer du thé ici ? S’enquit-elle pour badiner.
– Mes petites araignées sont très douées pour trouver de tous les produits de première nécessité. » Expliqua la veuve noire avec un sourire attendri. Ethelle se demanda si elle avait bien compris qu’Arabella considérait le thé comme un produit de première nécessité. Pour sa part, elle avait préféré voler de quoi absorber du solide, plutôt que des feuilles qu’il fallait faire infuser dans de l’eau bouillante. Il était vrai qu’elle avait aussi – mal – acquis une conserve de confit de canard qu’elle n’avait eu aucun moyen de faire cuire et qui se trouvait toujours dans son sac de voyage.

Soudainement inquiète de ne plus l’avoir avec elle, la rouquine fouilla le salon du regard à la recherche de son précieux bien. En constatant que Clay l’avait toujours en main, elle poussa un soupir de soulagement intérieur. La jeune femme leva de nouveau les yeux sur la veuve noire, qui la considérait pensivement. « Vous n’avez pas besoin de vous agiter ainsi, la rassura Arabella. Vous êtes ici en présence amie. » Ethelle répondit par un sourire. Le Faucheux à qui le thé avait été commandé choisit ce moment pour revenir, équipé d’un plateau d’argent sur lequel se trouvaient une théière fumante et deux tasses de porcelaine avec leurs soucoupes assorties. L’homme disposa silencieusement le plateau sur la table, disposa soigneusement les tasses devant chacune des deux femmes et leur servit le thé comme un majordome de métier. La rouquine réalisa que ce devait être le cas.

« Bien, lâcha la veuve noire après avoir bu une gorgée du breuvage encore bouillant. J’ai besoin de savoir ce qu’il s’est passé au parc des Deux Ormes, pourquoi avez vous attiré l’attention de la police et pourquoi avez vous amené ici mademoiselle Morton ? Clay.
– Et bien, hésita celui-ci, rien de tout cela n’était prémédité. C’était un accident, tout simplement.
– Un accident ? Répéta Arabella sur le ton de celle qui en attend plus.
– Oui, hum… Toussota le jeune homme avec embarras. Quelqu’un avait amené une salamandre pour avoir l’air intéressant. Mais la salamandre a… Comme qui dirait… Craché du feu.
– Comment ça, craché du feu ? » Le ton doucereux de la veuve noire ne disait rien qui vaille à Ethelle. Clay ne paraissait pas en mener large non plus. Il faisait visiblement beaucoup d’efforts pour paraître impassible et cela ne fonctionnait pas très bien aux yeux de la rouquine. Tina, pour sa part, se faisait toute petite dans un coin, comme pour se faire oublier.

« Je sais que ça peut sembler étrange, reprit le jeune homme, mais cette salamandre devait appartenir à une race spéciale qui crache de petites flammes.
– Comme un petit dragon ? S’enquit Arabella toujours sereine.
– On peut voir ça comme ça, acquiesça Clay.
– C’est intéressant, commenta la veuve noire. Je savais que cela finirait par arriver. » Elle but une nouvelle gorgée de thé. Lorsqu’elle reposa sa tasse, un grand sourire barrait sa figure. Vu le résultat étrange que cela produisit, Ethelle supposa que la femme qui dirigeait les Faucheux n’avait pas l’habitude de sourire. « Tout le monde me prend pour une folle, reprit Arabella dont la voix se mit à trembler. Mais je sais que Titania a été détruite par un dragon. Et la ruine de RotorCorp est due aux monstres marins, j’en suis certaine. » Elle se tut soudainement. La rouquine, Clay, Tina et le silencieux majordome gardèrent prudemment la bouche fermée.

La jeune femme rousse travaillait à garder un masque neutre sur son visage lorsque la veuve noire plongea ses yeux noirs dans les siens pour dire : « Mademoiselle Morton, vous devez le savoir vous aussi, n’est ce pas ? Après tout, votre père a indirectement subi les désastres de ces créatures monstrueuses. Tout le monde pense que ces créatures appartiennent seulement aux contes de fées. Mais je sais, moi, qu’elles sont réelles ! Mademoiselle Morton, le jour où votre père s’est suicidé, j’ai entendu pleurer et crier une banshee devant votre maison et…
– Silence ! » Hurla Ethelle. Tous se figèrent. La jeune femme avait les joues écarlates et s’était levée, les mains fermement arrimées à la petite table. Elle luttait de toutes ses forces pour ne pas laisser couler les larmes qui encombraient sa vue. En réalité, elle-même était surprise de sa propre réaction. Mais que cette femme à la santé d’esprit douteuse se permette de mettre la mort de son père sur le compte de créatures de contes de fées l’avait mise hors d’elle.

Elle prit une grande inspiration, s’assit de nouveau, expira doucement et, calmée, reprit : « Veuillez pardonner ma réaction passionnée. Je me suis laissée emportée par mes émotions.
– Je comprends, compatit Arabella en lui jeta un regard incertain. Le deuil nous affecte tous.

 

 

1800 mots, cette fois c’est un nombre de mots correct !