NaNoCamp Avril 2017 J-2 : Préquelles Arkhaiologia

Une fois chez lui, ils installèrent leur sauveuse sur le canapé. « Tu n’aurais pas quelque chose pour la couvrir ? » S’enquit Béatrice. Pendant que son ami se rendait dans sa chambre à la recherche d’habits, elle s’assit en face de l’ancienne blessée pour lui demander : « Ça va mieux ? » Son interlocutrice la fixa droit dans les yeux, sans répondre, mais sans se départir de son sourire. « Mon ami est allé chercher des vêtements. » Continua Béatrice. Elle n’obtint toujours pas de réponse et se fit la réflexion que cette étrange inconnue n’avait pas l’air particulièrement gênée par sa nudité. De plus, elle paraissait avoir un peu récupéré ses esprits ; ses yeux étaient moins vides et inspectaient la pièce autour d’elle.

« J’espère que ça ira… » Valentin revenait avec de vieux vêtements à lui. Il les déposa près de leur sauveuse, qui pencha la tête d’un air intrigué. « C’est pour toi, précisa le jeune homme. En attendant qu’on trouve mieux.
– Je devrais peut-être ramener des choses de chez moi, suggéra Béatrice.
– C’est surtout le moment d’appeler les secours, ou la police, ou je ne sais pas, non ?
– Je ne sais pas. » La jeune femme fit la moue en jetant un regard à leur sauveuse qui les considérait à présent calmement, toujours sans mot dire, en tortillant une mèche de cheveux châtains.

« Même avec tous ces êtres féériques dehors, je me vois mal dire à qui que ce soit que nous avons trouvé une femme blessée qui s’est régénérée en quelques minutes, plaida Béatrice. Elle était perdue, mais elle semble avoir presque entièrement retrouvé ses esprits. Dans les faits, il n’y a presque plus de raisons d’appeler qui que ce soit. Avec un peu de chance, elle va finir par retrouver la mémoire et la parole. N’est ce pas ? » Lança-t-elle à l’intention de l’inconnue.

Celle-ci lui répondit avec un sourire, puis inspecta les habits apportés par le jeune homme. Ce faisant, la veste que lui avait prêté Béatrice glissa de ses épaules. Elle inspecta alors sa propre nudité, comme si elle découvrait seulement maintenant son manque d’apprêts. Elle pouffa de rire et prononça quelques phrases de manière volubile. « Je suis désolé, s’excusa Valentin. Je ne comprends pas ce que vous dites.
– Moi non plus, renchérit Béatrice. Et je ne vois même pas de quelle langue il peut s’agir. Mais elle a l’air d’aller mieux ! »

L’inconnue lui sourit de nouveau et hocha affirmativement la tête. Elle se leva, la veste tombant totalement, et parut se concentrer tout en faisant un petit geste fluide. D’étranges vêtements firent leur apparition sur le corps de l’étrangère. [à déterminer] Les deux amis restèrent interdits face à ce spectacle. Ils venaient d’avoir la preuve que des humains magiciens existaient bel et bien, s’ils n’en avaient pas été convaincus en voyant une écorchée guérir à vue d’œil.

« Voilà qui est mieux ! Se réjouit l’inconnue qui parlait avec la précaution de ceux qui n’étaient pas entièrement à l’aise avec la langue.
– Ce n’est peut-être pas très discret, commenta Béatrice par devers elle.
– Mais vous parlez notre langue ? S’étonna Valentin.
– Maintenant oui, confirma l’étrangère. Je ne connaissais pas cette langue, mais j’ai l’impression de l’avoir apprise plutôt vite !
– Vite ? Ça fait combien de temps que tu es ici ? S’enquit curieusement Béatrice.
– Oh, je m’étais réveillée depuis quelques minutes lorsque je vous ai rencontrés. »

L’inconnue s’assit de nouveau sur le canapé, avec un froncement de sourcil, comme si elle réfléchissait. « J’ai du mal à recoller les morceaux, avoua-t-elle. Mon cerveau est un peu embrumé…
– Tu dois être chamboulée par ce qui t’est arrivé, supposa Valentin. Quand nous t’avons vue, tu étais à moitié écorchée.
– Écorchée ? Répéta l’étrangère.
– Oui, c’est sûr, tu vas beaucoup mieux maintenant, balbutia le jeune homme. Enfin bref… Comment tu t’appelles ?
– Déa, je crois. En tous cas, ça me dit quelque chose de m’entendre appeler ainsi. » Elle se racla la gorge. « J’ai soif. » Elle avait l’air étonnée.

Béatrice se leva et alla lui chercher un verre d’eau, puis vint s’assoir sur le canapé à côté de Déa, tandis que Valentin s’installait face à elles. La nouvelle venu intriguait beaucoup les deux amis. De plus, en tant que magicienne, elle faisait partie de leur sujet d’étude – tant à l’une qu’à l’autre – et ils avaient envie d’en savoir plus. Comme elle leur paraissait encore un peu perdue, ils décidèrent d’un accord tacite d’y aller doucement avec elle. Ce qui n’empêcha pas le jeune homme de prendre son téléphone en main pour prendre des notes de leur échange ; il doutait que Déa ait envie d’être enregistrée.

« Je n’arrive pas à me souvenir, souffla-t-elle d’un air contrarié.
– De quoi ? Demanda Béatrice.
– De rien, c’est bien le problème.
– Peut-être qu’on pourrait essayer de te poser quelques questions, suggéra Valentin à l’ancienne écorchée. Ça pourrait peut-être suffire à te rafraîchir la mémoire sur certaines choses. Après tout, ça a fonctionné pour ton prénom.
– Moui, lâcha Déa d’un air peu convaincu. D’accord, essayons.
– Chouette ! Se réjouit Béatrice. Je commence ! »

Elle se frotta les mains et plongea ses yeux noisettes dans ceux, presque dorés se rendit-elle compte, de Déa. « Alors, commença l’amie de Valentin, d’où viens-tu ?
– De… Je ne sais pas, réalisa l’étrangère. De partout et de nulle part j’ai l’impression.
– Mmmh, commenta brièvement Béatrice. Et quelle était cette langue que tu parlais tout à l’heure ? Elle ne me rappelle rien que je connais.
– Vu le nombre de langues que tu connais, ce n’est pas étonnant, la taquina son ami. »

Tandis que Béatrice ripostait en jetant un coussin en direction de la tête de Valentin, Déa prononça pensivement quelques mots dans la langue en question. Elle secoua la tête et déclara : « Je n’ai pas l’impression qu’il existe un mot dans votre langue pour la mienne… C’est bizarre, je ne comprends pas. »

Valentin ne saisissait pas ce que voulait dire la femme aux yeux dorés. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Les yeux dorés étaient-ils une manifestation des capacités surnaturelles de Déa ? Cette couleur n’existait pas naturellement, si ? L’amnésie de Déa était-elle temporaire ? Qu’avait-il pu lui arriver pour qu’elle ait apparu ainsi écorchée ? Quand pourrait-il le savoir ? Fallait-il l’emmener à la police ? Ou à l’hôpital pour son amnésie ? Tout se brouillait dans sa tête. Pendant ce temps, Béatrice avait continué de questionner la magicienne. Malheureusement, Déa n’avait pas grand chose à leur apprendre ; le peu dont elle se souvenait était confus.

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