Texto du matin : Résumé de l’histoire des noms de famille en France

Aujourd’hui, nous allons parler des origines des noms de famille chez nous. Alors déjà, il faut savoir que chez les nantis romain antiques, les gens possédaient trois noms : le prénom, le surnom et le nom du groupe familial. Chez les romains antiques ordinaires n’existaient que le prénom et le surnom. Cet usage s’est répandu dans tout l’Empire, notamment chez les gallo-romains.

Puis, il y eût les invasions barbaro-germaniques. Ils ne s’intéressaient pas aux surnoms, qui disparurent peu à peu dans notre contrée française (qui n’était pas encore la France à cette époque, d’ailleurs). Aux alentours du Xème siècle, les surnoms se mirent à réapparaître en même temps que croissait la population, car les gens avaient besoin de se différencier les uns des autres. Vers le XIIème siècle on commença à officialiser tout ça. Mais ce n’était pas encore toujours très clair : les gens pouvaient toujours facilement changer de nom au gré de leurs envies.

Louis XI décide de commencer à règlement ces noms devenus noms de famille. Cela se déroulait au XVème siècle. Il interdit de changer de nom, sauf autorisation royale. Plus tard, François Ier décide la tenue de registres d’état-civil dont la responsabilité incombera exclusivement au clergé et ce, jusqu’à la Révolution. Aux alentours de 1800, la création du livret de famille fixera définitivement l’orthographe des noms de famille.

Il existe plusieurs types de noms de famille.
Les noms issus de métiers : Mercier, Fournier, Bouvier…
Les noms issus de particularité physique : Petit, Roux, Brun…
Les noms issus de prénoms : Privat, Gervais, Germain…
Les noms issus d’une origine géographique : Dupont, France, Dubois…
Les noms issus de la nature : Merlette, Pigeon, Rose…
Et puis tout un tas d’autres pas toujours classables ou issus de sobriquets divers et variés.

Texto du matin : La pomme de terre

Nous sommes mercredi, le jour des patates aussi. Parlons donc de la pomme de terre. Elle est originaire d’Amérique du Sud et, si l’on ne sait pas si elle s’adonnait à des sacrifices rituels, nous savons en revanche qu’elle a été ramenée en Europe pour la première fois par les Conquistadors au XVIème siècle. Puis les englishmen, pour ne pas se trouver en reste, se mirent également à en importer chez eux, puis s’occupèrent de l’essaimer également en Amérique du Nord.

En France, comme nous sommes des rebelles têtus, nous la boudâmes snobineusement (non ça n’existe pas) jusqu’au XVIIIème siècle. Car oui, nous avons toujours aimé ne pas faire comme tout le monde. Du coup la patate était vaguement utilisée pour nourrir les cochons, mais sans plus puisque nous la soupçonnions de ne pas être bonne pour la santé, alors même que le reste de l’Europe s’était mise à en cultiver de partout.

Malheureusement pour nos instincts d’originaux, il y avait des famines régulièrement à cette période. Des assemblées de gens instruits ont donc réfléchi au problème. Pour eux, il était clair que la patate était LA solution. Mais comment convaincre les gens de se nourrir avec, plutôt que de la donner aux cochons ? Là intervint le rusé monsieur Parmentier.

Ce brave Parmentier (1737-1813), Antoine de son prénom, avait pu se rendre compte des qualités nutritionnelles de la patate lors d’un séjour – probablement fort dépaysant – dans les geôles prussiennes. Face à l’entêtement de ses compatriotes, il décida de faire planter un champ de patates et de le faire solidement garder la journée. Cela attisa la curiosité des gens du coin qui, comme de bon français, avaient l’esprit de contradiction. Des tubercules gardés ? Voilà qui devait être fort précieux et, puisque l’on nous empêche de venir les chercher, nous irons les voler. Bien entendu, c’est l’histoire la plus connue, mais monsieur Parmentier a organisé des dîners où il faisait servir de la pomme de terre et a beaucoup oeuvré à promouvoir ce précieux tubercule en France. A partir de là, la culture de la patate se généralisa.

Maintenant nous la cuisinons sous moult formes (purée, gratins, frites…) comme si nous l’avions toujours adorée et elle fait partie de moult plats régionaux (gratin dauphinois, tartiflette, pommes de terre sarladaises, pommes de terre provençales, la crique…). La pomme de terre c’est la vie !

Solanum_tuberosum

Texto du matin : La Peste Noire

Je vais vous faire partager un sujet festif que j’ai envoyé à mes destinataires de mon texto du matin. C’était tellement festif que je l’ai envoyé en période de Noël !

Bien ! Alors à présent, abordons un sujet pile dans le ton de Noël : la Peste Noire. D’abord je vais vous parler de la maladie en elle-même, et ensuite je ferai un petit topo historique.

La peste est due à un vilain bacille, nommé de manière fort originale yersinia pestis, du nom de son découvreur monsieur Yersin (qui l’isola en 1894 suite à une pandémie de peste en Inde). Il s’agit donc d’une vilaine bactérie (qui existe en peluche) qui est transmise à l’homme par des puces infectées, par des rats malades principalement. Mais cette maladie peut aussi être véhiculée par d’autres rongeurs comme les jolis écureuils ou les mignons lapins par exemple, sans oublier leurs prédateurs. Elle peut également se transmettre par la morsure de ces charmants animaux contaminés. Miam !

Contemplez le regard de tueur de ce potentiel vecteur de la Peste !

Contemplez le regard de tueur de ce potentiel vecteur de la Peste !

La peste peut prendre trois formes : bubonique, septicémique ou pulmonaire, les deux dernières étant des variantes de la première. La forme bubonique est la « classique » lorsque l’on est mordu par une vilaine puce infectée (qui, en fait, vomit littéralement son infection dans la morsure parce qu’elle est malade aussi) et produit des bubons plus ou moins purulents sur les zones à repli du corps (comme l’aine par exemple). La septicémique est une forme virulente de la bubonique et, si j’ai bien compris, avec la forme septicémique on a peu de chance de survie, car elle est fulgurante. La forme pulmonaire, enfin, est une infection directe par un rongeur ou un humain contaminé. Celle là attaque directement les poumons et on meurt en les crachant par petits bouts (là vi, j’exagère, mais pas tant que ça). Après analyses génétiques, ce vilain bacille serait originaire d’un coin de la Chine.

Maintenant, c’est parti pour son impact sur l’histoire humaine ! (je vous imagine en train de vous réjouir en criant « youpiii ! »)

Alors en fait, avant l’épisode de la Peste Noire qui décima plus de la moitié de la population européenne, il y eut un « petit » épisode de peste bubonique au Vième siècle. On la nomma la peste justinienne, du nom de l’empereur romain qui régnait sur l’Empire Byzantin à l’époque, tout simplement parce qu’elle débuta à Constantinople. Cet épisode frappa surtout le bassin méditerranéen et, en France, surtout le long du Rhône, de Marseille à Lyon. L’épidémie est revenue toutes les décennies environ, puis finit par disparaître.

Puisqu'il était un homme de pouvoir, la Peste était probablement de sa faute.

Puisque l’Empereur Justinien était un homme de pouvoir, la Peste était probablement de sa faute.

Venons en à la grosse épidémie de peste noire. Pour replacer les choses dans leur contexte, il faut savoir qu’en Europe la population n’était pas très vaillante à ce moment là. En effet, ils étaient dans une période de refroidissement climatique et la guerre de 100 ans avait débuté. Ces choses amènent déjà leurs propres lots de famines et d’épidémies. Oh qu’il a du être content d’arriver là le yersinia pestis ! Des gens faibles et non immunisés contre lui, quel joli cadeau !

Cet épisode commença quand les Tatars (des gens aux mœurs subtiles, un peu comme les Mongols) assiégèrent Caffa, un comptoir génois (de Gênes en Italie) qui se trouvait au bord de la Mer Noire (Caffa, pas Gênes, suivez un peu). Eux-mêmes atteints par la peste qu’ils avaient ramenée d’Asie, les Tatars jouèrent à catapulter des cadavres infectés dans la cité. Du coup, lorsque le siège se termina et que les navires génois purent repartir, ceux-ci essaimèrent la peste un peu partout en Méditerranée.

A partir de là, ce fut un peu l’Apocalypse. Des gens mourraient partout, les villes se vidèrent de leur population, et on tua des lépreux et des juifs parce qu’on disait que la colère Divine s’abattait sur le bon peuple à cause d’eux, jusqu’à ce que le Pape de l’époque interdise audit bon peuple ce genre d’idioties. Mais il faut comprendre ces gens apeurés : les médecins n’étaient d’aucun secours, personne ne savait d’où cette affreuse maladie provenait et la mort était douloureuse. Ca a de quoi traumatiser.

Comme on pensait que la Peste se transmettait par l'air vicié, les médecins portaient souvent ces masques amusants, avec des herbes dans le looong nez afin de filtrer le mal et de ne pas tomber malade.

Comme on pensait que la Peste se transmettait par l’air vicié, les médecins portaient souvent ces masques amusants, avec des herbes dans le looong nez afin de filtrer le mal et de ne pas tomber malade.

Lorsque l’épisode se termina, une fois que la plupart des gens étaient morts ou immunisés, l’Europe avait perdu la moitié de sa population. Comme ce fut le cas pour la peste justinienne, l’épidémie revint de manière épisodique de temps à autre jusqu’au XVIIIème siècle en France, mais plus jamais elle ne se montra aussi meurtrière. Le bon côté, c’est que grâce à la Peste Noire, on a mis en place le système de quarantaine et aussi le cordon sanitaire. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que les épidémies furent progressivement entérinées en Europe.

Aujourd’hui, la peste est une maladie réémergente. Elle réapparaît en Afrique et en Asie.

Texto du matin : La tapisserie de Bayeux

Salutations en ce radieux lundi !

Je ne sais plus trop à qui j’ai raconté mes aventures normandes. Bref, j’ai parcouru toute la côte de Omaha Beach à Cabourg, et visité Bayeux ainsi que Caen. Voilà en résumé. Néanmoins, je vais vous rapporter l’histoire racontée sur la tapisserie de Bayeux, magnifique pièce de presque 1000 ans. Elle a été tissée aux environs de 1070 et expose la récupération du trône d’Angleterre par Guillaume le Conquérant sous forme de scènes. Une sorte de BD sans bulles. Il s’agit d’une pièce de lin brodée de laine, elle mesure presque 70 mètres de long et on ne sait pas vraiment quel est le côté de la Manche qui l’a tissée. C’est impressionnant, mais cela n’a pas empêché les révolutionnaires de s’en servir de bâche à chariot. Le tissu avait alors environ 700 ans.

Voici ce que raconte la tapisserie : il était une fois, le Roi d’Angleterre qui se sentait mourant mais qui n’avait point de descendance. Il décida de céder son trône à son petit cousin Guillaume le Bâtard (qui avait des origines norroises). Celui-ci avait déjà fait son bonhomme de chemin car il me semble bien qu’il était déjà Duc de Normandie et avait obtenu un mariage avantageux en épousant Mathilde, fille du Roi des Flandres. Rien que ça. Le Roi d’Angleterre envoya son neveu (je crois) Harold, afin d’informer Guillaume qu’il était désormais l’héritier du trône d’Angleterre. Harold partit alors en Normandie et, après quelques mésaventures (qui sont expliquées sur la tapisserie mais sur lesquelles je vais passer), finit par rejoindre le futur conquérant. Là, il délivra son message et, avant de repartir, il participa aux combats de Guillaume qui avait des démêlés avec un seigneur voisin. Harold fit montre de moult bravoure et force. Du coup, une fois la guerre finie, Guillaume fit de lui un chevalier et son vassal. Harold jura sa loyauté et prêta serment de reconnaître Guillaume en tant que souverain légitime, une fois que le vieux Edouard trépasserait. Et ce, sur deux reliques sacrées. Ceci fait, Harold retourna en Angleterre. Le Roi mourut peu après son retour. Il fut alors temps d’appeler Guillaume à régner ! Au lieu de cela, Harold se parjura et accapara le trône pour lui-même. Quel vilain !

L'attaque de Dinan où le brave Harold s'est illustré.

L’attaque de Dinan où le brave Harold s’est illustré.

Le bruit parvint bientôt à Guillaume que son vassal lui avait volé son trône et s’était parjuré. Furieux, il lança de grands préparatifs pour une invasion en règle. Nan mais ! Tout est très bien détaillé sur la tapisserie : la construction de navires aux airs de drakkars, le chargement des cottes de mailles, des armes, des vivres, des chevaux, etc etc. Bien sûr, dans toute cette entreprise ainsi que celle d’avant (où Harold avait fait des merveilles), le brave Guillaume est assisté par son demi-frère Odon, évêque de son état. A propos d’Odon, il fait partie des possibles commanditaires de la tapisserie de Bayeux, en vue de l’afficher dans sa cathédrale pour que tout le monde puisse la voir et connaître ainsi l’histoire de la Conquête (rappel : la tapisserie fait 70m de long et devait être compréhensible pour tous). Ce brave évêque était un homme de foi à l’ancienne ; il accompagnait toujours Guillaume au cœur du combat. Mais comme il n’a pas le droit de tuer son prochain, il s’équipe généralement d’une masse d’arme. En vue d’assommer bien sûr. Quant aux traumatismes crâniens possibles bah… C’est Dieu qui décide, n’est ce pas ?

Guillaume et ses deux demi-frères Odon et Robert

Guillaume et ses deux demi-frères Odon et Robert

Bref. Aussitôt ont-il embarqué, aussitôt sont-ils arrivés. Guillaume et ses gens posèrent le pied en Angleterre. Harold, ayant vent de la nouvelle, monta également une armée afin de rencontrer son rival sur le champ de bataille. Mais le parjure se montrait fort inquiet car, dans le ciel, un astre céleste avait fait son apparition et il l’estimait de mauvais augure. Il s’agissait en fait de la comète de Halley qui suivait son bonhomme de chemin, insensible aux tourments des hommes. Harold était un parjure, mais non un pleutre. Il était donc bien présent avec son armée sur le champ de bataille. Il encaissa la charge des cavaliers normands couverts par leurs archers.

Le fameux astre céleste, de bon augure pour certains, de mauvais pour d'autres.

Le fameux astre céleste, de bon augure pour certains, de mauvais pour d’autres.

La bataille fit rage pendant longtemps. Guillaume trucidait les anglois tandis qu’Odon les « assommait » (moi j’aime bien les évêques de l’époque), lorsque, finalement, une flèche normande jaillie de nulle part transperça l’œil d’Harold. Il trépassa, bien entendu, sur le champ et Guillaume devint ainsi Roi d’Angleterre. A ce moment là, plus personne ne l’affubla du sobriquet de « le Bâtard ». Non. Désormais on le surnommait Guillaume le Conquérant. Bien plus classe.

La bataille finale où Harold perdit la vie.

La bataille finale où Harold perdit la vie.

Dernière chose, cette tapisserie est dite la Tapisserie de la Reine Mathilde, car la légende voulait qu’elle l’ait tissée elle-même. En réalité on suppose qu’elle a été commandée à un atelier, probablement par Odon.

Et voilà ! L’histoire contée sur la tapisserie de Bayeux est terminée !

Texto du matin : A propos des chansons traditionnelles que l’on chante/fait chanter aux enfants

Aujourd’hui je vais vous parler des chansons ou comptines de notre enfance. Vous vous souvenez tous probablement de « Il était un petit navire« . Voire, vous vous souvenez peut-être même que cette chanson traite du cannibalisme, car quand « les vivres vin-vin-vinrent à manquer ohé ohé on tira z’à à la courte paille pour savoir qui serait mangé ». Ohé ohé. D’ailleurs, le sort tomba sur le plus jeune qui, grâce à un superbe Deus ex machina, s’en sort de justesse. Mais tout de même, en cas de famine, il est bien sûr concevable de manger ses semblables.

Or, nous ne faisons pas chanter que des choses à potentiel gore aux enfants. Non. Nous leur faisons également chanter des choses plus ou moins sales. Pour ne point trop choquer, abordons ce petit passage de « Au Clair de la Lune » où Pierrot enjoint le chanteur d’aller chez la voisine, « je crois qu’elle y est, car dans sa cuisine on bat le briquet ». Alors en vrai, non, l’expression battre le briquet ne veut pas dire qu’on allume un feu. Du moins, pas un feu avec des flammes. Cette expression signifie tout simplement « faire des cochoncetés ». Et elle doit être bien bruyante pendant la besogne, puisque son voisin Pierrot l’entend. Et il doit vouloir du calme puisqu’il nous enjoint de la déranger. Bref. Ca casse un peu le côté romantique de la chanson. D’ailleurs, la version pour enfant s’arrête souvent au deuxième couplet. Si ça vous amuse, voici la version complète.

Et je ne sais pas si vous connaissez cette chanson : « Nous n’irons plus au bois, les lauriers sont coupés. » Quand j’étais petite, je me demandais bien pourquoi on irait plus dans la forêt après avoir coupé les lauriers. Ce que j’ignorais, c’est que cette chanson fait référence à un épisode historique. Un beau jour, le Roi Louis XIV trouvait que la construction de son château de Versailles n’avançait point assez vite à son royal goût. Et, pour cause, il y avait un gros regain de maladies vénériennes qui touchaient les ouvriers qui se trouvaient un peu accro aux maisons closes à cette période. Or, à l’époque, les bordels étaient signalés par des branches de lauriers accrochées aux portes ! Les voilà les lauriers (on en déduira alors facilement ce que signifie l’expression « aller au bois », n’est ce pas ?). Le Roi fit donc fermer ces vils établissements et, donc, couper les lauriers. Bien sûr, dans la chanson on comprend que les lauriers ne vont pas rester coupés très très longtemps.
(on attribue une anecdote équivalente à son ancêtre Louis IX, mais c’était plutôt dans une idée de moeurs plus saines plutôt que de constructions de châteaux pas assez rapides)

Ces chansons sont jolies et faciles à apprendre pour entraîner la mémoire des bambins innocents qui ne connaissent pas ce second niveau de lecture que l’on peut avoir. Mais après cela, vous ne les entendrez plus jamais de la même manière ! Huhu !
Je pourrai continuer ainsi, mais ce sera bien suffisant pour aujourd’hui.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

Texto du matin : une petite histoire du chocolat

A propos du chocolat, l’on suppose que les Mayas (ou peut-être même les Olmèques) furent les premiers à cultiver le cacao. Outre ses vertus religieuses (car il était consommé à titre de boisson divine, mélangé à de la vanille et moult épices), les fèves de cacao servaient de monnaie d’échange et même à payer les impôts. Pour ma part, ça m’évoque les Oompa-Loompas, mais bref, passons.

La culture du cacao s’est vite répandue jusque chez les Aztèques, qui considéraient que c’était au dieu Quetzalcoatl (dieu serpent à plumes) que l’on devait le cacaoyer. Ce peuple pensait également que Quetzalcoatl (essayez de le dire en boucle très vite, vous rirez moins) était parti vers l’est sur un grand navire et qu’il reviendrait dans la période où Cortès mit le pied chez eux. Quel chance de cocu pour ce fier espagnol qui ne pouvait surveiller les agissements de sa femme ! Il fut fort bien accueilli et les Aztèques lui firent boire le chocolat sacré. Cortès ramena donc des fèves de cacao au Royaume d’Espagne où elles eurent beaucoup de succès, avant de se répandre dans le reste de l’Europe.

En France, Louis XIV qui régnait à ce moment là n’accorda le privilège de fabriquer le chocolat qu’à une seule personne. Cette personne, à qui la bonne fortune souriait de toutes ses dents, se nommait David Chaillou et était premier valet de chambre du Comte Soisson. Mais qu’un seul fabricant dans un pays de la Renaissance ne produit que trop peu de cet amer nectar des dieux aztèques. Du coup, à cette période, se mit en place une filière illégale fournisseuse en fèves de cacao.

Cette filière était due à une communauté juive, installée à ce moment là au Pays Basque après avoir été chassée du Portugal et d’Espagne. Ils armaient des navires corsaires afin de piller les galions espagnols transporteurs de cacao (pauvre galions espagnols, pillés de toutes parts par des corsaires et pirates… C’est ça d’être trop riche). Pour ne pas éveiller trop de soupçons (les histoires de corsaires étaient des secrets de polichinelle), ils avaient également des filières d’approvisionnement légales passant par le Vénézuela et Amsterdam. Originellement, ils approvisionnaient juste les chanoines de Bayonne… (Tout ça pour ça) Bien sûr, puisque l’autorisation unique de fabriquer et vendre du chocolat durait 29 ans, j’imagine qu’ensuite cela s’est vite répandu.

En tous cas, maintenant nous en avons moult !

Quetzalcoatl

Texto du matin : La Tarasque

Salutations !

Voici donc le premier texto du matin sur ce blog. En réalité, il ne s’agit pas du tout premier sms du matin, mais il s’agit d’un sujet que j’aime bien. Bien évidemment, puisque je suis limitée à trois fois 160 caractères par message (soit 480 pour ceux qui ne savent pas/ont la flemme de calculer), ces textos à thème s’égrènent souvent sur plusieurs jours.

Applaudissez bien fort la Tarasque !

La tarasque est un monstre issue du folklore provençal assimilé à une sorte de dragon fluvial. Dotée d’une crinière de lion, elle arbore également des oreilles de cheval et un visage de vieil homme ridé. De plus, elle dispose d’un long corps sinueux, prolongé d’une queue avec un dard de scorpion, de six pattes et d’une carapace de tortue. En bref, son aspect est encore plus patchworkesque que celui de la chimère huhu !
Cette charmante bestiole squatterait la rivière près de Tarascon, ville à laquelle elle aurait donné son nom. Plus exactement, elle vivait à l’origine sur le gros rocher surplombant la ville (où aurait été construit par la suite le château du Roi René). Mais elle se montrait une mauvaise voisine, et d’aucun lui reprochaient entre autre de faire gonfler les eaux du Rhône et de ses affluents, ou même de dévorer les gens. Ce qui est désagréable.
Un jour, Ste Marthe qui passait par là (le hasard fait bien les choses) se mit en tête de capturer la tarasque. Ainsi en fut-il fait, puis le monstre fut mis en pièces par les riverains, furieux des pertes causées.
Ce que je trouve intéressant à noter à propos de la tarasque, c’est qu’il en a été retrouvé des représentations bien plus anciennes que les dates rapportées par la légende (dates estimées où Ste Marthe serait passée par ce petit patelin). Ce qui me conduirait à penser, moi-personnellement-moi-même, que la tarasque est à l’origine un genre de divinité aquatique/fluviale locale dont le mythe a été absorbé lors de la christianisation du coin. On retrouve la même chose pour divers contes de par l’Europe occidentale, c’est un classique.
Pfiou ! J’ai dit trop de choses intelligentes d’un coup !

Petit rajout : Il y a quelques années, le mythe de la tarasque a été repris par Donjon et Dragon, où les auteurs l’ont appelée Tarrasque et en ont fait un monstre immortel et destructeur.

A bientôt pour un nouveau remaniement de texto du matin !

2005 Tarascon Beucaire 003