NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 21

En guise de souper, il s’était juste contenté de réchauffer l’un des plats qu’il avait emporté de la ville où était garée sa maison voyageuse. Mais cela leur parut, à tous, festif. Clay n’était pas difficile et Ethelle avait appris à ne plus faire la fine bouche. C’est ainsi qu’un pique nique peu goûteux, mais très nourrissant il fallait bien l’admettre, leur donna l’impression d’être un festin de fins gourmets. « Pensez-vous que nous pourrions essayer de goûter de la nourriture antique issue du placard à provisions ? Suggéra l’ancien Faucheux dans son élan.
– Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, répondit la rouquine.
– Malgré le fait que j’aimerais vraiment goûter la cuisine de cette civilisation, qui doit être merveilleusement divine, je pense que notre demoiselle parle sagement, déplora Simon. Même si nous trouvions des fragments de nourriture dans les emballages de cet étrange placard, elle serait impropre à la consommation, j’en ai bien peur.
– Quel dommage. » Soupira le jeune homme.

Ils discutèrent encore un peu de leurs découvertes. Puis, l’archéologue sortit de leurs bagages ce qu’il appelait des lits de poche, car ils ressemblaient à une poche dans laquelle se blottir. Puisqu’ils ne tenaient pas, à proprement parler, dans une poche, Ethelle avait suggéré de les nommer des lits de voyage, plutôt. Mais Simon préférait son nom, même si Clay s’était prononcé en faveur de l’avis de la jeune femme. D’humeur guillerette, les deux jeunes gens échangèrent un regard complice et, d’un accord tacite, convinrent de nommer définitivement leurs couches des lits de voyage. Ils réalisèrent, à leur grand amusement, que cela faisait ronchonner l’archéologue et en profitèrent comme des enfants facétieux. Le sommeil et les émotions de la journée les rappelèrent bientôt à leur fatigue et ils se coulèrent avec délectation dans les lits. Ceux-ci étaient même un peu renflés au niveau de la tête, en guise d’oreiller de fortune. Ce n’était pas, à proprement parler, un véritable lit confortable comme Ethelle en avait eu l’habitude dans son autre vie. Mais comme couche temporaire pendant un voyage éprouvant physiquement et moralement, cela faisait amplement l’affaire.

La rouquine fut réveillée dans son sommeil. Simon dormait comme un bébé, mais elle sentit que Clay venait d’approcher son lit de poche du sien à elle. « Que faites-vous ? » Lui chuchota-t-elle. Le jeune homme ne lui répondit pas, mais désigna le placard à provisions antique. Ethelle réalisa alors que l’obscurité n’était pas totale. Plusieurs lueurs fantomatiques se tenaient à côté de la grande boîte métallique. Sa vue s’accommodant, la jeune femme se rendit compte qu’il s’agissait d’images de trois personnes regroupées autour de l’armoire antique. Elles paraissaient discuter et rire ensemble et l’une d’entre elle inséra quelque chose sur le côté de la boîte, avant de se pencher vers le bas de celle-ci pour en sortir une bouteille. L’apparition fantomatique disparut aussitôt.

Ethelle, le cœur battant la chamade, se concentra sur les propos que Simon avait tenu un peu plus tôt, selon lesquels ces fantômes ne leur feraient pas de mal, qu’il ne s’agissait que de souvenirs de scènes passées. « Ils sont partis, souffla Clay dont le soulagement était perceptible. Ils m’ont collé une de ces frousses…
– A moi aussi, avoua la rouquine. J’aurais préféré ne pas me réveiller, je vais avoir un mal fou à me rendormir après une chose pareille !
– Je suis désolé, s’excusa le jeune homme. Ce n’était pas le but. C’est juste que je n’avais pas envie de rester tout seul face à cette apparition.
– Hum, je comprends, finit par dire Ethelle. Mais ce n’est pas très convenable.
– Alors ça, ça m’est complètement égal. » Clay se blottit de nouveau dans son lit de poche qu’il avait amené tout près de celui de la jeune femme. Cette dernière décida que, malgré la situation inconvenante aux yeux de la bonne société, la présence de l’ancien Faucheux la rassurait. Même en sachant que ces fantômes étaient inoffensifs, elle n’arrivait pas à s’empêcher de rester tétanisée en les voyant.

La rouquine se coucha de nouveau, à son tour, imitant son compagnon, qu’elle sentait tourné dans sa direction. Toujours un peu inquiets dans l’obscurité totale qu’ils craignaient de voir s’éclairer d’une soudaine apparition spectrale, les deux jeunes gens entamèrent une conversation. Ils chuchotèrent, afin de ne pas réveiller l’archéologue, pendant longtemps. Ils devisèrent de sujets très divers : de leur ancienne vie, de leurs découverte, de Simon, de ce qu’ils ressentaient sur tout ce qu’ils avaient vécu et de bien d’autres choses encore. Rassurés par la présence l’un de l’autre, ils finirent par s’endormir côte à côte, sans avoir aucunement l’impression qu’ils faisaient quelque chose d’inconvenant. Si d’autres spectres avaient fait leur silencieuse apparition, ils ne s’en trouvèrent pas dérangés, dormant paisiblement le reste de la nuit.

Les jours suivants, les trois explorateurs entreprirent de visiter, d’inventorier, de dépoussiérer, de recopier certaines choses qui menaçaient de se perdre et moult autres tâches. Comme Simon avait emmené une immense réserve de carnets, il en céda volontiers un ou deux à Ethelle pour son usage personnel. Il accepta également de lui enseigner ce qu’il pouvait de la langue de cette civilisation disparue. Très motivée, la jeune femme acquis rapidement suffisamment de rudiments pour déchiffrer toute seule quelques écrits qu’elle trouvait dans la bibliothèque. Et, comme elle s’entraînait sans cesse, elle finit par en comprendre de plus en plus toute seule. Cela lui permettait de seconder l’archéologue dans la compréhension de ces personnes disparues et ils avançaient petit à petit à cerner ce qu’ils étudiaient dans cette bibliothèque, qui servait également de lieu d’étude et de travail.

Clay, quant à lui, n’essaya pas d’apprendre à lire cette langue morte. Il ne savait déjà pas lire du tout. Mais il avait une bonne mémoire photographique et il retint quelques mots qui surmontaient les portes. Cela lui permit d’évoluer au sein du bâtiment tout seul, tout en restant précis sur les endroits où il s’était rendu lorsqu’il rapportait ce qu’il avait vu à ses compagnons. Il avait également réalisé qu’il avait un bon coup de crayon et, depuis, faisait des croquis de tout ce qui l’intriguait. Bien sûr, ils ne pouvaient pas rester trop longtemps dans l’obscurité. Tous les deux jours environ, ils faisaient une petite expédition de sortie dans la clairière qui bordait l’entrée de la faille menant à la bibliothèque. Ils profitaient d’un bon bol d’air et vérifiaient que la voiture qu’ils avaient abandonnée là fonctionnait toujours et qu’elle ne souffrait pas trop des intempéries. Les deux jeunes gens avaient tendance à perdre un peu la notion du temps, mais Simon tenait un calendrier scrupuleux du temps qu’ils passaient à explorer l’imposant bâtiment. Il leur expliqua qu’il n’avait pas du tout aimé ne plus savoir où il en était la dernière fois. Il ne savait plus si il avait passé des jours, des mois ou des années à visiter la bibliothèque. C’est pour cela qu’il s’était équipé en conséquence cette fois-ci.

 

 

1155 petits mots aujourd’hui, mais j’avais pris de l’avance exprès ! Ca sera plus efficace demain ^^

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