Eclat chaleureux
Rend l’intérieur douillet
De sa douce flamme
L’entrevue auprès de l’Impératrice fut un succès pour Odetus. Elea V débloqua des ressources afin d’aider les mages à prévenir la catastrophe qui se profilait. L’archimage avait longuement expliqué à l’Impératrice les dangers de ce nouveau corps céleste, que l’on pouvait désormais voir à l’oeil nu durant les nuits sans nuages.
Elea V n’était pas bête. Elle connaissait les dégâts pouvant être occasionnés par une catapulte et Odetus lui avait expliqué que le caillou qui allait les heurter avait la taille d’un royaume. L’Impératrice avait tout de suite compris l’ampleur de la catastrophe qui les guettait. Ni son Empire, ni ses voisins, ni personne ne s’en remettrait.
Cerdicus, lui, avait lancé une grande campagne de recherches d’objets magiques et d’ingrédients. Certains étudiants mages, emballés par l’idée, s’étaient lancés à l’aventure dans tous l’Empire et au-delà, aidés par un financement universitaire mis en place pour l’occasion. Pour eux, ils s’agissait d’un jeu. L’archimage ne leur avait pas dévoilé son dessein en les envoyant ainsi aux quatre coins du monde.
De fait, au delà de Cerdicus et Odetus qui avaient mis au courant les archimages des autres Facultés et de l’Impératrice qui n’avait informé que quelques conseillers et alliés dignes de confiance, personne ne se doutait du cataclysme qui s’annonçait. Elea V avait décrété qu’il serait risqué d’inquiéter inutilement la population, d’autant que les mages avaient une solution. Elle espérait que les expéditions seraient diligentes dans leur recherche d’artefacts ; elle se sentirait mieux une fois qu’elle saurait que toute menace serait écartée.
Isaura était une étudiante prometteuse dans les domaines des potions et de la botanique. Mais aussi déjà une magicienne émérite. C’est pourquoi elle était à la tête de son petit groupe de chasseurs de reliques. En réalité, ils ne recherchaient pas des reliques à proprement parler. Sous la direction de la jeune femme, ils s’étaient spécialisés dans les plantes rares.
Ils avaient déjà trouvé le lotus d’améthyste de Sylvania et le discret campanule-phénix doré. Ils n’avaient pas ménagé leurs efforts pour arriver à ce résultat et leurs trouvailles avaient été acclamées à grands cris à la Faculté Impériale de Diroma. L’équipe d’Isaura et elle-même avaient quitté la ville la veille afin de trouver la dernière plante requise. Ils étaient partis au plus vite car plusieurs groupes d’étudiants rivaux les concurrençaient. Toutes ces compétitions se déroulaient sous l’oeil concerné des deux archimages qui avaient initié le mouvement.
« Le temps presse, s’inquiétait Cerdicus en froissant nerveusement sa barbe.
– Ne vous en faites pas, lui assura Odetus en buvant une gorgée de chocolat chaud. Ils sont plusieurs pour trouver… Comment se nomme cette plante déjà ?
– Timide Amour, il s’agit d’une petite fleur bleue.
– Voilà. Jusqu’ici tout se passe à merveille ; il est inutile de se faire du mauvais sang. Personne ne s’inquiète plus de l’astre nouvellement apparu dans le ciel depuis que l’Impératrice Elea V en a fait son symbole. »
Cerdicus acquiesça. Son confrère parlait sagement. « Je suis certain qu’ils reviendront à temps avec le Timide Amour, appuya une nouvelle fois Odetus.
– Vous parlez avec la voix de la raison, en convint son confrère. Mais je ne peux m’empêcher de penser : et si le fait qu’il n’existe plus de prophétie pour la suite signifiait que nous n’allons pas réussir à empêcher cet astre de nous heurter.
– Je préfère ne pas y penser. » Avoua Odetus en terminant le contenu de sa tasse.
Marcus était un paysan prospère. Tous les matins, il se levait tôt, envoyait ses ouvriers au travail et se mettait lui-même à l’ouvrage ensuite. Contrairement aux autres jours de dur labeur, aujourd’hui il se permettait de faire une pause dans son travail. Ce n’était pas un jour comme les autres : une flopée d’étudiants mages parsemait ses champs, visiblement à la recherche de quelque chose d’important pour eux.
Que ces jeunes blancs becs fassent comme ils voulaient, songea Marcus, tant qu’ils ne lui abîmaient pas ses récoltes. Il espérait juste qu’ils ne resteraient pas trop longtemps, car ils risquaient de gêner ses ouvriers. Après un claquement de langue, il décida de garder un oeil sur eux, juste au cas où. Il n’avait jamais vu une telle chose et contemplait le spectacle, médusé.
« Isaura, il nous regarde toujours, émit timidement un étudiant.
– Et bien qu’il regarde, répondit sèchement l’interpellée. Il ne peut pas comprendre l’importance de ce que nous recherchons.
– Nous pourrions peut-être lui demander si il connait les fleurs bleues… les Timides Amours ?
– Pour quoi faire ? Il ne verrait même pas de quoi nous lui parlerions. »
Ils continuèrent à chercher. Les espoirs de Marcus furent exaucés quelques jours plus tard. Les étudiants mages s’en furent de ses terres sans un mot. Le paysan se demanda ce qu’ils avaient bien pu trouver au milieu de ses plantations.
« Nous avons échoué, avoua Isaura aux deux archimages une fois revenue à la Faculté Impériale de Diroma. Nous n’avons pas trouvé le Timide Amour, malgré tous nos efforts. » Cerdicus et Odetus échangèrent un regard accablé.
« Evata ! Appela Marcus. Les mauvaises herbes bleues sont revenues ! Viens m’aider à les exterminer !
– C’est terrible, grommela sa femme en arrivant avec de quoi déterrer les racines. Elles sont tenaces ces herbes ! » Sans un mot de plus, ils se mirent de nouveau à la tâche. Pendant ce temps, dans le ciel, l’astre grossissait.

Le champ de bataille se tenait entre les vastes plaines et une zone montagneuse mal fréquentée et truffée de cavernes gobelines. Qui savait quoi d’autre se tapissait dans les tréfonds des grottes ? « Capitaine ! » L’interpellée se tourna vers celui de ses trois compagnons qui lui avait adressé la parole. Les deux autres se tenaient, vigilants, à l’affût d’un quelconque danger.
Comme la vétérane levait un sourcil interrogateur dans sa direction, le soldat continua : « Il n’y a que de la chair à canon en face, pourquoi n’attaquons-nous pas ? » La femme ne répondit pas tout de suite. Elle enleva son casque, laissant s’échapper de longues mèches blondes, et s’épongea le front. Il faisait chaud à côté de ces montagnes, dont certaines étaient des volcans encore en activité.
Replaçant son heaume ailé, elle désigna les gobelins qui grouillaient sur les flancs rocailleux et expliqua : « Comme tu l’as si bien souligné : il ne s’agit que de chair à canon et de faibles combattants. Sauf qu’ils sont là, bien en vue, comme une provocation. Cela signifie que le véritable danger est caché.
– Je me doute, intervint un deuxième soldat des Veilleurs. Mais grâce à vous, nous sommes plus aguerris. Je pense que c’est le moment de nous débarrasser de ces gêneurs, ainsi nous aurons la voie libre jusqu’aux sommets des montagnes.
– Certes. » La capitaine sourit par devers elle. Ses trois compagnons se montraient tellement juvéniles parfois !
Elle laissa s’écouler quelques secondes avant de lui expliquer de nouveau : « Sauf que si nous tombons de manière irréfléchie, ce seraient eux qui auraient la voie libre jusqu’au bout des plaines. Et ce serait un problème, n’est ce pas ? » La question était rhétorique et ses trois Veilleurs acquiescèrent.
La capitaine savait que ses compagnons et elle allaient bientôt avoir le renfort de sentinelles volantes. Ces créatures mi-humaines, mi-oiseaux, étaient un atout précieux. Du ciel elles avaient une vue globale du champ de bataille. La vétérane attendit de savoir que le sentinelles allaient arriver pour lancer ses Veilleurs à l’assaut des gobelins, restant elle-même en retrait afin de les couvrir.
Un tremblement secoua la montagne et, alors que des éclairs jaillissaient du sommet pour frapper deux de ses soldats, plusieurs gobelins s’attaquèrent au troisième. Il se défendit vaillamment et parvint à en tuer deux avant d’être submergé par le nombre. Leur capitaine, prise de court par la rapidité de l’attaque, ne put que les regarder disparaître avec horreur. Elle n’avait pas pensé que l’Ennemi possédait autant de défenses magiques. Sa détermination se renforça. Les sentinelles aériennes venaient d’arriver. Elle ne doutait pas qu’ensemble, elles parviendraient à venger ses compagnons tombés.
Elle manqua de trébucher. Un nouveau tremblement ébranlait le sol. A côté des montagnes déjà existantes, une nouvelle poussait hors de terre. Il s’agissait d’un volcan, qui entra aussitôt en éruption. Un énorme rocher fut catapulté par l’explosion et frappa le contingent de sentinelles de plein fouet. La capitaine, à présent seule, n’eût pas le temps de s’émouvoir qu’un gigantesque dragon rouge se posa en face d’elle.
La vétérane savait que sa fin venait d’arriver.
« Hum. Bon. Et bien j’ai perdu : tu me finis au prochain tour, je n’ai presque plus de points de vie.
– On en refait une autre ?
– Pourquoi pas. » Les deux belligérants rassemblèrent chacun leurs cartes pour les mélanger et entamer un nouveau duel.
Salutations !
Je pense que vous n’en avez point souvenance, mais pour l’année 2016, je n’avais point envoyé de voeux. Voyez comme cela a manqué au monde ! Il suffit de regarder les informations et les rubriques nécrologiques pour s’en assurer : des désastres partout et une hécatombe incroyable. Cette année 2016 s’est avérée catastrophique sur bien des plans.
Alors, j’ai compris : il ne faut plus que je me dérobe à mon divin devoir des voeux de la Nouvelle Année. C’est beaucoup trop dangereux. Franchement, je ne vous félicite pas, l’Humanité ! Je tourne le dos un peu plus d’un an pour cause de plume récalcitrante et voilà que c’est le chaos.
Je suis désolée de m’être détournée de mon glorieux devoir de Déesse du Multivers. Je vais mieux faire dorénavant. Du moins, je l’espère haha ! Mais quand même, comment aurais-je pu deviner qu’autant de cataclysmes allaient se produire ? Il n’y avait ni augure, ni prophète pour prévoir de fin du monde cette fois-ci. On ne peut plus compter sur les civilisations anciennes pour nous tenir informés, c’est n’importe quoi.
Bref.
Je serai plus vigilante.
Donc, puisqu’il s’agit de voeux, je vous souhaite à tous une bien meilleure année 2017 ! Je vous encourage à rester optimistes, même si ce n’est pas toujours facile. Je vous souhaite également de croquer la vie à pleines dents saines, de vous retrouver envahis de richesses diverses, de boire goulûment à la fontaine de l’Amour et que vous soyez heureux ainsi que comblés en toute circonstance.
BONNE ANNEE 2017, PUISSE-T-ELLE ETRE MEILLEURE QUE LA PRECEDENTE !
BISOUS, TENDRESSE ET MEILLEURS VOEUX !
Ekwo, le Centaure Barde.
Salutations !
Et voilà, le NaNoWriMo 2016 est fini pour moi. J’ai commencé avec un peu de retard et fini avec un peu d’avance, sur une idée que j’aimais bien, tout parfait, donc. Je suis bien contente d’avoir vu mon inspiration générale revenir courant Juin, après plus d’un an de grosses difficulté à écrire. Et ça m’a fait très plaisir de voir cette session NaNoWriMotesque glisser comme sur du velours.
Alors bien sûr, je ne suis pas arrivée à la fin du roman en question. Quand j’ai un peu dépassé la moitié du NaNo, je me suis rendue compte que j’aurai beaucoup, mais alors beaucoup, de mal à arriver jusqu’à la fin. Ce qui n’est pas une première, puisqu’il m’est arrivé la même chose avec Le Coeur de l’Hiver (anciennement Bård qui, lui, est à présent fini et est deux fois plus gros qu’à la fin du NaNo 2014). Sauf que cette fois, j’ai tellement de choses à rajouter que je pense qu’il faut d’avantage parler en terme de tomes. L’avantage, c’est que je sais où c’est sensé aller (le mot « sensé » a bien sa place : on est jamais à l’abri d’une surprise, puisque j’écris sans préparation sur des idées qui me passent par la tête). En vrai, je crains que là-où-je-suis-sensée-aller ne soit que la fin d’un tome 2, et qu’il y en aurait un troisième qui se profilerait derrière (enfin ça, c’est de la faute de Marine qui m’a dit : « Et si tu faisais une trilogie ? O:-) » ). Mais je préfère ne pas trop regarder, mes persos se moquent de moi après. Si ça se trouve, d’ici là ils se seront lassés, on ne sait jamais !
Quoiqu’il en soit c’est fini, ça fait un peu bizarre cette soudaine coupure de fin de NaNoWriMo ^^ Mais il ne faut pas que je me repose trop sur mes lauriers. Les Haïkus de la Triche et leurs copains vont devoir revenir maintenant.
Bonne soirée et à bientôt pour de nouvelles élucubrations !

Avant de s’endormir d’un sommeil qui aurait pu être éternel, elle avait vu l’action des humains : ce voile qui détruisait la magie sur son passage. Se sachant condamnée si ce voile noir la touchait, elle avait rapidement rassemblé quelques objets empreints de magie dans son antre, qu’elle avait creusé le plus profondément possible. Puis elle était entrée dans un état de profonde hibernation, pour utiliser le moins d’énergie – et de magie – possible, espérant pouvoir se réveiller un jour plus propice, lorsque les effets du voiles se seraient estompés. Elle avait déjà cru une fois qu’elle pourrait être réveillée, mais le voile avait de nouveau fait son œuvre avant qu’elle n’ouvre les yeux. Son sommeil s’était fait plus profond et elle avait bien failli trépasser dans son sommeil à ce moment là. La dragonne voulait croire que, cette fois-ci, elle aurait l’occasion de sortir à l’air libre, pour faire passer sa colère millénaire sur tous les humains qu’elle pourrait rencontrer.
Ses babines frémirent sur un grondement silencieux.
FIN !
(et à suivre, dans les faits)