NaNoWriMo 2018 : Arkhaiologia Tome 2, jour 29

En plus du fait que la scène était plus étendue, claire et réaliste, elle était dotée du bruit ambiant des conversations. En revanche, comme lors des apparitions fantomatiques, les gens alentours ne semblaient pas remarquer l’archéologue, ses assistants ni les dieux et n’avaient pas non plus de consistance. Même Simon avait le souffle coupé face à ce spectacle ; il avait les mains jointes et regardait partout d’un air émerveillé. Clay et Tina, dos à dos, tournaient sur eux-même en contemplant la civilisation antique revenue à la vie.

Un bruit strident les fit sursauter. Deux des portiques – dont l’archéologue n’avait, jusqu’ici, pas réussi à déterminer l’utilité – avaient produit une brève mais bruyante alarme, tandis que des lumières rouges s’étaient allumées à leur sommet. Penaud, l’étudiant qui avait provoqué l’alarme sortit de son sac deux livres qu’il présenta aux deux membres du personnel de la bibliothèque qui l’avaient rejoint. Le professeur Derrington applaudit, enchanté. « Ces choses servent à empêcher les vols ! » se réjouit-il. Sur ces mots, il s’empara d’un carnet et d’un crayon dans l’une de ses poches et commença à prendre frénétiquement des notes.

Clay n’avait pas eu le réflexe de sortir de quoi dessiner. Il se contentait de s’émerveiller en constatant que ces personnes issues de l’antiquité étaient à la fois comme lui et à la fois tellement différents. Il les avait déjà beaucoup vus grâce aux scènes fantomatiques, mais il ne se lassait pas de scruter leurs physionomies, se demandant ce qu’ils pouvaient bien penser. En voyant passer une étudiante aux cheveux bleus, l’ancien Faucheux songea que ces gens avaient décidément une vision de l’esthétique bien différente de la leur et cela ne lui déplaisait pas.

Il jeta un coup d’œil de côté et aperçut Tina en train de regarder avidement les appareils que tenaient une grande partie des gens présent. Ils ressemblaient beaucoup à la tablette noire qui contenait les enregistrements de Valentin et Béatrice, mais ils étaient plus petits et il n’y avait pas besoin de cyclopède pour les maintenir allumés. Il y avait d’autres machines aussi, posées sur l’îlot d’accueil. La blondinette alla les voir de plus près, heurtant le professeur Derrington qui faisait de même.

la scène s’arrêta aussi soudainement qu’elle avait commencé. Le hall de la bibliothèque retourna dans la pénombre, toute vie disparue. Clay constata que Yingana chancelait, soutenue par Chaahk. Cette démonstration devait lui avoir demandé beaucoup d’énergie. Son ami soupira et lui dit quelques mots sur un ton que Clay interpréta comme une capitulation. L’archéologue, pressentant qu’on allait lui dévoiler des choses intéressantes, s’approcha des deux dieux, en essayant de masquer ses trépignements d’impatience.

Yingana n’était pas très grande, mais elle se redressa de toute sa hauteur une fois son malaise passé. Ainsi, elle donnait l’impression d’être plus grande que le professeur Derrington. Lorsqu’elle commença à parler, sa voix s’était fait profonde et ses intonations hypnotisantes. Avant même de s’en rendre compte, tous s’endormirent, emmenés dans le monde onirique par la maîtresse des rêves.

Clay se sentit rassuré de voir que Simon, Tina et les dieux étaient avec lui dans le songe. Ils étaient dans une plaine herbeuse au pied d’une montagne. La magie était partout, faisant parfois crépiter de l’électricité statique dans l’atmosphère. Des petites fées butinaient des pensées, batifolant les unes avec les autres. Yingana sourit, puis leur désigna la montagne. Elle leur fit signe de la suivre et commença à gravir la pente, suivie par Chaahk. L’archéologue se précipita à leur suite avec enthousiasme. Tina et Clay lui emboitèrent le pas avec plus de modération.

La montagne était très haute, mais l’ancien Faucheux avait l’impression qu’un seul pas les faisait avancer autant que trois. Il ne savait pas s’il pouvait se fier à ses impressions, les rêves étant souvent traîtres à ce sujet. Plus ils montaient, plus l’air s’alourdissait. Les crépitements d’électricité statique s’étaient aussi faits plus nombreux. Ils entendaient les loups hurler au loin et le vent avait un je-ne-sais-quoi de menaçant. Tina, inquiète, avait rentré sa tête dans ses épaules. Clay n’en menait pas large non plus et il voyait que Simon aussi ne se sentait pas courageux sur cette montagne.

Le jeune homme puisait du réconfort dans l’attitude détendue des dieux. Et aussi dans leur nature divine. Qui risquait quoi que ce soit en compagnie de dieux ? Il se demandait tout de même pourquoi la maîtresse des rêves ne prenait pas la peine d’alléger son atmosphère. « Pourquoi est ce que, dans ce rêve, tout est si… sombre ? demanda Tina en écho aux pensées de Clay.
– Presque rêve, répondit Chaahk. Souvenir. »

Même en se déplaçant rapidement et avec les divertissantes remarques de Simon, le trajet parut très long à l’ancien Faucheux. Près du sommet, Yingana les mena dans une grotte. Clay ne parvenait pas à déterminer si c’était une oeuvre humaine ou une formation naturelle et il s’en ouvrit au professeur Derrington. « Je me posais exactement la même question, se réjouit l’archéologue qui paraissait ravi que son assistant fasse une telle remarque. J’en ai parlé à nos amis Yingana et Chaahk et ils m’ont expliqué que cette grotte a été fabriquée par un magicien bien avant leur ère. »

L’ancien Faucheux ne doutait pas que ce fut là l’œuvre d’un magicien. Certains angles le mettaient mal à l’aise et l’ambiance toute entière était oppressante. Tina levait fièrement le menton, mais Clay remarqua qu’il tremblait. Sa cadette était apeurée. Elle se rapprocha de Chaahk et Yingana pour trouver refuge. Les deux dieux la gardèrent entre eux, la couvant du regard avec bienveillance. Même s’ils étaient moins effrayés, Simon et Clay tâchaient de ne pas trop s’éloigner.

Yingana les mena jusqu’à une salle dissimulée derrière un angle trompe l’œil. Au milieu de la salle se trouvait un immense dispositif en colonne, qui brillait, crépitait et vrombissait. L’ancien Faucheux supposa qu’il s’agissait, là aussi, de l’œuvre d’un magicien. La femme aux yeux indigo expliquait ce dont il s’agissait à Simon. Clay et Tina ne comprenant rien à cette conversation en langue antique, ils se contentèrent de visiter la pièce. A côté de la colonne vrombissante, ils trouvèrent des objets en métal reliés d’un côté à la colonne magique et de l’autre à une machine qui ressemblait beaucoup à celles de la civilisation antique qu’ils étudiaient dans la bibliothèque du professeur Derrington.

Le rêve cessa brusquement. Ils se réveillèrent tous dans la poussière multimillénaire du hall. Ils s’époussetèrent longuement en se relevant, provoquant quelques éternuements. Encore une fois, Yingana paraissait épuisée. Chaahk prit donc le relais des explications auprès de l’archéologue. Ce dernier arborait un air grave peu habituel et hochait la tête par intermittence tout en s’emparant de son carnet pour reprendre frénétiquement des notes. « J’espère que toi et moi finirons par savoir de quoi il retourne, grommela Tina à l’intention de Clay.
– J’espère aussi ! » approuva celui-ci avec véhémence.

Il ressentait la même frustration que la blondinette et avait hâte du moment où Simon leur expliquerait les tenants et les aboutissants de ce qu’il était en train d’apprendre. Comme la conversation s’éternisait, les deux anciens Faucheux retournèrent au camp pour récupérer de quoi reprendre leurs activités habituelles, tout en s’arrangeant pour ne pas trop s’éloigner du hall. Et ils firent bien, car la conversation entre l’archéologue et les dieux s’éternisa, jusqu’au moment où le professeur Derrington avisa ses deux jeunes compagnons pour leur dire : « Ohlàlà, il faut que je vous explique ce que je viens d’entendre. C’est phénoménal ! Tenez-vous bien… »

 

[Là je pense qu’il faut un changement de chapitre, mais en même temps, je pense qu’il faut que je revois le découpage et tout, vivement la reprise du T1 et celle du T2 !]

 

Clay et Tina s’approchèrent de l’archéologue aussi fébrile qu’à chaque fois qu’il apprenait de nouvelles choses qui le stupéfiaient. « J’espère que je ne vais pas trop m’embrouiller en vous expliquant tout cela, pfioulàlà ! Par où commencer ?
– Peut-être que ça serait pas mal de s’installer dans un endroit un peu moins poussiéreux, suggéra Tina.
– Oui oui, tu as raison. Venez, suivez-moi, allons nous installer dans le camp. J’en profiterai pour nous faire du thé. »

Chaahk et Yingana les suivirent, tout en discutant doucement entre eux. Dans la pièce de repos qui servait de camp, les dieux s’installèrent un peu en retrait pour ne pas déranger l’exposé que Simon s’apprêtait à faire. Celui-ci servit du thé à tout le monde et, prenant sa tasse d’un air songeur, il commença : « Ohlàlà mes chers petits, en découvrant les ruines de ce bâtiment, je savais que je faisais là une découverte majeure, qui allait propulser ma carrière au sommet tout en changeant la face du monde par les connaissances que cela allait nous apporter. Mais là, je dois dire que ce que je viens d’apprendre dépasse tous mes espoirs les plus fous, au point que cela m’effraie, je n’ai pas honte de l’avouer. »

Il but une gorgée de thé encore brûlant, toussota et reprit : « Cette colonne mouvante, crépitante et bruyante que vous avez pu voir dans le souvenir de madame Yingana a été fabriquée par une puissante magicienne. D’aucuns disent qu’elle était tellement puissante qu’elle pouvait rivaliser avec les dieux. Il s’avère qu’elle était contemporaine de nos amis ici présents, lors d’un pic d’énergie magique. Pour une raison inconnue – disons que les sources ne semblent pas s’être mises d’accord sur la raison véritable – cette magicienne a décidé qu’il serait mieux pour l’humanité de détruire toute forme de magie. Bien sûr, elle savait qu’en faisant cela, elle se détruirait elle-même. Ou, du moins, qu’elle s’affaiblirait considérablement. »

Clay et Tina s’entre regardèrent ; ils avaient du mal à concevoir une magicienne qui voulait détruire la source de ses pouvoirs, mais Simon continuait, s’interrompant parfois pour boire une gorgée de thé ou pour en reproposer aux quatre autres. « Ce qui est fabuleux avec ce dispositif qu’elle a conçu, c’est qu’il utilise lui-même la magie pour initier le processus de destruction de la magie.
– Pourquoi c’est fabuleux ? s’enquit Tina.
– Parce qu’ainsi, dès que la magie revient de manière suffisamment puissante pour que le processus puisse de nouveau être enclenché, n’importe qui peut lancer la destruction de la magie.

 

1695 mots pour aujourd’hui. Ça faisait longtemps que j’avais pas fait un vrai quota ! Je suis contente d’avoir réussi à m’entêter (il faut dire que ma nature têtue n’est jamais bien loin x) ) Il faudra que je réitère demain si je veux réussir à boucler le NaNo 2018, après je pourrai m’effondrer tranquillement.

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