NaNoCamp Avril 2017 J+3 : Préquelles Arkhaiologia

Son ami referma la bouche. Elle avait raison : inutile de faire l’ennuyeux moralisateur. La situation était particulière. Il prit place à l’avant tandis que Béatrice mettait le contact. La voiture électrique souffla en démarrant.

Alors que la voiture s’approchait du bâtiment où travaillait la jeune femme, Valentin put apprécier les dimensions de l’annexe qu’ils avaient construite à côté, lui qui n’allait que rarement de ce côté là du campus. Elle lui parut immense : il y avait même une porte pour y faire entrer de gros véhicules. Béatrice gara la voiture devant et en descendit pour désactiver l’alarme. Elle ouvrit la porte à taille humaine et se glissa à l’intérieur du bâtiment. Quelques secondes plus tard, la grande porte dévolue aux véhicules se soulevait. La jeune femme sortit du bâtiment pour garder sa voiture à l’intérieur. Elle ferma tout et alluma la lumière.

« Bienvenue dans la nouvelle annexe ! S’exclama Béatrice en désignant les alentours en tournant sur elle-même.
– C’est fou que tu aies les codes et les clefs de tout ici, commenta Valentin impressionné.
– Oh, tu sais, les professeurs Massamba et Pommier sont souvent en déplacement à cause de la recrudescence des apparitions de créatures surnaturelles. Et comme ils sont souvent appelés sur des sites, ils me laissent le soin de m’occuper de la maison.
– Et ils te font confiance ? » La taquina le jeune homme.

Son amie lui tira la langue et ouvrit le coffre de la voiture, tandis que Déa s’extirpait de l’habitacle. La femme aux yeux dorés ne fit pas de commentaire mais, à la façon dont elle regardait la voiture et les alentours, les deux amis sentirent bien que tout lui paraissait nouveau. Béatrice les planta là pour aller préparer une cage la plus confortable possible pour le pensionnaire endormi dans le coffre. En l’attendant, Valentin et Déa firent le tour de la pièce neuve, bordée de différentes cages et au centre de laquelle trônaient d’énormes cartons contenant les futurs équipements de l’annexe.

La femme aux yeux dorés fit la moue. « Ces cages sont grandes, mais elles restent froides pour y faire vivre qui que ce soit.
– Ne t’en fait pas, la rassura le jeune homme. Béatrice m’a expliqué que les créatures enfermées ici ne le seraient que de manière temporaire. Ce sera aussi le cas pour ce jeune dragon.
– Oui, je ne compte pas le laisser là. » Acquiesça Déa.

Une fois que Béatrice eut installé ce qu’il fallait dans la cage pour adoucir le séjour du dragon, ils entreprirent d’installer le bébé à l’intérieur. « Je vais lui laisser la couverture, je pense, déclara Valentin en contemplant l’animal blotti dans le tissu.
– Il est tout mignon avec juste la tête et la queue qui sortent, s’attendrit Béatrice en fermant soigneusement la porte. Bon ! En route pour l’hôpital à présent ! » Continua-t-elle avec entrain, tout en se dirigeant vers sa voiture pour remettre la banquette et la plage arrière en place.

Le trajet pour l’hôpital se déroula rapidement ; il n’y avait pas de circulation. Aux urgences, l’affluence était très faible. Béatrice expliqua au personnel soignant que Déa s’était retrouvée au milieu d’une mauvaise bagarre, qu’elle souffrait d’amnésie et qu’ils s’inquiétaient qu’elle ait pris un mauvais coup sur la tête. L’infirmière de garde eut la confirmation de l’amnésie lorsqu’elle demanda le nom de famille de Déa et que celle-ci fut incapable de répondre. « C’est peut-être indiqué sur votre carte d’identité, suggéra l’infirmière.
– Elle n’en a pas, intervint encore Béatrice. Nous l’avons trouvée telle quelle. »

Après quelques autres questions et arrangements, leur interlocutrice les envoya patienter dans la salle d’attente, en leur assurant que la nuit étant calme, ils n’auraient pas à attendre très longtemps. « Déa ? L’interpella Valentin. Tout va bien ? Tu as l’air un peu absente depuis un moment.
– Mmhmm… Émit machinalement la femme aux yeux dorés. Il y a quelque chose ici.
– Quelque chose ? Répéta Béatrice.
– Oui. »

Déa ne s’étendit pas en explication. Valentin vit que son amie rongeait son frein, curieuse qu’elle était. Elle prenait sur elle pour le moment, mais ce n’était qu’une question de temps : elle recommencerait bientôt à lui poser des questions. Il sourit par devers lui. Comment lui en vouloir ? Il se sentait au moins aussi curieux qu’elle. Ses pensées s’interrompirent lorsqu’il vit la femme aux yeux dorés se lever et quitter la salle d’attente. « Déa ? L’appela-t-il.
– Tu cherches quelque chose ? » Continua Béatrice en se levant pour la rattraper. Valentin bondit à son tour de son siège pour suivre les deux femmes.

Celle aux yeux dorés continuait de marcher dans le couloir de l’hôpital sans leur répondre. « Déa, je ne pense pas que nous ayons le droit d’aller par là… » Tenta le jeune homme, mais elle continuait de faire la sourde oreille. Elle s’arrêta tout aussi soudainement qu’elle s’était levée. « Déa… » Reprit Béatrice à son tour, mais elle se tut en voyant un homme se dresser au bout du couloir, face à eux. Il avait noué une blouse médicale autour de sa taille, laissant à l’air libre son physique presque corpulent, et leur faisait face, sa mine affichant la stupeur à la vue de la femme aux yeux dorés qui lui faisait face.

Une porte du couloir s’ouvrit brusquement, interrompant le silence presque surréaliste. Une adolescente sortit, gémissant de douleur, titubant sous l’effet d’un calmant quelconque. L’homme attrapa lestement la jeune fille et posa sa main sur sa tête. Surprise, l’adolescente ne songea même pas à se débattre. Une douce lueur orangée nimba la main et se propagea le long du corps de la jeune fille, s’arrêtant au niveau du ventre. Là, la lueur orangée se fit plus forte et l’homme ferma les yeux, l’air concentré. L’opération ne prit pas plus d’une poignée de secondes. Lorsque la lumière orangée disparut, l’adolescente était endormie.

L’homme se redressa, la portant jusqu’à la chambre qu’elle venait de quitter. Il en ressortit presque aussitôt, referma soigneusement la porte, et s’approcha de Déa. Celle-ci ne bougea pas et ses deux accompagnateurs ne savaient pas comment ils devaient réagir. L’inconnu prit le visage de Déa dans ses mains et posa son front sur le sien. Les mains se nimbèrent de nouveau de la douce lueur orangée, ainsi que la tête de la femme aux yeux dorés. Cette fois, l’opération prit un peu plus de temps, à la grande nervosité de Valentin et Béatrice.

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