NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 22

Ils profitèrent d’ailleurs d’une de leurs sorties, au bout de nombreux jours (penser à faire un calendrier) pour faire un aller-retour en ville. Ils avaient besoin de ravitaillement en terme de nourriture, principalement. Et d’eau, aussi, car Ethelle insistait pour que tout le monde fasse un minimum de toilette, pour éviter trop d’odeurs corporelles.

Comme ils avaient bien travaillé durant ces derniers jours, ils décidèrent même de s’octroyer tout un petit séjour vacancier pour se reposer. Ils commencèrent par faire un petit saut au wagon-habitation qui était toujours sagement garé sur sa voie. La rouquine en profita pour user de la petite baignoire. Pendant ce temps, Simon fit découvrir les joies du bon whisky à Clay. Une fois qu’ils eurent terminé de se reposer, bain et sieste à l’appui, ils prirent le parti de se rendre en ville afin de faire quelques emplettes de ce qu’ils estimaient leur manquer pour leur séjour en antiquité. Les trois explorateurs se séparèrent pour faire tranquillement leurs achats chacun de leur côté. Simon avait attribué à tout le monde une petite somme afin qu’ils en fassent ce qu’il leur chantait. Toute guillerette, Ethelle se rendit joyeusement dans les rues citadines, bien décidée à trouver entre autre chose de quoi s’attacher correctement les cheveux qu’elle avait du mal à discipliner tandis qu’elle travaillait sur des documents de la bibliothèque. L’archéologue s’était montré généreux envers eux – la rouquine se demandait d’ailleurs d’où lui venait autant d’argent – et la jeune femme comptait bien en profiter. Notamment, comme Clay et elle avaient bien entamé la provision de carnets de Simon, l’un en dessinant et l’autre en écrivant, Ethelle commença par se rendre dans une papeterie.

La vendeuse l’accueillit aimablement et la laissa visiter le contenu de la boutique. Absorbée par l’étude des cahiers et des plumes, la jeune femme ignorait les allées et venues des autres visiteurs. Lorsque l’un d’entre eux l’interpella, elle sursauta. « Mademoiselle Morton ! Quelle surprise de vous trouver ici ! » La jeune femme se tourna dans la direction de son interlocuteur. Il s’agissait clairement d’un jeune homme de la bonne société ; le genre de personne qu’elle fréquentait auparavant. Environ aussi grand que Clay, il avait une chevelure blonde soignée et des yeux pétillants. Mais elle ne parvenait pas à se souvenir de celui-là. Elle lui offrit néanmoins un sourire poli, surprise qu’il s’abaisse à aborder la fille d’un homme à la réputation déchue. Après tout, tous ses soi-disant amis lui avaient tourné le dos, alors qu’un inconnu lui adresse ainsi la parole était inattendu. « Je comprends que vous soyez surprise de me voir ici, reprit le jeune homme. Ma famille possède une maison de campagne dans les environs. Cela fait un peu loin, je vous l’accorde, mais c’est tout de même agréable et le terrain est charmant. Vous devriez venir un de ces jours ! »

Ethelle resta interdite, un sourire automatique plaqué sur sa figure. Elle avait beau réfléchir, elle ne se souvenait pas où elle avait bien pu rencontrer ce jeune homme. Comme ce dernier restait planté là, ravi de la rencontre, en attendant visiblement une réaction de sa part, elle capitula face à son manque de souvenirs. « Je suis vraiment désolée, s’excusa-t-elle. Mais je ne me souviens pas où nous nous sommes rencontrés, cher monsieur.
– Oh, oui, suis-je bête, vous ne devez même pas vous souvenir de moi, réalisa l’étrange jeune homme qui lui adressa une gracieuse révérence. Je suis Nicolas Merryweather, mademoiselle Morton. Nous avons eu le bonheur de nous rencontrer à trois occasions, lors des réceptions du Comte Thomas Clayton.
– Vraiment ? » S’étonna la rouquine. Au vu des nouveaux éléments, elle réfléchissait à toute allure pour se remémorer, toute en étant surprise que le Nicolas Merryweather, celui-là même dont elle avait évité le rendez-vous qui aurait potentiellement mené à un mariage, la connaissait. Et il paraissait plus sympathique que ce à quoi elle s’attendait. Elle était presque déçue de ne pas s’être rendue à l’entrevue avec lui que lui avait concocté Clayton.

« Oui oui, lui assura Merryweather. Bien sûr, nous n’avions que dix ou douze ans à l’époque, cela date un peu.
– Ah, c’est donc pour cela que j’ai du mal à me remémorer.
– Je pense oui, acquiesça Nicolas. Surtout que pendant ces réceptions, nous ne nous étions pas vraiment adressés la parole.
– Ah.
– Et puis, je ne suis même pas certain que vous m’ayez vu, en fait, continua le jeune homme.
– Oh, lâcha Ethelle qui ne savait pas quoi répondre à cela.
– Quoiqu’il en soit, reprit-il, je n’ai jamais oublié votre éclatante chevelure et votre gracieux maintien et j’attendais avec impatience que nous ayons une occasion de nous retrouver de nouveau.
– Ah bon ? » Il semblait à la jeune femme qu’elle n’arrivait plus à s’exprimer autrement qu’en onomatopées. Elle ne trouvait rien d’intelligent à dire et se contentait d’écouter son interlocuteur badiner.

« C’est vrai que c’est un peu étrange d’avouer ce genre de chose, confessa-t-il avec un petit rire nerveux. Il me semblait que le Comte Clayton nous avait arrangé une entrevue, mais vous n’y êtes jamais apparue.
– Oh, oui, se souvint la rouquine. Je suis sincèrement désolée pour ce manquement. J’ai eu quelques… Contretemps, dirons-nous.
– Ce n’est pas grave, ne vous inquiétez pas pour cela, lui assura vivement Nicolas. Je suis content de vous croiser maintenant, dans une ambiance plus informelle.
– J’en suis également enchantée, déclara Ethelle en réalisant qu’il s’agissait de la vérité. Je me suis toujours demandée comment se serait déroulé notre rendez-vous.
– Et moi donc ! » Le jeune Merryweather paraissait avoir des réactions bien plus naturelles que les autres jeunes hommes de bonne famille qu’elle avait eu l’occasion de côtoyer. La rouquine le trouvait agréable et, par certains côtés, attendrissant. Elle commençait à vraiment regretter d’avoir manqué cette entrevue.

« Oh ! S’exclama Nicolas. J’ai failli oublier de vous demander, mais que faites-vous par ici ?
– Euh… Hésita Ethelle. Comme j’ai perdu ma fortune, j’ai du me tourner vers d’autres activités. Je suis actuellement en train d’assister à des fouilles archéologiques.
– Ca semble terriblement intéressant, s’émerveilla le jeune homme. Je savais que vous étiez une personne fascinante ! Vu votre accoutrement, je me disais bien que vous étiez occupée à quelque chose de captivant.
– Merci, répondit-elle un peu au hasard.
– Et si je vous invitais dans la maison de campagne de mes parents ce soir ? Lui proposa Nicolas. Vous pourriez me raconter toutes ces choses fantastiques que vous avez l’air de faire !
– Oh, je, euh… Balbutia Ethelle surprise une fois de plus. C’est à dire que je suis avec deux compagnons archéologues.
– Peu importe, balaya Merryweather. Je les invite également : cela promet d’être passionnant ! »

Encore une fois, la jeune femme resta un instant interdite. Elle se reprit rapidement et accepta l’invitation, certaine que Simon et Clay ne rechigneraient pas sur l’offre. Ils convinrent d’un horaire et Nicolas donna l’adresse de la demeure de plaisance de ses parents à la rouquine. Enchantés de cette rencontre, le jeune homme accompagna Ethelle durant le restant de ses emplettes. Ils passèrent un excellent moment : Merryweather s’avéra être une personne vive et il avait beaucoup d’aisance en terme de conversation. La rouquine se surprit à lui confier plus de choses qu’elle n’en avait eu l’intention. A chaque fois, il se montra à l’écoute, acquiesça d’un air entendu aux mentions d’évènements surnaturels et jamais il ne lui adressa les airs de dégoût dont l’avaient gratifiée ses anciens amis.

Après avoir terminé ses achats, elle prit congé de Nicolas et retourna au wagon de Simon. Elle était la dernière à rentrer et les deux hommes la saluèrent chaleureusement. Ils firent tous les trois les inventaires de ce qu’ils avaient trouvé. Simon s’était équipé en corde et de quoi maintenir la stabilité des étages les plus hauts de la bibliothèque qui, plus exposés sous la cime de la colline qui la recouvrait, s’étaient avérés un peu plus fragiles. Clay avait fait des provisions tant de nourriture que de quoi les éclairer. Il trouvait l’obscurité totale de la bibliothèque pesante et tenait à l’éclairer mieux pour la rendre moins effrayante. Elle ne le dit pas tout haut, mais Ethelle supposait qu’à défaut d’éviter les apparitions fantomatiques, la lumière les rendrait moins terrorisantes pour le jeune homme. Quant à elle, elle leur montra sa provision de carnets, de crayons et ce qu’elle avait prévu pour leur assurer une meilleure hygiène durant leurs fouilles. Elle passa rapidement sur ce qu’elle avait acheté en terme d’outils pour maîtriser sa chevelure indisciplinée, se disant que cela ne devait pas les intéresser.

Ceci fait, elle les informa de l’invitation de Nicolas Merryweather. L’archéologue se montra positivement enchanté de cette perspective, en témoignèrent ses applaudissements enthousiastes. « Ah ! Voilà bien longtemps que je n’ai plus eu l’occasion d’avoir été invité où que ce soit, se réjouit-il. Votre ami m’a l’air d’être une personne qui a le cœur sur la main.
– Certainement, approuva Ethelle qui avait eu le temps d’en être convaincue pendant le temps qu’elle avait passé avec lui. Qu’en pensez-vous, Clay ?
– Je… Hésita-t-il d’un air gêné. Je ne suis pas vraiment fait pour les réceptions mondaines, n’est ce pas ?
– Ne vous en faites pas pour quelque chose d’aussi trivial, répartit vivement Simon en coupant la parole à la jeune femme. Tout le monde est aussi mal à l’aise les uns que les autres durant ce genre de soirées. Le jeu, c’est d’être celui qui parait le plus à l’aise ! »

Clay parut considérer les propos de l’archéologue et se détendre un peu. Il esquissa un sourire et lança : « Très bien, dans ce cas, allons à cette petite fête ! Je suis impatient de voir comment vous autres, de la haute, savez recevoir.
– Nous ne sommes pas du tout vêtus en conséquence, s’inquiéta soudainement Ethelle.
– Ne vous inquiétez pas pour cela non plus, balaya de nouveau l’archéologue. Ce Merryweather veut voir des explorateurs ! Nous allons lui montrer ce qu’est un explorateur et confirmer tous les mystérieux mythes qui tournent autour. Ce sera un excellent moyen de lui faire passer une bonne soirée et, par là même, de le remercier pour sa généreuse invitation. » La rouquine réfléchit un instant et, voyant que Clay paraissait enthousiaste à cette perspective, elle se rangea à l’idée de Simon. Après tout, Nicolas avait semblé émerveillé de la voir devenir archéologue et l’avait même complimentée sur sa tenue d’exploratrice.

Bien sûr, le soir arriva rapidement. Prenant la voiture mécanique qu’ils avaient loué pour se rendre jusqu’au site de la bibliothèque antique, ils conduisirent jusqu’à la maison de campagne des Merryweather.

 

 

1779 mots pour aujourd’hui, on y croit : on va continuer de prendre de l’avance ^^

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