NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 18

Le train ne s’était pas encore arrêté que Simon sortit de sa maison pour sauter lestement sur le quai, afin de bien vérifier que la gare avait bien reçu son télégramme qu’il avait envoyé de Covempton à propos du stockage de son wagon-appartement. L’archéologue ne revint pas tout de suite, mais les deux jeunes gens perçurent des vibrations dans le sol de la voiture, puis celle-ci s’ébranla de nouveau, en arrière cette fois. Cela dura peu de temps : le wagon tourna et se retrouva rapidement rangé sur une voie de garage. L’archéologue fit de nouveau irruption, souriant comme à son habitude. « Tout va bien, leur assura-t-il. Ils garderont ma maisonnette au chaud pendant que nous partons en expédition. » Les deux jeunes gens acquiescèrent de concert. Ils passèrent la suite et la fin de leur soirée à préparer du matériel tout en discutant ensemble de choses et d’autres et, notamment, de ce qu’ils risquaient de trouver dans la bibliothèque. En vue de leur future journée de labeur, ils partirent tous trois se coucher très tôt.

 

Bien équipés, les trois explorateurs se rendirent à AllMobile, une petite société qui louait tout un tas de moyens de transport. Les alentours de cette ville étaient très touristiques, avec son lac aux eaux claires, ses ruines historiques et ses randonnées montagnardes. AllMobile était donc une petite affaire plutôt prospère. Simon jeta son dévolu sur ce que le loueur appelait pompeusement une mécamobile. Il régla et signa quelques papiers, puis les trois posèrent toutes leurs affaires dans le véhicule. Ils montèrent aussitôt en voiture et l’archéologue se mit vivement au volant. Ethelle put remarquer qu’il conduisait plutôt bien pour quelqu’un d’apparence aussi éparpillée. Il les mena d’abord acheter de quoi pique-niquer pendant l’expédition avant de se mettre véritablement en route.
(Insérer une péripétie incluant NM ?)

En quittant la ville, ils décapotèrent la voiture, pour profiter au mieux du voyage. Clay, à qui ils avaient laissé toute la banquette arrière, était penché vers l’extérieur pour mieux sentir l’air fouetter son visage. Il rappela à Ethelle les chiens de ses amis qui agissaient de même dès qu’ils montaient en voiture, enthousiasmés par le voyage et le vent dans leur truffe. Simon les emmena très loin dans la nature. Il n’y avait même plus de route et, pourtant, il continuait de rouler avec détermination au milieu de nulle part. Ils avaient quitté les hautes montagnes et l’endroit était vallonné, teinté des jaunes, oranges et rouges de l’automne. L’herbe était encore bien verte et des fleurs persistaient ça et là. La rouquine finit par se sentir fatiguée, enivrée par le grand air ; elle ferma les yeux et s’endormit paisiblement.

L’arrêt du véhicule la tira du sommeil. Elle bâilla et s’étira longuement. Ceci fait, la jeune femme inspecta les alentours de là où ils s’étaient garés. Ils se trouvaient dans une étrange clairière bordée de feuillus clairsemés d’un côté et du flanc d’une grande colline de l’autre. Simon avait garé la voiture au milieu de la clairière et était en train d’installer de nouveau le capot, probablement au cas où il y ait des intempéries ; il ne comptait certainement pas laisser la caution qu’il avait laissée à AllMobile. Clay avait commencé à décharger le véhicule mais, intrigué par l’endroit, avait arrêté pour faire le tour de la clairière, examinant tout avec attention. « Fait attention où tu marches, le prévint Simon. Vers la colline le terrain est de plus en plus instable. » Ethelle descendit à son tour et, malgré son manque d’habitude dans le domaine, songea à aider l’archéologue à sortir leurs affaires.

« Sortons tout, déclara Simon. Nous allons carrément monter notre camp dans la bibliothèque.
– Est-ce bien raisonnable ? S’inquiéta la jeune femme. Ne risquons-nous pas de nous retrouver ensevelis là-dessous si nous y dormons ?
– Oh non, il n’y a pas de souci à avoir, lui assura l’archéologue. Lors de ma dernière visite, j’ai repéré un endroit tout à fait stable et sain.
– Vous nous avez dit que vous aviez découvert l’entrée dans une faille qui s’était ouverte suite à un tremblement de terre, pointa la rouquine. Comment est-ce que l’endroit peut être stable ?
– Oh mais le tremblement de terre a eu lieu il y a bien longtemps de cela, la région n’a plus vraiment d’activité sismique ! » Comme toujours, Simon débordait d’enthousiasme. L’effet rassurant de ses propos était donc mitigé sur Ethelle. Elle se laissa tout de même convaincre. Les yeux de l’archéologue brillaient de millions d’étoiles à chaque fois qu’il mentionnait qu’ils allaient passer quelques jours entiers dans ce bâtiment antique. Et comme elle doutait que Clay se montre plus raisonnable, elle se résigna à les suivre dans leur douce folie exploratrice.

« Wow ! S’exclama d’ailleurs celui-ci. Euh ? Hem… Les gars ? Je crois que j’ai trouvé la faille ! » Il y eut un silence. « J’ai failli tomber dedans ! » Les informa-t-il ensuite. La rouquine leva les yeux au ciel. Elle craignait que l’enthousiasme débordant des deux homme qu’elle accompagnait ne leur fasse faire des bêtises. Légèrement inquiète et ayant l’impression d’être la seule personne raisonnable de l’équipe, la jeune femme se promit de les surveiller pour éviter qu’ils se blessent dans leur entreprise. Ce fut, entre autre, pour cette raison qu’elle observa avec intérêt Simon qui sortait le matériel pour les assurer pendant leur descente. Ils n’allaient pas avoir à escalader à proprement parler, mais la descente promettait d’être abrupte. Et cela risquait d’être d’autant plus dangereux qu’ils seraient chargés. Et encore, Derrington leur avait dit qu’il restreignait le poids au minimum, car ils auraient certainement des trésors archéologiques à ramener de leur voyage dans le passé.

Après les dernières recommandations de Simon – qui paraissaient étrangement sérieuses par rapport à ses habitudes légères – les trois explorateurs entreprirent de descendre dans les entrailles de la terre, avec précaution. L’archéologue ouvrait la marche en l’éclairant d’une lanterne, puisqu’il connaissait mieux le terrain, Ethelle suivait et Clay fermait la marche en portant le plus gros du matériel. A certains moments, le passage devenait très étroit, en plus d’être abrupt, ce qui ralentit encore leur progression. Le gros avantage du métier d’archéologue, se dit la rouquine, c’est qu’au moins ils n’étaient pas pressés : les vestiges n’iraient nulle part. C’était peut-être même pour cette raison que Simon parvenait actuellement à prendre son temps à marcher précautionneusement au lieu de sautiller vers sa bibliothèque chérie. Dans tous les cas, cette attitude mature rassurait Ethelle. Clay se montrait également prudent, ce qui la réconfortait d’autant plus.

La descente ne s’éternisa pas autant que la jeune femme le craignait, même si il y avait eu des passages très compliqués. Ils posèrent enfin le pied sur des marches de pierre qui montaient sur leur droite pour arriver devant des portes, originellement en verre, dont les débris d’une d’entre elles jonchaient le sol. L’archéologue avait l’air un peu gêné. Il se tint un bref instant devant eux, les mains se tordant d’embarras comme un enfant. La rouquine décida de profiter de la situation pour le taquiner. Cela ne lui ressemblait pas d’ordinaire, mais elle ne put s’en empêcher. « C’est vous qui avez cassé cette porte millénaire, n’est ce pas ? » S’enquit-elle. La jeune femme récolta un hochement de tête affirmatif et contrit. « Ne nous avez-vous pas dit que de détruire de telles pièces allait à l’encontre de tous vos principes archéologiques ?
– Oui, je sais, soupira-t-il. Mais je n’avais pas le choix ! Les armatures étaient trop vieilles pour ne pas se désagréger lorsque j’ai essayé d’ouvrir, tout a lâché d’un coup et la vitre est tombée d’un coup.
– Comment sont-elles sensées s’ouvrir ? » Demanda Clay qui observait curieusement les portes. La question parut rendre sa personnalité passionnée à Simon.

« Oh ! Elles sont sensées coulisser, expliqua-t-il joyeusement.
– Je suppose que le système de coulissage ne fonctionne plus, déplora l’ancien Faucheux. Et où se trouve la poignée ?
– Je me suis posé la même question ! Se réjouit l’archéologue.
– Et donc ? S’enquit Ethelle alors que l’explication se faisait attendre.
– Je ne sais pas, avoua Simon. Je n’ai pas réussi à déterminer comment cela fonctionnait. Ca ressemble à quelque chose qui aurait été activé de manière mécanique, ou quelque chose comme ça.
– Si c’est le cas, c’est ingénieux, commenta Clay. Tous les mécanismes doivent être cachés dans les murs.
– Je pense, oui, approuva l’archéologue. Il faudrait que j’amène des techniciens ici pour étudier la question. Je… Je n’ai pas l’habitude de ne pas comprendre les techniques de l’antiquité. Normalement ils sont sensés être moins avancés que nous sur le plan technologique. Mais eux… » Il se mâchouilla la lèvre inférieure.

« Eux je les soupçonne d’avoir été beaucoup mais alors, vraiment beaucoup plus avancés que nous.
– Cela semble vous perturber, nota Ethelle.
– Je suppose que oui, en un sens, réfléchit Simon. C’est comme si je m’aventurais en territoire totalement inconnu. Ce qui est particulièrement excitant ! Mais aussi, un peu effrayant je dois bien l’avouer.
– Qu’est-il écrit là au-dessus ? S’enquit Clay en désignant le fronton de la porte.
– Oh ! Ca, je le sais ! Se pavana l’archéologue. Leur alphabet est une version antérieure de plusieurs alphabets antiques que je connais (trouver des noms de langues antiques de différentes régions et s’étendre sur le sujet) et qui ont beaucoup de points communs. Je pense qu’ils sont tous issus de cet alphabet là. Les deux mots sont aussi assez ressemblants à ces langues en question.
– Cela ne nous dit pas la signification de ces deux mots, lui rappela la rouquine.
– Haha oui, excusez-moi mademoiselle, je me suis encore laissé emporter, se repentit Simon avec un sourire rayonnant. Ces deux mots veulent dire Bibliothèque Universitaire.
– Wow ! S’exclama Clay. Cela faisait donc partie d’une école ?
– Pas seulement, s’enthousiasma l’archéologue. De ce que j’ai compris, cet endroit faisait partie de tout un ensemble dédié à toutes sortes de recherches et d’érudition.
– Ca semble particulièrement important et intéressant, s’émerveilla le jeune homme.
– Oh oui, assurément, approuva vivement Simon. Et encore, je ne comprends pas toute leur langue ! C’est une forme vraiment ancienne par rapport à celles que je connais et je ne suis pas linguiste de formation en plus.
– S’agit-il d’une forme plus archaïque ? S’enquit Ethelle.
– Non, au contraire, soupira l’archéologue, elle est plus subtile et complexe. Surtout complexe. Comme je regrette de ne pas avoir été plus sérieux, j’aurais du passer cette formation de linguiste !
– Vous avez pourtant l’air de bien vous débrouiller, le rassura Clay appuyé par un hochement de tête de la jeune femme rousse.
– Merci, vous êtes tellement adorables tous les deux, s’attendrit Simon. Il n’empêche que j’aurais été plus efficace ici si j’avais été linguiste. Mais vous avez raison, après tout je connais toutes ces langues mortes comme si elles étaient mes langues maternelles. Je finirai bien par vaincre cette langue originelle ! »

Après cette petite discussion édifiante sur le palier de la bibliothèque, l’archéologue les fit entrer dans le bâtiment par la porte qu’il avait cassée auparavant. L’intérieur avait très peu bougé, pour quelque chose qui datait de plusieurs millénaires. Bien sûr, une épaisse couche de poussière et quelques débris recouvraient le tout, mais Ethelle estima qu’il n’y aurait pas besoin de beaucoup de rénovation pour rendre à l’édifice son état d’antan. Cela l’impressionna. Elle commençait à se laisser gagner par l’enthousiasme de ses deux compagnons d’exploration.

 

 

1910 mots pour aujourd’hui et retard rattrapé \o/

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 17

Elle ne resta pas offusquée très longtemps alors qu’ils se partageaient les gâteaux restants. Ils étaient encore chauds et se régalèrent. « J’espère que vous savez qu’il faut les laisser reposer avant de les manger, les informa Simon. Bande de gloutons ! » Les deux jeunes gens échangèrent un regard complice, avant de terminer l’assiette. Clay s’occupa même de terminer toutes les miettes. L’archéologue faisait semblant d’être fâché, mais il était évident qu’il était ravi du succès de ses petites pâtisseries. Ses hôtes étaient même tellement les bienvenus qu’il leur avait encore prévu une surprise avant que le train, qui devait emmener l’appartement mobile, n’arrive.

Un couple de tailleur-couturier frappa bientôt à la porte. Simon leur avait demandé de venir pour équiper en vêtements d’explorateurs décents ceux qu’il avait décidé de proclamer ses apprentis. Les deux tailleurs se montrèrent très aimables envers l’archéologue qui leur expliqua en long, en large et en travers ce qu’il attendait d’eux. Ils avaient un certain âge et se contentèrent de le considérer avec bienveillance. Lorsqu’ils commencèrent à se mettre au travail, Simon ne put s’empêcher de tourner autour d’eux pour leur poser des questions ou émettre des suggestions. Ethelle songa qu’elle n’aimerait pas être à la place des deux artisans. La femme du couple finit par l’informer que se tenait actuellement le marché de la gare, l’un des plus gros de la région, qu’y était vendue toute une variété de produits locaux et que ce serait dommage de rater une telle occasion.

Toujours enthousiaste, l’archéologue se laissa piéger et sortit aussitôt faire des emplettes. « Vous avez bien fait de l’envoyer ailleurs, commenta la rouquine. Il me mettait les nerfs en pelote !
– Je sais bien, pouffa la couturière. Il mettait également les nerfs en pelote à mon mari, n’est ce pas mon amour ?
– Hmpf, commenta le tailleur.
– Et je pense que cela aurait été dommage que l’un d’entre vous se retrouve piqué d’une aiguille sur un geste d’énervement.
– Je suis bien d’accord, confirma Clay qui louchait d’un air inquiet sur les nombreuses épingles.
– Nous n’aurons pas le temps de faire grand chose, précisa l’homme. Juste un vêtement, dit d’explorateur comme commandé par monsieur Derrington, pour chacun d’entre vous.
– Ca sera suffisant ! » Lui assura joyeusement l’ancien Faucheux à qui c’était la première fois qu’on taillait un vêtement sur mesure.

Ethelle, quant à elle, profitait de ce moment qu’elle n’avait plus eu l’occasion de vivre ces derniers temps. Le couple de tailleurs travaillait vite et bien. De plus, la couturière se montrait de plaisante compagnie, conversant selon les envies de ses clients. Le tailleur, lui, restait silencieux, n’ouvrant la bouche que lorsque cela était nécessaire. Entre les mains des professionnels, les habits prenaient forme. La rouquine estima le tissu de bonne qualité et le travail efficace. Simon savait choisir la qualité. Elle se demandait de quel origine sociale provenait cet énergumène. Il leur avait parlé de ses aventures dans le domaine de l’archéologie, mais pas de sa famille. Cela l’intriguait. Elle nota dans un coin de sa tête de penser à l’interroger à ce sujet un de ces jours. Un jour où elle serait d’humeur pour l’écouter digresser sur tous les détails de son enfance, bien sûr. Ce ne serait pas toujours le cas, subodorait-elle. La jeune femme nota aussi l’astuce d’envoyer Simon courir loin voir quelque chose qui l’intéressait. Cela avait l’air facile : l’archéologue s’intéressait à tout et ça pouvait s’avérer pratique si il se montrait un peu trop envahissant.

Le couple d’artisans était parti de vêtements déjà existants qu’ils se contentèrent d’ajuster à leurs nouveaux propriétaires. Ils œuvrèrent tant et si bien qu’ils eurent terminé bien avant que le train qui allait les emmener n’arrive en gare. Lorsque Simon fit de nouveau son apparition, ils discutaient tous les quatre, équipés de tasses de thé fumantes. « Vous buvez du thé sans moi ! Se plaignit-il aussitôt.
– Oh non, nous n’aurions pas osé, lui assura vivement Clay. Nous avons sorti une tasse de plus et il y a encore de quoi faire dans la théière.
– Oooh, mais vous êtes adorables. » S’émut l’archéologue. Il se reprit rapidement lorsque le tailleur lui annonça le prix de la rapide prestation effectuée par sa femme et lui. Simon paya sans rechigner la somme demandée. Le couple les salua et s’en fut, après les avoir remerciés pour le thé. « Le train ne va pas tarder, reprit Derrington après leur départ. Je vais aller m’assurer que notre wagon sera bien attaché pour le départ ! » Il fila de nouveau.

Clay se tortillait sur lui-même dans ses nouveaux vêtements. « Que t’arrive-t-il ? Finit par lui demander Ethelle qui s’était servie une nouvelle tasse de thé fumant et l’observait s’agiter dans tous les sens.
– J’ai envie de voir ce que ça donne, geignit-il. Est ce que cela me va bien ?
– Oui, ces nouveaux habits te vont à ravir, vous avez l’air d’un véritable explorateur là-dedans. » Elle n’avait pas mis beaucoup de conviction dans son ton, mais elle n’en pensait pas moins. L’ancien Faucheux avait l’air d’un autre homme dans ce nouvel accoutrement. Il avait gardé son côté un peu voyou de gamin des rues, mais il paraissait aussi plus mature à présent. Clay avait gagné une prestance certaine. Il ne s’en rendait pas compte, bien sûr, et d’en être conscient altérerait certainement son allure, comme c’était le cas pour la plupart des bellâtres qu’elle avait eu l’occasion de côtoyer.

« C’est vrai ? Insista le jeune homme.
– Mais oui, persista la rouquine. Vous n’avez plus qu’à apprendre des connaissances sur la haute antiquité et vous ferez un parfait deuxième Simon.
– Ce serait fantastique ! S’enthousiasma Clay. En portant un habit aussi élégant, je me sens plus intelligent. Nul doute que je vais devenir quelqu’un d’important maintenant !
– Ce sont juste des habits, tempéra Ethelle. Ils ne changent pas qui vous êtes à l’intérieur.
– Ah ? Bof, vous savez, avec toutes ces choses magiques qui se passent, je pense que tout est possible. » La jeune femme n’avait rien à répondre à cela. Elle n’en eût pas besoin : Simon fit irruption avec entrain. Il avait tout arrangé avec le personnel de la gare et leur train allait arriver d’une minute à l’autre. Lorsque Clay se plaignit à lui qu’il ne pouvait pas s’admirer dans sa nouvelle vêture, l’archéologue ouvrit l’une des portes des placards qui encadraient son lit. L’intérieur de la grande porte portait un long miroir que Simon désigna fièrement au jeune homme.

Les deux s’amusèrent à s’amuser devant la glace jusqu’à ce que le wagon ne s’ébranle, sous le regard désabusé d’Ethelle qui se noyait au thé, à défaut d’alcool. La voiture venait d’être attachée à l’arrière de son nouveau train. L’archéologue était tout excité à l’idée du voyage et Clay se montrait tout aussi enthousiaste. A force, ils parvinrent à communiquer leur bonne humeur à leur compagne blasée. Elle finit bientôt par rire à leurs pitreries. Le train se mit en route peu de temps après que le wagon l’ait rejoint. Les trois habitants entamèrent leur voyage sous de joyeux auspices. Ils se calmèrent bientôt, Simon passant aux choses sérieuses. Il mit les quelques heures de voyage à profit pour enseigner à ses jeunes hôtes les rudiments de l’archéologie. Il ne digressa pas sur l’histoire, non. Il s’en tint aux techniques de base dont ils auraient tous besoin pour explorer la bibliothèque antique, sans rien abîmer des trésors à l’intérieur, ni se mettre en danger dans un bâtiment datant de plusieurs millénaires.

Le trajet passa rapidement ainsi. Simon parvenait à rendre même les détails les plus techniques intéressants ou, au moins, un peu ludiques. A la grande surprise d’Ethelle, Clay se montra passionné par tout ce que leur expliquait l’archéologue. Il semblait avoir véritablement décidé de se lancer à son tour dans cette voie et il gratifiait Simon de regards admiratifs. Elle devait avouer que toutes ces choses qu’elle découvrait ne lui étaient pas inintéressantes non plus. Etant donné la facilité qu’avait leur hôte à les captiver et la mine de connaissance qu’il semblait être, elle se demanda pourquoi on ne lui avait pas attribué de chaire dans une université. Peut-être que les autres spécialistes du domaine rechignaient à l’accepter comme collègue un peu trop enthousiaste. Quoiqu’il en soit, ils passaient un bon moment, la rouquine dut bien se rendre à l’évidence.

Lorsque Simon estima qu’il avait terminé de leur transmettre le minimum vital de connaissances, il leur fit visiter toutes les subtilités de sa petite maison, même si ils devaient bientôt la quitter. Ethelle apprit ainsi que l’étrange machine cubique dotée d’un hublot de la salle de bain servait à laver les vêtements. Elle ne savait même pas si ces choses existaient à grande échelle, ne s’étant jamais posé la question de savoir comment les domestiques lavaient ses vêtements. Néanmoins la jeune femme trouva ce dispositif ingénieux ; il suffisait de mettre les vêtements, du savon et de l’eau chaude dans le tambour, puis de l’activer à la main grâce à une manivelle qui décuplait la force imprimée et faisait tourner le tambour à toute vitesse. Ils s’en servirent au passage pour leurs vêtements précédents, histoire d’avoir des habits propres pour se changer lorsqu’ils rentreraient de leur expédition.

Simon leur expliqua qu’ils allaient arriver trop tard à la prochaine gare pour partir tout de suite à l’assaut de la bibliothèque antique. Clay se montra particulièrement déçu. « Ne pourrions-nous pas y aller, même de nuit ? Plaida-t-il. Après tout, vous avez dit qu’il ferait noir là-bas et que nous aurions besoin d’emmener de la lumière avec nous.
– Je suis enchanté de voir tant d’enthousiasme ! Se réjouit l’archéologue. Malheureusement, nous devons aller loin de la gare, louer une voiture ou des chevaux et prévoir d’autres choses qui ne peuvent se faire qu’en journée. Mais sache que je le déplore autant que vous. » Ethelle ne le déplorait pas tant que cela, elle. Elle s’abstint tout de même de dire quoique ce soit pour ne pas briser leurs ardeurs. La rouquine réalisa qu’elle aimait bien les voir ainsi. Ce qui ne l’empêchait pas de vouloir profiter d’une bonne nuit de sommeil avant de partir explorer des ruines antiques, dont elle avait appris qu’elles étaient enfouies très loin dans le sol et que le seul moyen d’y accéder passait par un précipice. Elle préférait affronter ce genre de choses en étant bien reposée. Surtout si il devait y avoir un trajet en voiture ou à cheval avant.

Pendant qu’elle réfléchissait, le train siffla, prévenant qu’il allait entrer en gare.

 

 

1760 petits mots aujourd’hui ! Si je suis sage (et je le serai plus qu’aujourd’hui car je ne boirai pas de vin avant de me mettre à écrire), je finirai de rattraper mon retard demain \o/

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 16

« Je vais devoir dormir par terre, décréta Clay.
– Pourquoi donc ? S’étonna Simon.
– Parce qu’il n’y a visiblement pas trois lits et que c’est moi qui ai le plus l’habitude de dormir à la dure, expliqua le jeune homme.
– Il ne faut pas présumer des choses aussi rapidement, le gourmanda l’archéologue. J’avais tout prévu, au cas où j’avais des amis que j’aurais à héberger. » Celui-ci se dirigea fièrement vers son canapé, détacha quelque chose dessous et tira un tiroir, qui s’avérait être en réalité un lit. « Et tadaaam ! S’exclama-t-il en se rengorgeant. Bien sûr, à terme il se peut que nous soyons un peu serrés dans cette maison qui n’est prévue que pour moi. Mais, pour une situation temporaire, cela conviendra très bien. Bien sûr, je vous laisserai vous débrouiller avec le canapé et moi, je vais récupérer mon lit. »

Ethelle était une personne difficile à émerveiller. Néanmoins elle devait bien admettre que leur hôte n’était pas avare en surprises. Après son passage dans la vie de la rue, la jeune femme se rendit à l’évidence : elle avait eu de la chance de tomber sur cet archéologue excentrique. Il était sans aucun doute sa porte de sortie, lui évitant de rester dans sa « maison » du parc, ou de devenir l’un des Faucheux ou de devoir se replier sur une solution de mariage qui ne lui convenait pas non plus. Bien sûr, la jeune femme allait devoir apprendre à vivre en quasi promiscuité avec deux hommes, elle qui avait l’habitude de grands espaces qui lui étaient entièrement dédiés. La rouquine se sentait plutôt optimiste vis à vis de cela ; ils lui laisseraient certainement de l’espace si elle le leur demandait. Passant sa dernière tenue de nuit, qui s’était enroulée autour du pot de confit de canard durant son voyage dans son sac et qu’elle dut défroisser un peu, elle se rendit vers le canapé.

Elle s’attribua égoïstement le lit-tiroir qui lui semblait plus confortable. Le jeune homme se coucha sur le canapé au-dessus d’elle et s’endormit aussitôt. Simon, lui, dormait déjà à l’autre bout de la pièce, ronflant légèrement dans son lit. Ethelle ne parvint pas à fermer l’œil aussi rapidement que ses compagnons. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Pour le moment, elle suivait Simon et Clay. Mais voulait-elle vraiment devenir archéologue, elle ? Comment voyait-elle son avenir, maintenant qu’il n’était plus tout tracé ? La jeune femme réalisa que toute une multitude de possibilités s’offraient à elle. D’y songer lui donnait le tournis et elle ne parvenait pas à arrêter le tourbillon de pensées. Le jeune homme en contre-haut bougea un peu. La rouquine espéra un bref instant qu’il se réveille, pour pouvoir discuter un peu. Elle ressentait le besoin d’échanger. Constatant que le jeune homme s’était juste retourné dans son sommeil, elle considéra un instant l’option de le réveiller pour de bon. Mais elle craignait que cela mette son compagnon de mauvaise humeur. Elle lui tourna le dos, déterminée à s’endormir. Son cœur bondit soudain alors que ses yeux captaient une étrange lumière, très faible, fantomatique et colorée. Oubliant toute idée de dormir, Ethelle se redressa à moitié. Et puis elle comprit : la faible lueur provenait du bouquet de pensées. Ces fleurs n’étaient pourtant pas sensées produire de lumière, si ? La jeune femme se demanda brièvement si elle était en train de rêver ou pas.

Pour en être certaine, elle tapota les côtes de Clay du bout du doigt. Il ne se réveilla pas. Elle recommença, plus fort cette fois. Il poussa un grognement étouffé en réponse. La rouquine persista une troisième fois et fut récompensée par une question hébétée : « Quoi ? Que se passe-t-il ?
– Regarde, lui chuchota-t-elle pour ne pas réveiller Simon tout en lui désignant le petit vase improvisé dans le verre à whisky.
– De quoi ? Répéta l’ancien Faucheux qui avait du mal à émerger du sommeil. Oh ! Ca brille…
– Oui, confirma Ethelle tout bas. Mais les fleurs ne brillent pas normalement, si ?
– Je ne sais pas, avoua Clay. Je n’y connais pas grand chose en fleurs. Simon n’a-t-il pas dit que c’étaient des fleurs des fées ou féériques ou quelque chose comme ça ?
– Si, confirma la jeune femme. Sauf que je ne pensais pas que c’était vrai.
– Il y a une façon de s’en assurer. »

L’ancien Faucheux se leva et aida Ethelle à faire de même. Il attrapa sa veste, la pèlerine de sa compagne et leur deux paires de chaussures. Ouvrant tout doucement la porte du wagon, il se glissa dehors, la rouquine à sa suite. Ils s’équipèrent pour ne pas attraper froid et Clay entraîna la jeune femme en direction du rocher aux fées. La gare se situant en périphérie de la ville dans la direction du gros caillou, ils ne mirent que quelques minutes pour y parvenir, malgré l’obscurité car ils n’avaient pas pris la peine d’emmener une lanterne. Ethelle avait eu froid au début et, après avoir marché d’un bon pas, elle était à présent réchauffée. Mais elle ne put retenir un frisson en apercevant le rocher au fées. Ce n’était pas tant la roche en elle-même qui était impressionnante, mais le parterre de pensées autour, qui luisait de douces lumières irisées. « Ce sont vraiment des fleurs féériques. » Murmura pensivement le jeune homme.

Il emmena sa compagne en direction du caillou, se déplaçant précautionneusement à travers le tapis de fleurs lumineux. Il l’aida ensuite à grimper sur le rocher et la suivit, s’asseyant à ses côtés. Ils restèrent quelques minutes à profiter du spectacle, sans mot dire. « Je ne connaissais pas l’existence de fleurs brillant comme des lucioles, avoua Ethelle.
– Moi non plus.
– Il y avait des parterres de pensées dans mon jardin, continua la jeune femme. Mais je ne les ai jamais vues luire ainsi.
– Je n’ai jamais fait très attention aux fleurs en général, lui confia Clay. En tous cas, jamais de nuit. Mais c’est très joli !
– En effet, approuva la rouquine qui admirait rêveusement les alentours irisés. Très joli. » Ils se turent de nouveau, profitant du spectacle malgré la fraîcheur de la petite brise nocturne.

Constatant qu’Ethelle était sur le point de claquer des dents, le jeune homme s’enquit, inquiet : « Voulez vous rentrer ?
– Oh non, restons encore un peu. » Répondit-elle. Clay s’approcha d’elle et passa un bras autour de ses épaules. « Ce n’est pas très convenable, commenta sa compagne. Vous feriez mieux de me prêter votre veste.
– Tant pis, lâcha l’ancien Faucheux sans faire mine de bouger. Je ne suis pas une fréquentation très convenable de toutes façons ; c’est dans ma nature. » La jeune femme, loin de s’offusquer, sourit. Elle ramena ses genoux à son menton et s’occupa de contempler le parterre de pensées brillantes, profitant de la chaleur dispensée par la proximité de son compagnon.

Ethelle dressa soudainement l’oreille : elle avait l’impression d’entendre des chants. Elle tourna la tête vers Clay, qui mit un doigt sur sa bouche pour lui intimer le silence. Ils restèrent tous les deux immobiles et silencieux, aux aguets, afin de surprendre les chanteurs, qui qu’ils soient, balayant les alentours du regard. Les voix se turent. Les deux jeunes gens restèrent coi jusqu’à ce qu’il furent convaincus que les chants ne reprendraient pas. La rouquine, déçue de ne pas avoir découvert la provenance de la musique, effleura de son front le creux de l’épaule de son compagnon. « Et si nous retournions nous coucher à présent ?
– Oui… » Acquiesça Clay dans un soupir. Il était aussi tout aussi dépité qu’elle de ne pas avoir pu apercevoir les chanteurs. Il se laissa glisser le long du rocher, jusqu’au parterre de fleurs. Ethelle le suivit et ils rentrèrent au wagon de Simon Derrington. Ce dernier dormait toujours à poing fermé et ne parut pas être dérangé par l’irruption de ses deux hôtes, qui retournèrent discrètement se coucher. Des lueurs et chants plein la tête, ils réussirent néanmoins à s’endormir presque aussitôt.

Ethelle poussa un grognement. Un rayon de soleil heurtait directement ses paupières closes. Elle se tourna dans la direction du canapé pour fuir le rai agressif. C’est alors qu’elle perçut une odeur de pâtisseries et quelqu’un qui chantait. La jeune femme se redressa d’un coup, espérant voir les mystérieux musiciens de la veille qui chantaient vers le parterre de pensées lumineuses. Elle fut ô combien déçue de constater qu’il ne s’agissait que de Simon qui chantonnait pour lui-même, tout en écrivant furieusement dans un de ses carnets. La rouquine se laissa de nouveau tomber sur le matelas et ferma les yeux, cherchant vainement la félicité somnolente qui venait de la quitter. Mais le sommeil l’avait définitivement déserté, à son grand regret. Elle soupira et se leva pour de bon. « Bonjour, lança-t-elle à l’archéologue occupé.
– Que votre jour soit bon également, charmante demoiselle. » Répartit machinalement Simon sans prendre la peine de lever le nez.

La jeune femme se rendit dans l’espace derrière les paravents où elle pouvait avoir un peu d’intimité. Là elle entreprit de se débarbouiller rapidement et de se vêtir de sa robe confortable. Tout en s’habillant, elle se demanda si elle aurait de nouveau l’occasion de porter sa robe des grandes occasions. Le cerceau ne la rendait pas très pratique et la dernière fois qu’elle l’avait portée – lors de son entrevue avec le Comte Thomas Clayton – elle ne lui avait pas vraiment porté chance. En quittant l’abri des paravents, elle failli heurter Clay. Ce dernier lui adressa un regard embrumé et esquissa un sourire de salutations. Puis il la contourna et se rendit à son tour dans la petite salle de bain pour jeter de l’eau sur son visage. Lorsqu’il leva de nouveau la tête, il paraissait bien plus frais et dispo. Ethelle était surprise : elle ne savait pas que l’eau pouvait produire un tel effet. Sur le jeune homme, c’était impressionnant.

Clay ne resta pas longtemps dans la salle de bain. Sous le regard perplexe de la rouquine, il se dirigea ensuite automatiquement vers le comptoir de la cuisine. Simon avait encore cuisiné des cookies et l’ancien Faucheux se jeta dessus, comme la peste sur le pauvre monde et, surtout, comme si il mourrait de faim. Réalisant que, si il continuait de s’empiffrer de la sorte, il ne lui resterait rien, la jeune femme se précipita sur lui. « Hé ! S’offusqua-t-elle vivement. Laisse m’en un peu tout de même !
– Ejolé. » Postillonna-t-il l’air contrit.

 

 

1750 petits mots pour aujourd’hui, ce qui fait quand même un petit peu plus que le quota journalier ^^

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 15

Elle séchait, debout, en pleine réflexion, lorsque quelque chose effleura le dessus de sa tête. La jeune femme sursauta et leva les yeux, apercevant son sac qui pendouillait au dessus d’elle, maintenu par une main masculine qui émergeait du dessus du paravent. « J’ai pensé que cela pourrait vous être utile ! Lui lança joyeusement Simon de l’autre côté du paravent.
– Oh, merci. » Ethelle ne savait pas trop que dire de plus. Sous ses dehors extravagants, cet homme pouvait se montrer prévenant. Sans plus attendre, elle enfila une robe confortable et sortit de l’espace salle de bain.

« J’aime beaucoup votre installation, déclara la rouquine à l’archéologue. Vous avez tout le confort possible ici !
– Je suis ravi que cela vous plaise, se réjouit Simon. Je suis plutôt fier de ma petite maison ; elle est un véritable petit havre de paix mobile.
– Les murs sont bien épais, non ? Remarqua Clay.
– Oh oui ! S’exclama l’archéologue. J’avais besoin de place pour mes livres ! » Il leur fit la démonstration que tous ses murs libres glissaient pour dévoiler des étagères cachées derrière. Celles-ci étaient chargées d’ouvrages sur divers sujets, mais surtout traitant d’antiquité et d’archéologie en général, pour ce qu’Ethelle pouvait en juger. Le bas des étagères était en revanche, non pas empli de livres, mais de matériel divers : cordes, lanternes, moult outils divers aux fonctions pas toujours très claires, et ainsi de suite. La rouquine ne savait pas qu’être archéologue demandait autant de matériel. « En réalité, la seule chose qui manque, ce sont les commodités, continua Simon. Je n’avais pas envie de les avoir dans la même pièce que tout le reste.
– Comment faites-vous dans ce cas ? S’enquit curieusement la jeune femme.
– J’utilise celles du train, en général. » Expliqua l’homme.

Clay hocha la tête. Il paraissait particulièrement emballé par tout ce que leur montrait Simon. « Pour nous rendre à la bibliothèque, nous allons devoir changer de train à la prochaine gare, les informa l’archéologue. Et puis arrivera un moment où nous ne pourrons plus prendre le train. Ce sera le début de l’aventure !
– Irons-nous à pied ? S’enquit le jeune homme.
– Oh, non, nous aurons beaucoup de choses à transporter, ce serait beaucoup trop fastidieux, balaya Simon.
– C’est génial. » Commenta Clay complètement époustouflé. On aurait dit qu’il venait de faire la découverte de sa vie, supposa Ethelle. Il venait de trouver sa voie d’explorateur. Pour sa part, elle ne savait pas trop où elle en était, mais elle décida de profiter de l’instant présent de son mieux. Après tout, voyager avec un archéologue promettait d’être au moins intéressant.

Le voyage jusqu’à la prochaine gare, celle de Covempton, ne dura pas plus de quelques minutes après la fin de leur conversation. Simon les abandonna un instant à l’intérieur tandis qu’il se rendait sur le quai pour parlementer au sujet de sa maison qu’il voulait accrocher à un autre train, qui partait vers le nord-ouest tandis que celui avec lequel ils étaient arrivés partait vers le plein nord. Lorsqu’il revint dans son appartement mobile, il affichait son éternel sourire lumineux. « Tout va bien, les informa-t-il. Nous serons attachés au prochain train demain soir. Cela nous laisse le reste de l’après-midi et demain matin pour visiter les alentours, qu’en dites-vous ? » Ses jeunes hôtes se levèrent avec entrain. Après s’être bien reposés chez Simon, ils étaient impatients de se dégourdir les jambes. Ethelle ne s’était pas posé la question de si elle avait envie de visiter tranquillement la bourgade de Covempton. L’archéologue s’invita lui-même pour accompagner ses nouveaux compagnons de route. Il connaissait bien l’endroit, puisqu’il y avait arrêté sa maison mobile à plusieurs occasions et il leur fit visiter ses endroits préférés à grand renfort d’explications exhaustives.

Simon les emmena un peu à l’extérieur de la ville, pour leur montrer le rocher des fées. Il s’agissait d’une unique formation rocheuse, arrivée là on ne savait comment – même si le folklore parlait de géants, leur confia l’archéologue – entourée d’un champ de pensées multicolores. « Pourquoi appelle-t-on cet endroit le rocher aux fées ? S’enquit Clay.
– Ceci est une excellente question, se réjouit Simon qui adorait qu’on lui pose des questions. Figurez-vous, mon jeune ami, que ces petites fleurs sont appelées des fleurs-féériques et que certains leur prêtent des propriétés magiques.
– En ont-elles ? S’informa Clay qui paraissait prêt à croire que tout était possible depuis que l’archéologue lui avait promis monts et merveilles antiques.
– Je pense que cela dépend du degré auquel on y croit, répondit Simon avec entrain. Mais, qui sait ? Peut-être recèlent-elles vraiment un peu de la magie des fées. Les folklores doivent bien provenir de quelque part. » Il adressa un clin d’œil espiègle au jeune homme qui paraissait ébloui par le champ de pensées multicolores.

« Ou alors, l’esprit des gens est créatif et crédule, suggéra Ethelle qui cueillait un petit bouquet chamarré pour elle-même.
– Ah, vous êtes une personne terre à terre mademoiselle, lui lança l’archéologue avec un sourire. Les gens ont besoin de croire en certaines choses ! » La jeune femme ne répondit pas. Pour sa part elle avait du mal à croire en grand chose pour le moment, mais elle ne demandait qu’à être impressionnée. Le rocher au fées entouré de fleurs était fort joli, mais il lui en fallait plus pour être impressionnée. La rouquine se demanda d’où venait cet esprit désabusé, alors même que les choses allaient mieux pour elle. Peu lui importait ; elle disposait à présent d’un mignon bouquet de pensées qui agrémenterait parfaitement l’appartement mobile de leur hôte.

Un mouvement à côté d’un pan de sa robe lui attira l’œil. Une petite créature fila dans le champ de fleurs. Ethelle la distingua mal car elle se dissimulait derrière les corolles. Mais elle était prête à parier qu’il s’agissait d’une minuscule personne. Ou, du moins, d’une créature qui courait sur deux pattes. La jeune femme esquissa un pas en direction du petit être, sauf qu’il filait trop rapidement et qu’il eut bientôt disparu. Elle ouvrit la bouche pour interpeller ses deux compagnons et la referma. Elle n’avait rien à leur montrer. Et, si elle disait à Clay qu’elle avait vu une mystérieuse créature, il serait convaincu que la magie existait. Ce n’était pas parce qu’il existait de tous petits êtres ou des lucioles à visages ou des salamandres qui produisaient des étincelles, que ces créatures étaient forcément magiques. Après tout, toutes les espèces du monde n’avaient pas encore été découvertes, se souvenait-elle avoir entendu dire l’un de ses professeurs de sa vie d’avant, lorsqu’elle était encore une élève moyennement studieuse de Notre Dame des Roses.

Simon avait eu l’air de penser qu’un dragon pouvait très bien avoir détruit le Titania, mais c’était également ce que pensait Arabella Finley et elle était folle. Ethelle ne se sentait pas sûre d’affirmer que l’archéologue était sain d’esprit. Dans tous les cas, elle était bien déterminée à obtenir des preuves de tout cela. Magie ou pas, elle sentait qu’elle était sur la piste de quelque chose d’important. Elle finirait par savoir pourquoi Charles Morton avait été assassiné. La jeune femme cueillit encore quelques pensées pour compléter les couleurs de son bouquet et leva la tête en direction de ses joyeux compagnons. « Je vais à présent vous montrer une vraie fée ! » Venait de lancer Simon avec entrain. Les deux hommes avaient également ramassé des petites fleurs. Ils s’en étaient ornés un peu partout : en boutonnière, derrière l’oreille et dans le moindre interstice où il était possible d’en faire tenir une. Ils en étaient visiblement très fiers et se complimentaient avec moult courbettes en singeant des personnes de la haute société. L’archéologue s’était, de surcroît, équipés d’éventails de pensées. Se tenant droit et guindé, il se mit à agiter gracieusement ses bras pour imiter le vol d’une fée. Ce faisant, il esquissait des pas de danses plus ou moins grotesques autour des deux jeunes gens. Clay riait de bon cœur. Elle trouvait Simon tellement cocasse qu’Ethelle ne put s’empêcher de rire à son tour. L’apparence fleurie de l’ancien Faucheux ne l’aida pas à reprendre son calme. La rouquine partit dans un irrépressible fou-rire, bientôt accompagnée par les deux hommes fleuris. Pour les imiter, elle piqua quelques fleurs dans ses cheveux.

Ils rentrèrent ainsi au wagon, bras dessus, bras dessous, rieurs et envahis de couleurs aux douces senteurs. Simon leur prépara de quoi grignoter pendant que la jeune femme disposait son petit bouquet au sein d’un verre à whisky propre dans lequel elle avait versé de l’eau. Elle se sentait légère, comme si le fou-rire lui avait enlevé un poids. Ethelle était même sur le point de se mettre à chantonner alors qu’elle arrangeait les pensées dans le vase improvisé. Clay, quant à lui, avait découvert que le comptoir qui séparait l’espace cuisine du reste de la pièce comprenait une planche qui, à l’envie, pouvait se relever pour servir de table ou se rabattre pour ne pas envahir l’espace. Il trouva cela fort ingénieux et, après avoir observé les petits gonds qui permettaient une telle astuce, entreprit de dresser – littéralement – la table pour eux trois. Les voyageurs qui attendaient leur train de la soirée sur le quai voisin devaient se demander qui étaient ces gens qui faisaient la fête dans un endroit aussi saugrenu qu’un wagon remisé sur une voie de stockage. Mais ils ne purent jeter des coups d’oeil indiscrets : Simon avait fermé les épais rideaux de son habitation.

Ils veillèrent assez tard ; l’archéologue était volubile et avait beaucoup d’histoires à raconter. Il leur narra ses débuts dans la profession d’archéologue es explorateur. Comme de bien entendu, il en avait fait voir de toutes les couleurs à son mentor. Mais ses connaissances et sa vivacité d’esprit avaient réussi à compenser son excentricité. Le Simon adolescent, passionné par sa voie, avait fini par passer toutes les certifications avec brio, devenant l’un des plus jeunes archéologues de métier de l’histoire. Son maître avait été fier autant que soulagé que son apprenti obtienne ses diplômes qui le délivraient de sa garde. Le pauvre homme en avait récolté beaucoup de cheveux blancs et s’était déclaré en congés depuis lors, léguant une grande partie de ses affaires à son apprenti survolté. Simon avait publié plusieurs articles, devenant rapidement une sommité dans le domaine de la lointaine antiquité. Il déplorait néanmoins que ses confrères ne l’invitaient que rarement pour des colloques ou conférences et ne paraissait pas comprendre pourquoi ils évitaient sa présence.

Ethelle réalisa que l’archéologue, malgré l’éternel sourire qu’il affichait, était en fait blessé de ce semi-rejet de la part de sa communauté. Ce qu’il avait recherché en donnant tout son cœur à l’ouvrage n’était rien d’autre que la reconnaissance. Il l’avait obtenue dans les faits, mais pas de la manière qu’il avait souhaitée. Simon Derrington était devenu un ponte, certes, mais un ponte dont la présence gênait nombre de ses pairs : il était trop exubérant, envahissant, naturel, enthousiaste, brillant… Peu importait la raison. La jeune femme supposa que c’était pour cela qu’il avait été aussi enchanté de les accueillir, Clay et elle, pour lui tenir compagnie. Il obtenait de l’ancien Faucheux toute la reconnaissance du monde et, même si elle provenait d’un ignare, cela paraissait le combler. La rouquine se promit de donner un peu plus d’attention à l’archéologue ; c’était la moindre des choses qu’elle pouvait lui offrir. En attendant, plus la nuit avançait, plus les conversations perdaient de leur entrain et se posa la question de dormir.

 

 

Aujourd’hui, 1920 mots ! Je prends un peu d’avance pour demain 😛

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 14

– Voulez-vous une petite collation ? Lui proposa leur hôte.
– Volontiers ! S’enthousiasma Clay instantanément réveillé.
– Venez donc, votre amie a laissé de quoi faire. »

Le jeune homme bondit sur ses pieds et vint prendre place à côté d’Ethelle. Avisant l’assiette de cookies, il se jeta dessus, engloutissant le reste avec appétit, sans s’embarrasser d’étiquette. La rouquine le contempla un instant, les yeux écarquillés, puis reprit le fil de ses pensées et tourna de nouveau son attention vers l’archéologue. « Vous disiez, lui lança-t-elle, que vos travaux avaient un rapport avec l’émergence du surnaturel et une civilisation qui aurait disparu.
– Oui oui, c’est tout à fait ce que je disais, acquiesça Simon. C’est vraiment dommage que personne, au gouvernement, n’ait voulu m’écouter. Et pourtant, j’ai essayé à plusieurs niveaux ! » Ethelle ne parvenait pas à s’empêcher de se demander quelles étaient les natures exactes des connections de Simon avec le gouvernement. Un archéologue était-il suffisamment important pour avoir ses entrées à tous les niveaux du gouvernement ?

« Il faut que je retourne à cette bibliothèque pour en savoir plus, continua Simon. J’ai lu quelque chose à propos d’un certain dispositif et j’aimerais bien en savoir plus à ce sujet. Quoiqu’il en soit, je pense que cette civilisation avait atteint un niveau bien plus avancé que le nôtre. En fait, rien que cette découverte ferait un tapage monumental dans le monde de l’archéologie ! Mais nous faisons face à quelque chose de trop grave pour courir après la notoriété et les récompenses…
– Et moi qui pensait que nous étions au summum de la modernité. » Commenta la jeune femme rousse qui avait du mal à concevoir que leur vie n’était pas la plus avancée possible. Ils avaient inventé les zeppelins tout de même ! Et les submersibles, aussi, et tant d’autres merveilles de tecnologie. Que pouvait-il y avoir de plus impressionant que de voler dans le ciel ou de voyager sous l’eau ? Ethelle restait sceptique quant à l’avancement de cette civilisation. Elle supposait que l’archéologue se montrait juste un peu trop enthousiaste vis à vis de sa découverte.

« Nous avons du tout redécouvrir, pointa Simon qui paraissait sérieux lorsqu’il parlait d’un sujet en rapport avec l’archéologie. Nous n’avons juste pas encore eu le temps d’évoluer autant qu’eux.
– Je vois. » Acquiesça Ethelle qui jeta un bref coup d’oeil à Clay. Ce dernier n’écoutait la conversation que d’une oreille, occupé qu’il était à faire un sort aux cookies qui avaient survécu à sa compagne. Mais il levait régulièrement la tête en direction de l’archéologue pour le regarder gesticuler avec passion. « Comment une civilisation aussi avancée a pu être détruite par des créature surnaturelles ? Et elles, ces créatures surnaturelles, d’où viennent-elles ? » Questionna la jeune femme. Leur hôte ne répondit pas tout de suite, se cala de nouveau dans sa chaise et afficha un sourire narquois.

« Vous savez, je dois avouer que même si vous deux ne m’allez être d’aucune aide, cela me fait plaisir de pouvoir enfin discuter de ce sujet avec des personnes qui ne m’envoient pas directement sur les roses.
– Vous nous avez offert le gîte, monsieur, intervint Clay entre deux bouchées. Vous écouter est la moindre des choses que nous puissions faire pour vous remercier.
– C’est vrai, approuva Ethelle qui n’avait pas vu les choses sous cet angle mais qui aimait bien l’idée.
– Vous êtes de sympathiques jeunes gens, estima Simon en leur adressant un sourire lumineux. Bon ! Puisque vous êtes coincés ici avec moi, autant que je mette ce temps à profit pour vous bassiner en bonne et due forme. » Il se leva et s’étira longuement le dos en grimaçant. Puis, il invita ses deux spectateurs à s’installer plus confortablement dans son petit salon. Clay termina le dernier gâteau avant de se lever.

Comme le matin avant qu’ils ne s’endorment, ils prirent tous les deux place l’un à côté de l’autre, Simon face à eux dans l’un des fauteuils. L’archéologue était d’une merveilleuse humeur, il paraissait tout émoustillé d’avoir enfin l’occasion de parler de ses découvertes. Elles lui tenaient visiblement beaucoup à cœur. Ce qui était compréhensible, songea Ethelle, puisque si il avait raison, une civilisation plus avancée avait entièrement disparue à cause de l’émergence des contes de fées dans la vie réelle. Le monde qu’ils connaissaient était en danger, si la jeune femme devait en croire les signes qu’elle avait vus. Comme la luciole qui avait un visage par exemple. Elle ne savait pas trop quoi penser de l’histoire d’Arabella Finley, à propos du dragon qui aurait déchiré le ballon du Titania. Mais cela ne paraissait plus aussi fou tout d’un coup.

« Ah ! Où en étais-je ? Lança joyeusement l’archéologue.
– Vous vous apprêtiez à nous expliquer comment une civilisation avancée avait pu disparaître et d’où venaient les créatures surnaturelles. » Rappela Clay. Captant un regard perplexe de la jeune femme à sa droite, il s’enquit : « Quoi ?
– Hum, je ne savais pas que tu écoutais notre conversation, expliqua Ethelle.
– Oui oui oui, c’était bien cela, continua Simon en ignorant la conversation entre ses deux jeunes hôtes. Pour le moment je ne sais pas d’où viennent toutes ces choses magiques, je dois bien l’avouer. Cela fait partie des raisons pour lesquelles je dois retourner à la bibliothèque. Je dois encore trouver des réponses et essayer de ramener des preuves. C’est un peu compliqué de ramener intacts des ouvrages qui ont plusieurs milliers d’années… C’est un véritable problème. » Il se tut un instant, puis ses yeux brillèrent alors qu’il passait ses souvenirs dans sa tête. « Vous savez, il y a aussi des machines, là-bas. Je rêve d’en faire fonctionner une ! »

Les deux jeunes gens s’entre regardèrent tandis que leur hôte avait l’air perdu dans ses pensées à propos d’antiques machines merveilleuses. « Je n’ai pas tout compris, mais ces découvertes m’ont l’air passionnantes, s’enthousiasma Clay.
-Je ne sais pas… » Ethelle émettait des réserves. Mais si cette histoire de dragon était vraie, cela signifiait certainement que, à un niveau ou à un autre, l’émergence des contes de fées avait quelque chose à voir avec l’assassinat de son père et pas seulement avec la faillite d’AérosTech. Elle ne connaissait pas les détails, bien sûr, mais elle était certaine que la mort de son père était liée quelque part à la faillite de ses trois principaux contributeurs / collaborateurs. La rouquine en étant d’autant plus certaine qu’au moins l’un d’entre eux était également décédé, si elle en croyait les propos d’Arabella Finley. Cela devait forcément avoir un rapport.

Son compagnon, en revanche, avait l’air complètement emballé par tout ce qu’il avait entendu, même si il avait raté tout le début de la conversation. Ethelle supposa qu’il devat voir tout cela comme une merveilleuse aventure en perspective. A cette allure, il s’auto-qualifierait bientôt d’explorateur et deviendrait aussi excentrique que Simon. La jeune femme espéra que cela n’était pas trop contagieux. Néanmoins elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine curiosité vis à vis de toute cette histoire. Et, qui sait, cela pourrait peut-être lui permettre de faire la lumière sur l’assassinat de Charles Morton. Elle s’autorisa un sourire, que Clay prit comme un encouragement. Il s’illumina en retour et lança : « Monsieur, pouvons-nous vous accompagner dans votre exploration de la vieille bibliothèque ?
– Vous voulez m’accompagner dans la bibliothèque ? Répéta l’archéologue. Mais savez-vous au moins lire ?
– Oui évidemment, répondit Ethelle.
– Non. » Répondit en même temps Clay. Comme les deux autres le gratifiaient de regards perplexes, il ajouta : « Mais tout ça m’intéresse, et vous avez parlé de machines, ça a l’air passionnant ! »

Simon hocha la tête avec un sourire. Puis il produisit un petit rire ravi tout en se frottant les mains. « Mes amis, je sens que vous et moi allons bien nous amuser tous ensemble ! » Il se leva pour se mettre à danser une valse tout seul, accompagné par la musique du gramophone qui jouait toujours. « Evidemment, je vais devoir vous enseigner quelques petites choses, chantonna l’archéologue. Mais je suis enchanté d’avoir de petits assistants ! C’est la première fois, j’en suis presque ému ; personne n’avait jamais voulu être mon assistant avant cela, et voilà qu’à présent j’en ai deux ! C’est meeerveilleuuux ! » Il parlait et chantait en même temps, ce qui produisait un étrange effet, qui s’avérait plutôt désagréable à l’oreille raffinée d’Ethelle. Mais l’enthousiasme de l’archéologue était contagieux et elle laissa échapper un sourire. D’autant plus qu’il avait l’air complètement ridicule à danser avec une partenaire imaginaire en chantonnant à moitié l’air délivré par le gramophone. Clay, pour sa part, se mit à rire de bon coeur. Il avait tout de suite trouvé Simon sympathique, cela se voyait, et ne demandait rien de mieux que de partir à l’aventure avec ce joyeux compagnon.

La rouquine, elle, restait très terre à terre et n’avait pas oublié qu’elle avait très envie de prendre un bain. Elle attendit que l’archéologue soit un peu plus calme pour s’enquérir de la possibilité d’ablutions. « Oh, bien sûr ! S’exclama-t-il avec fierté. J’ai un appartement mobile tout confort mademoiselle. Il y a un réservoir entre le plafond et le toit de la voiture, je le fais compléter à chaque gare. Vous pouvez vous rendre derrière les paravents, c’est là que se trouve la salle de bain. » Ethelle le remercia chaleureusement et se glissa aussitôt dans l’abri intime procuré par les grands paravents. Ils dissimulaient effectivement une petite baignoire aux pattes de lion, un petit lavabo et une petite machine cubique avec un hublot en guise d’ouverture, située sous le lavabo. Se désintéressant aussitôt de la petite machine, elle avisa que le robinet pouvait fournir de l’eau chaude aussi bien que de l’eau froide. La jeune femme du se retenir de pousser un petit cri de joie. Elle le camoufla en prévenant les deux hommes de l’autre côté : « Le premier qui vient regarder, je le noie ! »

Elle vérifia qu’elle ne se faisait pas une fausse joie en tournant l’arrivée d’eau chaude. En même temps que l’eau coulait, un bruit de mécanisme qui se mettait en route se fit entendre dans le plafond au dessus d’elle. Puis l’eau devint chaude et, très rapidement, bouillante. Ethelle régla la température en ajoutant de l’eau froide. Se débarrassant de ses vêtements en quelques secondes, elle se plongea sans attendre dans l’eau tiède de la baignoire. La jeune femme laissa échapper un soupir de bien-être, écoutant distraitement Clay et Simon discuter à côté ; apparemment l’archéologue s’était mis en tête d’apprendre à lire à l’ancien Faucheux. Elle avait l’impression de baigner dans le luxe et elle s’empara vivement du savon pour compléter le tableau. La rouquine se frotta la peau jusqu’à ce qu’elle en devienne rouge et que l’eau se couvre de mousse. Une fois qu’elle se trouva satisfaite de son impression d’avoir décrassé le moindre pore de sa peau, elle entreprit de se rincer et de se laver les cheveux.

Ethelle aurait volontiers profité de rester plus longtemps dans l’eau chaude. Mais elle était pudique et ne se sentait pas très à l’aise avec deux personnes séparées d’elle par seulement des paravents. Elle emprunta de quoi se sécher dans l’armoire-lit dont une partie des portes donnait derrière les paravents. Enroulée dans une serviette et en se séchant les cheveux à l’aide d’une deuxième, la rouquine jeta un regard dégoûté à sa fidèle tenue d’équitation. Elle ne comptait pas s’en débarrasser, bien évidemment. Mais ses vêtements mériteraient largement d’être lavés. Debout, au milieu de l’espace offert par les paravents, la jeune femme se demanda soudain comment elle allait pouvoir s’habiller. Il était hors de question de remettre cette tenue crasseuse, mais ses autres affaires se trouvaient dans son sac de voyage, lui-même posé à côté du canapé avec Clay. C’était un problème épineux.

 

 

1971 mots du jour et, non, je ne me suis pas embêtée à faire les 30 mots de plus pour arriver aux 2000, je suis trop flemmarde.

NaNoWriMo 2016 : Arkhaiologia Jour 13

La jeune femme n’avait jamais vraiment prêté attention à la façon dont se déroulaient les choses. A chaque fois qu’elle avait eu à prendre un train, elle s’était retrouvée dans une voiture étiquetée Salon de la Bonne Société. Ces wagons étaient, comme leur nom l’indiquait, de véritables petits salons à la décoration raffinée. Les personnes aisées qui l’empruntaient pouvaient voyager confortablement installés sur des fauteuils de cuir de bonne qualité, regroupés autour de petites tables rondes qui permettaient de poser diverses collations pour agrémenter le voyage. Des employés du train venaient régulièrement prendre leur commande, leurs pas étouffés sur les épais tapis qui paraient le sol. Dans ces voitures, Ethelle s’était toujours arrangée pour faire face aux grandes vitres qui permettaient de profiter du paysage extérieur. Effectivement, elle ne se souvenait pas que quiconque était venu les importuner pour vérifier leur trajet. Mais dans les conditions où elle voyageait, était-ce vraiment représentatif ?

Les deux jeunes gens restèrent un moment sur la plateforme à profiter du paysage qui défilait sous leurs yeux. Ils assistèrent ainsi à un merveilleux lever de soleil au dessus de la brume matinale qui recouvrait la ville qu’ils venaient de quitter et dont ils s’éloignaient à toute allure. Le spectacle était époustouflant et cette vue réchauffa le cœur des deux spectateurs. La rouquine frissonna. Même si le soleil se levait, la température restait froide malgré sa pèlerine et tout cela s’ajoutait à la fatigue de la jeune femme. « Avons-nous la possibilité de dormir à présent ? S’enquit-elle d’une petite voix.
– Nous allons essayer de trouver un coin où nous coucher. » Acquiesça Clay. Lui aussi paraissait las. Il ouvrit la porte de la voiture et entraîna sa compagne à l’intérieur. Alors qu’elle refermait derrière eux, il s’immobilisa, surpris. Il s’était attendu à trouver l’intérieur d’un wagon de transport et non pas d’un wagon de plaisance.

Celui-ci ressemblait à une véritable habitation. Il était tapissé avec le plus grand soin, tant sur les murs avec des motifs antiques qu’au sol grâce à des tapis qui délimitaient les différentes zones de vie. Un poêle à charbon trônait le long de l’un des murs. Des cadres contenant des clichés, des gravures et même quelques coupures de journaux paraient les cloisons, en plus d’appliques qui diffusaient une douce lumière orangée, certainement en attendant que le soleil dispense suffisamment de clarté pour pouvoir s’en passer. Complétaient le mobilier un petit salon composé d’un canapé et de deux fauteuils, une grande armoire à leur gauche directement en entrant, à côté de laquelle se trouvait un endroit dissimulé par des paravents, une petite cuisine à leur droite et un bureau à l’autre bout qui leur faisait face. A ce bureau, quelqu’un était assis, qui écrivait frénétiquement dans un carnet tout en étant entouré de piles de documents. « Simon ? Lança Ethelle, tout aussi surprise que son compagnon.
– Vous le connaissez ? » S’étonna Clay qui allait de surprise en surprise.

L’archéologue leva le nez de son carnet et considéra les intrus avec perplexité, en papillonnant des paupières. « Oh, nous nous sommes rencontrés au Parlement, mademoiselle, c’est bien cela ? Vérifia Simon.
– Oui, c’est bien cela, confirma Ethelle.
– Je me souviens que notre conversation avait été agréable, ajouta-t-il.
– Je suppose ; vous avez pratiquement été le seul à parler, lui rappela la jeune femme.
– Oh, ceci explique donc cela ! S’enthousiasma l’archéologue. Il est vrai que c’est plus aisé d’avoir une agréable conversation quand on est le seul à parler. Au moins, on est certain que les sujets abordés sont intéressants ! » La rouquine se demanda si ils n’avaient pas quitté la folie de la veuve noire pour se retrouver avec celle de Simon. Avant qu’elle ait eu l’occasion de continuer le fil de ses pensées, celui-ci les accueillit un peu plus chaleureusement. Il se leva et leur désigna son petit salon.

« Venez donc prendre place au lieu de rester debout. » Et, alors que les deux jeunes gens obéissaient après avoir échangé un regard incertain, il reprit : « Voulez-vous boire quelque chose ? Je m’apprêtais à faire du chocolat, pour ma part, je trouve que cela sied bien aux matins compliqués.
– Aux matins compliqués ? Répéta Clay un peu hébété par la situation. Vous avez eu des soucis ce matin vous aussi ?
– Oh, moi non, pouffa l’archéologue. Mais si vous voyiez vos têtes… » Sans attendre les réponses de ses hôtes, Simon se rendit à sa petite cuisine où prépara d’autorité de grandes tasses de chocolat chaud pour tout le monde. Affalé dans l’un des fauteuils, Simon considéra pensivement ses deux intrus. Ils s’étaient tous les deux assis sur le canapé, suffisamment proches pour puiser du réconfort dans la présence de l’autre, mais suffisamment éloignés pour la décence. Un sac de voyage trônait entre eux, à leurs pieds. Les cernes sous leurs yeux marquaient leur épuisement, remarqua-t-il. Ils étaient visiblement ravis de coller leurs mains sur les tasses chaudes et de boire le liquide tout aussi chaud qu’elles contenaient. L’archéologue constata que la jeune femme buvait par petites gorgées précautionneuses. Une fois qu’ils eurent l’air détendus, Simon reprit la parole :

« Vous ne m’avez toujours pas dit qui vous étiez, ni ce que vous faisiez chez moi.
– Je suis Clay et voici Ethelle, les présenta le jeune homme tandis que sa compagne restait silencieuse à profiter du breuvage chaud. Nous cherchions un endroit où dormir et… Pour être honnête, je ne m’attendais pas à tomber chez quelqu’un en entrant ici.
– Ah, oui, j’imagine, pouffa l’archéologue. C’est bien normal ; il semblerait que je sois l’une des rares personnes en ce monde à avoir pensé à faire l’acquisition d’un wagon entier dédié à mon seul usage personnel. C’est donc peu courant de tomber sur une voiture-appartement !
– Je suppose que vous avez choisi une telle habitation parce que vous voyagez beaucoup, n’est ce pas ? S’enquit Ethelle avec curiosité.
– C’est exactement cela, confirma Simon avec un sourire. Cette petite maison convient parfaitement à mes besoins d’explorateur. Dès que le train où est attachée mon habitation arrive en gare, je peux demander à la changer de train. Ainsi je peux avoir un petit pied à terre un peu partout où on peut trouver une gare, n’est ce pas intelligent de ma part ? »

Il avait l’air particulièrement fier de lui. Ethelle lui offrit un sourire poli. Elle trouvait que l’idée était ingénieuse, effectivement, mais elle n’avait pas envie de trop encourager quelqu’un qui paraissait déjà naturellement aussi fier de lui-même. Clay, quant à lui, hocha la tête d’un air impressionné. « Pardonnez ma franchise, reprit l’archéologue, mais vous n’avez pas une très bonne mine ni l’un, ni l’autre. Je crains que cela ne vous rende de mauvaise compagnie ; ne voudriez-vous pas dormir ?
– Dormir… » Soupirèrent-ils écho l’un de l’autre. Les mines pleines d’espoirs qu’ils affichèrent en dirent long sur ce qu’ils pensaient de la proposition de leur hôte un peu excentrique. Celui-ci se mit à rire de bon cœur. « Quelle coïncidence ! S’exclama-t-il ensuite. J’ai encore du travail à faire avant de profiter du voyage. Vous pourriez dormir pendant ce temps. »

Les deux jeunes gens s’entre regardèrent. La proposition était généreuse. Ils avaient du mal à croire qu’elle était désintéressée, mais ils étaient vraiment fatigués. Et, tant que le train était en marche, ils ne craignaient pas grand chose en réalité. Ils acquiescèrent. Simon sourit, se rendit vers son armoire dont il ouvrit le milieu, qui bascula pour former un lit et se tourna de nouveau vers ses intrus. « Voici de quoi dormir pour l’un d’entre vous, l’autre pourra bénéficier du canapé. Je dors souvent dessus aussi, il est très confortable, je peux vous l’assurer ! » Ethelle se dirigea vers le lit, sans même demander à Clay son avis. Cela semblait une éternité à la rouquine depuis la dernière fois qu’elle avait du dormir dans un vrai lit. Le jeune homme ne s’en offusqua pas le moins du monde. L’idée du canapé paraissait très bien lui convenir. A peine eurent-ils posé la tête et fermé les yeux qu’ils s’endormirent aussitôt, bercés par le rythme du train. Simon, lui, retourna à son bureau.

 

Ethelle baignait dans une moelleuse félicité. Sa conscience était très vague, mais elle se sentait bien et avait envie que cette sensation dure pour toujours. Oh, et il y avait même de la musique. Elle n’avait pas réalisé à quel point cela lui avait manqué. Ses yeux étaient toujours fermés, mais sa conscience avait émergé du sommeil. Entrouvrant une paupière, elle comprit que la musique provenait d’un gramophone. Elle la referma, bien décidée de profiter encore du confort d’un véritable lit, avec le luxe d’une ambiance musicale. La rouquine avait presque l’impression d’être de retour dans sa chambre de son ancienne vie et s’attendait à ce qu’une domestique vienne la tirer du lit. Ce qui ne se produisit pas ; elle s’en trouva presque déçue.

S’étirant, elle décida qu’elle pouvait se réveiller totalement. Après tout, elle ne savait pas lorsqu’ils parviendraient à une gare et, si ils étaient dans une relative sécurité tant que le train roulait, elle s’inquiétait toujours de leur sort si Simon ne se montrait pas aussi bienveillant qu’il le paraissait. Elle s’étira de nouveau et s’assit sur le lit en tailleur. A son déplaisir, elle constata qu’elle s’était couchée dans sa tenue d’équitation qu’elle portait depuis la veille et la jeune femme n’aimait pas l’odeur que son corps commençait à produire. Maintenant qu’elle avait eu droit au luxe du lit, elle se disait qu’elle profiterait bien du luxe d’une baignoire. Mais la rouquine ne savait pas si c’était possible dans un train. « Bonjour, mademoiselle ! » La salua, de son bureau, Simon avec une voix chantonnant l’air du morceau en train de passer par le gramophone. Il avait visiblement arrêté de travailler et, les pieds croisés entre deux piles de papiers, l’archéologue prenait sa pause en buvant un liquide ambré. « J’espère que vous avez bien dormiii ! Continua-t-il sur le même mode.
– Fort bien, merci beaucoup. »

La jeune femme se leva du lit et fit quelques pas en direction de Simon qui chantonnait en buvant. Elle remarqua que Clay dormait encore profondément sur le canapé, un bras et une jambe quasiment par terre. Lui aussi avait eu grand besoin de récupérer Si ça se trouve, il avait même encore moins eu l’occasion de se reposer qu’elle, la nuit précédente. « Combien de temps ai-je dormi ? S’enquit Ethelle.
– Pluuusieurs heures ! Chantonna le joyeux archéologue. Nous avons déjà passééé laaa gaaare de Rotherby hy hy tudum laaa !
– Etes-vous obligé de chanter ?
– Oh oui, lui assura Simon avec sérieux. Il faut toujours exprimer sa joie, c’est important.
– Et pour quelle raison êtes-vous si joyeux ? S’informa la jeune femme.
– Je ne le suis pas, s’assombrit l’archéologue en terminant son verre d’une longue gorgée. Mais j’essaie de m’en convaincre : je suis bien plus performant lorsque je suis de bonne humeur.
– Mmhmm, je vois. » Commenta platement Ethelle.

Leur hôte lui semblait au moins aussi excentrique que lorsqu’elle l’avait rencontré au Parlement, la veille. Elle se souvenait qu’il avait pris de manière littérale l’expression « prendre la porte ». Bien sûr, elle supposait qu’il avait fait une telle chose juste pour faire enrager la femme qu’il était allé voir. Elle préférait cette explication à celle qui sous-entendrait que Simon avait un jour pris un coup sur la tête, le rendant simplet. Il s’agissait là de sa deuxième hypothèse. Quelle que soit la véritable explication derrière l’attitude loufoque de l’archéologue, elle lui était reconnaissante de leur avoir fourni un abri et, surtout, de ne pas s’être débarrassé d’eux lors de l’arrêt à la gare de Rotherby. Pour cela, elle estimait qu’elle pouvait lui accorder sa confiance.

Il lui fit signe de venir prendre place en face de lui. Elle obtempéra et s’assit sur une chaise rembourrée devant le bureau. « Je me souviens que nous avions parlé de surnaturel, vous et moi, lui dit Simon sur un ton plus sérieux.
– Je m’en souviens également, acquiesça la jeune femme qui avait du mal à se concentrer tant elle pensait à combien il serait agréable de prendre un bain.
– Vous aviez paru un peu sceptique sur le moment, continua-t-il, mais quelque chose me dit que vous avez été témoin de l’existence de créatures qui semblent issues de contes de fées.
– Oui, en effet, mais je n’étais pas vraiment moi-même à ce moment là…
– Peu importe, balaya l’archéologue avec bienveillance. Vous avez quand même vu certaines choses, même si vous avez du mal à le croire. Et je comprends ! J’ai eu beaucoup de mal à le croire moi aussi. »

Sous le regard perplexe d’Ethelle, il lui sourit. Puis, il poussa une assiette de cookies dans sa direction et lui servit, dans un verre propre, un doigt du liquide ambré qu’il buvait un peu auparavant. Comme elle avait l’air hésitante, il l’encouragea : « Mangez d’abord ; c’est un peu fort alors il ne vaut mieux pas être à jeun. » Cela rappela à la rouquine qu’elle avait une faim de loup. Seule sa bonne éducation bien ancrée l’empêcha de se jeter sur l’assiette pour engloutir tous les gâteaux d’un coup. Elle mangea tout de même la moitié du contenu de l’assiette avant de parvenir à s’arrêter. La jeune femme leva un regard gêné sur son hôte, mais celui-ci se contentait de la gratifier d’un air bienveillant. Elle testa ensuite le liquide ambré. Juste une petite gorgée. Et elle fit bien. L’alcool – un whisky âgé estima-t-elle – était vraiment fort et elle n’avait pas l’habitude. N’ayant que dix-sept ans et, par là même, n’ayant pas officiellement le droit d’en boire, la jeune femme n’avait pas eu l’occasion de se forger le palais. Elle perçut une chaleur lui monter presque instantanément au visage et le feu envahir sa bouche et sa gorge. Une fois la chaleur passée, elle put enfin profiter du goût tourbé.

« Haha ! S’esclaffa Simon. Il est bon, n’est ce pas ?
– Très. » Confirma Ethelle qui, même si elle n’en avait pas l’habitude, n’avait eu l’occasion de goûter que les meilleurs alcools possibles. « Vous disiez que vous aviez des preuves de l’existence de ces… choses surnaturelles ?
– Oh oui, confirma l’archéologue. Il y a quelques années, j’ai découvert le site d’une bibliothèque antique. Elle était même bien plus qu’antique, comme j’ai pu m’en rendre compte en l’explorant.
– Comment cela, plus qu’antique ?
– Je pense que la bibliothèque que j’ai découverte est antérieure à l’antiquité que nous connaissons.
– Mais comment est-ce possible ? S’étonna la jeune femme. Je croyais qu’avant l’antiquité il n’y avait que la préhistoire. »

A l’école de jeunes filles Notre Dame des Roses, Ethelle avait bénéficié de la meilleure éducation possible en ville. Mais l’histoire n’avait pas été l’une de ses matières de prédilection et ses connaissances de la période pré-antiquité étaient assez floues. « C’est un peu plus compliqué que cela en réalité, lui apprit Simon. Mais peu importe : je subodore que cette bibliothèque est, de vraiment beaucoup, antérieure à notre antiquité. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a eu cette civilisation qui a disparu il y a bien longtemps, suite à une catastrophe. De ce que j’ai compris, ils avaient trouvé une solution, mais elle est arrivée trop tard. Ils devaient aussi avoir des problèmes politiques qui n’ont pas aidé, mais je n’ai pas eu le temps de tout comprendre, encore. Il faut dire que leur langue est terriblement ancienne ! Heureusement que je connais les langues mortes comme si elles étaient vivantes, sinon je n’aurais jamais réussi à en comprendre autant.
– Et quel rapport avec le surnaturel ? » S’enquit la rouquine une peu perdue.
L’archéologue ne répondit pas tout de suite. Il s’assit correctement sur sa propre chaise, enlevant les pieds de son bureau. « Et bien… » Commença-t-il, mais il fut interrompu par un bruyant bâillement provenant du canapé. Clay se redressa et, regardant tout autour de lui d’un air éperdu, il demanda :

« Où sommes-nous ?
– Vous êtes dans mon appartement mobile, l’informa Simon avec bonne humeur. Votre jeune amie est déjà réveillée et nous étions occupés à discuter. J’espère que nous ne vous avons pas trop dérangé ?
– Non, ça va.

 

 

2710 mots, ça aura été un week end de bon rattrapage de retard. J’ai moins de 1000 mots de retard à rattraper maintenant 😛