L’Avenir des Fées

Les deux adolescents se sentaient grisés par la vitesse, épicée d’un parfum d’interdit. Ils avaient subrepticement emprunté la motoneige de leurs grands-parents pendant que tout le monde était occupé à la réunion de famille. Le cousin, Jan, avait d’abord paru perplexe face à la discrétion de l’opération. Sa cousine, Edda, avait rapidement balayé ses craintes en lui assurant que la remise qui abritait l’engin était suffisamment éloignée de la maison familiale pour ne pas attirer l’attention. Ils avaient aussi dû se débarrasser de leurs cadets, mais cela s’avéra plutôt simple : les deux aînés étaient rodés à l’exercice.

Ils filaient à présent comme le vent, la motoneige fendant la piste immaculée qui bordait un petit bois. Il ne neigeait pas mais, hors du village, la nuit était noire et le phare avait bien du mal à repousser l’obscurité ambiante. La neige environnante paraissait étouffer un peu le bruit du moteur et les deux complices avaient l’impression de voler. Impressionnés par la nuit et la pression de la nature autour d’eux, les cousins ne laissaient pas échapper un seul son, se contentant l’un et l’autre de sourire jusqu’aux oreilles de ravissement.

Aucun d’entre eux n’aperçut la bosse qui leur fit quitter leur trajectoire. Ils furent projetés de leur monture qui, elle, se renversa sur le côté. La jeune fille, tombée sur le dos, avait le souffle coupé et luttait pour que l’air retrouve le chemin de ses poumons. Ce faisant, elle tourna la tête pour chercher Jan du regard. Il gisait sur le ventre, visiblement inconscient. Alors que l’oxygène se frayait de nouveau un accès dans son organisme, elle sentit le sol vibrer sous elle, comme s’il était martelé par des dizaines de maillets.

Edda se sentit soulevée de terre par des mains qui l’agrippèrent fermement. Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Les mains la jetèrent sans ménagement en travers d’une selle. Le même traitement fut infligé à son cousin, puis chevaux et cavaliers changèrent de direction dans un ensemble parfaitement synchronisé. La horde disparut en passant entre deux arbres dépouillés de l’orée du bois, comme si elle avait passé un portail invisible.

La jeune fille constata avec surprise que l’autre côté, bien qu’aussi en proie à la neige, tout lui paraissait différent. Elle n’aurait pas su expliquer en quoi tout était dissemblable, pourtant. Cela créa chez elle une sensation de malaise. Edda se demanda brièvement si elle ne s’était pas cogné la tête en tombant et si son cerveau n’était pas en train de divaguer, mais la douleur qu’elle ressentait à chaque inspiration et les heurts du pas du cheval la rappelèrent presque aussitôt à la réalité.

Comme elle reprenait son souffle, elle commença à se débattre et à essayer de descendre de l’animal. Une main de fer l’entrava, ce qui la paniqua. La jeune fille se mit à ruer de plus belle, en se mettant à crier de sa voix retrouvée. Elle n’eut pas le temps de s’essouffler ; son ravisseur la jeta bientôt dans la neige, qui amortit sa chute. Jan la rejoignit, sa chute lui arrachant un grognement. Il papillonna des paupières et jeta un regard hébété autour de lui. Ce qu’il vit le laissa aussi perplexe que sa cousine. Ils se trouvaient dans une clairière enneigée, entourés par des cavaliers vêtus comme dans l’ancien temps et dont les chevaux ne laissaient pas d’empreinte de sabot dans la poudreuse. Partout, des lucioles argentées flottaient paresseusement.

Jan poussa un nouveau grognement en se tenant la tête d’une main. Edda espéra qu’il n’avait pas fait une mauvaise chute et se précipita pour le soutenir. Lorsqu’elle releva la tête, la plupart de leurs ravisseurs avaient disparu. Il n’en restait que deux, dont l’un mit pied à terre et se posta devant eux pendant que l’autre, resté sur son cheval, leur tournait autour. En levant les yeux sur l’homme qui se tenait devant eux. Son visage, encadré d’une blanche chevelure vaporeuse, était d’une perfection presque dérangeante. Ses oreilles aussi sortaient du commun : effilées et pointues.

« Vous êtes bien audacieux de vous être aventurés près d’un portail des fées une nuit de pleine lune, déclara-t-il aux cousins en parlant avec un fort accent et d’un ton sévère.
– Quoi ? Émit Jan dont la conscience n’avait pas encore totalement fini d’émerger.
– Audacieux ? Pouffa la cavalière qui était restée sur sa monture. J’aurais plutôt dit inconscients.
– Nous ne savions pas que nous étions sur une propriété privée, confessa Edda d’une voix blanche. Laissez-nous partir, vous n’avez pas le droit de nous garder ici !
– Ce sera au Roi et à la Reine d’en décider, décréta l’homme qui leur faisait face. Mais nous sommes bienveillants : en général, nous gardons les enfants humains que nous trouvons avec nous. Ils deviennent des suivants de la famille royale.
– Quoi ? Mais non ! S’écria la jeune fille. Vous ne pouvez pas enlever les gens comme ça ! Et je n’ai pas envie d’être une simple suivante.
– C’est pourtant un grand honneur de servir le Roi et la Reine, s’étonna son interlocuteur.
– Humains ingrats… » Lâcha dédaigneusement la cavalière qui avait arrêté de leur tourner autour et avait posté son cheval à côté de son congénère.

L’homme aux oreilles pointues la fit taire et reprit, à l’intention des deux adolescents accroupis dans la neige, en parlant lentement d’un ton patient : « Le couple royal vous considèrera comme ses enfants et vous serez choyés.
– Nous avons déjà des parents, pointa Jan en le fixant d’un regard impavide. Qui s’occupent de nous.
– Vous ne manquerez de rien ici, continua d’argumenter l’étrange créature.
– Nous ne manquons déjà de rien, précisa Edda. Et nous n’avons aucune envie de rester ici.
– Pourtant, même les enfants de grands Seigneurs et Dames que nous avons amenés ici ne souhaitaient pas repartir, persista l’homme qui sentait que la conversation lui échappait peu à peu. Tous ont trouvé ici ce qui leur manquait là-bas.
– On peut devenir astrophysicien, ici ? S’enquit Jan d’un air dubitatif.
– Vous avez l’accès à Internet au moins ? » Ajouta sa cousine d’un ton d’où perçait le doute.

Les deux cavaliers échangèrent un coup d’œil médusé mêlé d’incompréhension. Ils n’avaient jamais eu l’occasion d’avoir une telle conversation avec des jeunes humains aussi impudents et ils en étaient complètement déconcertés. De plus ils n’avaient jamais entendu parler de ces choses aux noms compliqués qu’ils avaient déjà oubliées. Se reprenant rapidement, la femme remua les doigts. Un petit nuage de poussière dorée jaillit de ses mains pour envelopper les adolescents.

 

Edda se redressa en sursaut dans la neige. Elle balaya rapidement les alentours du regard, plissant les yeux lorsqu’ils croisèrent l’intense lumière prodiguée par le phare de la motoneige renversée. Son cousin était étalé sur le ventre, inconscient. La jeune fille se leva pour aller le secouer. À son grand soulagement, il se réveilla presque aussitôt. Ils se redressèrent tous les deux, encore un peu hébétés, et constatèrent que des flocons commençaient paresseusement à tomber. D’un accord tacite, ils entreprirent de redresser le véhicule et de l’enfourcher pour rentrer.

Plus tard, ils conviendraient de garder le silence sur cet étrange évènement. Pour le moment, ils conduisaient en silence en fendant prudemment les flocons, le vent sifflant à leurs oreilles, ressemblant parfois à des voix. S’ils avaient été attentifs, ils auraient entendu des questionnements troublés dans la brise nocturne : « Les humains ont changé, devons-nous changer aussi ? Qu’est ce qu’un astrophysicien ? Est-ce encore lié à une nouvelle pseudo-science dont les humains avaient le secret ? Est-ce qu’Internet était un récent plat typique ? Qu’avait-il donc bien pu se passer depuis toutes ces années où les fées n’avaient pas mis le pied hors de leur royaume ? » Mais les adolescents restèrent sourds aux interrogations féeriques.

Qui écrit vraiment l’histoire ?

« Je préfèrerais aller de l’autre côté de la montagne, plutôt, ce serait une meilleure idée ! S’exclama la pétillante Alamana.
– Tu es sûre de toi ? Grommela Stéphania. J’avais prévu que le trajet passerait par la capitale et…
– Oh non non, balaya l’autre. Ce serait une perte de temps.
– Pourquoi tu ne veux pas aller là où je te dis ?
– Je trouve que ça ne serait pas logique d’aller en direction de la capitale, expliqua Alamana. Déjà, ça me ferait faire un détour. Et puis, pour y arriver, il faut passer par la Forêt Noire. Il est de notoriété publique que cette forêt est infestée de brigands, ce qui ne me parait pas très prudent.
– Ce n’est pas beaucoup plus prudent de voyager à travers les montagnes sans escorte, tenta de raisonner la seconde. Il pourrait y avoir des guides amicaux ou des gardes du corps sympathiques en ville.
– Boah, risquer sa vie en passant par la forêt ou par la montagne, ça ne change pas grand chose, n’est ce pas ?
– C’est vrai, avoua Stéphania à contrecœur.
– Du coup, autant aller directement par la montagne. » Décréta Alamana sur un ton définitif.

 

Stéphania se laissa aller en arrière sur sa chaise, repoussant son clavier. Elle allait encore devoir revoir le déroulement des évènements de son roman. Et trouver un autre moyen pour que son personnage principal, cette jeune femme pétillante et trop pleine de bon sens, rencontre des compagnons durant son périple.

La Prophétie des Etoiles

Les deux archimages de la Faculté Impériale de Diroma se concertaient, la mine grave. Ils se tenaient au-dessus d’une table recouverte d’un fouillis de parchemins, d’orbes de vision et d’objets dévolus à l’étude astronomique. Quelques bougies bien entamées et grimoires poussiéreux complétaient le tableau chaotique.
Le dénommé Cerdicus désignait d’ailleurs à son compagnon une page fragile d’un ouvrage qui faisait partie de l’Ensemble des Prophéties d’Ici et du Monde. Il poussa sa barbe qui s’était égarée sur les pages et gênait la vue d’Odetus. « Je crains que tous les éléments ne concordent, s’inquiéta Cerdicus. Il s’agit de la dernière partie des Ensembles de Prophéties. Je me suis toujours demandé pourquoi aucune prédiction n’avait vu le jour concernant les époques d’après ce cataclysme-ci.
– C’est une bonne question il est vrai, commenta Odetus. Ce que vous me montrez là est inquiétant. Pourquoi personne d’autre n’a-t-il soulevé le problème ?
– Ah, vous savez, l’étude des prédictions et de l’astronomie liée à l’astrologie n’ont plus beaucoup de succès de nos jours.
– C’est vrai, acquiesça Odetus en se lissant la moustache. En ce moment, ce sont les classes de potions et des maîtrises élémentaires qui sont combles. Je dois avouer que ces choses-là ne sont pas non plus ma spécialité.
– Ce n’est malheureusement plus la spécialité de grand monde depuis la disparition de la vieille Clementina.
– Mmmh… Nous devrions essayer de relancer l’intérêt estudiantin pour cette discipline, une fois que toute cette histoire sera terminée.
– Si nous parvenons à enrayer ce sombre destin qui nous attend, pointa Cerdicus avec amertume.
– Nous verrons, tempéra Odetus d’un ton rassurant. Dès la première heure demain matin, je vais demander une audience à l’Impératrice, pour l’informer de la menace. Quant à vous, vous devriez commencer à rassembler les ingrédients et sorts nécessaires au rituel de protection.
– Faisons ainsi. »
Après quelques discussions à propos des marches à suivre, les deux archimages se saluèrent, prirent grand soin d’éteindre toutes les chandelles pour éviter un incendie, et partirent se coucher. Une longue journée les attendaient le lendemain. Ils subodoraient également que beaucoup de tracas allaient les envahir pour les jours qui suivraient.

 

 

L’entrevue auprès de l’Impératrice fut un succès pour Odetus. Elea V débloqua des ressources afin d’aider les mages à prévenir la catastrophe qui se profilait. L’archimage avait longuement expliqué à l’Impératrice les dangers de ce nouveau corps céleste, que l’on pouvait désormais voir à l’oeil nu durant les nuits sans nuages.

Elea V n’était pas bête. Elle connaissait les dégâts pouvant être occasionnés par une catapulte et Odetus lui avait expliqué que le caillou qui allait les heurter avait la taille d’un royaume. L’Impératrice avait tout de suite compris l’ampleur de la catastrophe qui les guettait. Ni son Empire, ni ses voisins, ni personne ne s’en remettrait.

Cerdicus, lui, avait lancé une grande campagne de recherches d’objets magiques et d’ingrédients. Certains étudiants mages, emballés par l’idée, s’étaient lancés à l’aventure dans tous l’Empire et au-delà, aidés par un financement universitaire mis en place pour l’occasion. Pour eux, ils s’agissait d’un jeu. L’archimage ne leur avait pas dévoilé son dessein en les envoyant ainsi aux quatre coins du monde.

De fait, au delà de Cerdicus et Odetus qui avaient mis au courant les archimages des autres Facultés et de l’Impératrice qui n’avait informé que quelques conseillers et alliés dignes de confiance, personne ne se doutait du cataclysme qui s’annonçait. Elea V avait décrété qu’il serait risqué d’inquiéter inutilement la population, d’autant que les mages avaient une solution. Elle espérait que les expéditions seraient diligentes dans leur recherche d’artefacts ; elle se sentirait mieux une fois qu’elle saurait que toute menace serait écartée.

 

Isaura était une étudiante prometteuse dans les domaines des potions et de la botanique. Mais aussi déjà une magicienne émérite. C’est pourquoi elle était à la tête de son petit groupe de chasseurs de reliques. En réalité, ils ne recherchaient pas des reliques à proprement parler. Sous la direction de la jeune femme, ils s’étaient spécialisés dans les plantes rares.

Ils avaient déjà trouvé le lotus d’améthyste de Sylvania et le discret campanule-phénix doré. Ils n’avaient pas ménagé leurs efforts pour arriver à ce résultat et leurs trouvailles avaient été acclamées à grands cris à la Faculté Impériale de Diroma. L’équipe d’Isaura et elle-même avaient quitté la ville la veille afin de trouver la dernière plante requise. Ils étaient partis au plus vite car plusieurs groupes d’étudiants rivaux les concurrençaient. Toutes ces compétitions se déroulaient sous l’oeil concerné des deux archimages qui avaient initié le mouvement.

« Le temps presse, s’inquiétait Cerdicus en froissant nerveusement sa barbe.
– Ne vous en faites pas, lui assura Odetus en buvant une gorgée de chocolat chaud. Ils sont plusieurs pour trouver… Comment se nomme cette plante déjà ?
– Timide Amour, il s’agit d’une petite fleur bleue.
– Voilà. Jusqu’ici tout se passe à merveille ; il est inutile de se faire du mauvais sang. Personne ne s’inquiète plus de l’astre nouvellement apparu dans le ciel depuis que l’Impératrice Elea V en a fait son symbole. »

Cerdicus acquiesça. Son confrère parlait sagement. « Je suis certain qu’ils reviendront à temps avec le Timide Amour, appuya une nouvelle fois Odetus.
– Vous parlez avec la voix de la raison, en convint son confrère. Mais je ne peux m’empêcher de penser : et si le fait qu’il n’existe plus de prophétie pour la suite signifiait que nous n’allons pas réussir à empêcher cet astre de nous heurter.
– Je préfère ne pas y penser. » Avoua Odetus en terminant le contenu de sa tasse.

 

Marcus était un paysan prospère. Tous les matins, il se levait tôt, envoyait ses ouvriers au travail et se mettait lui-même à l’ouvrage ensuite. Contrairement aux autres jours de dur labeur, aujourd’hui il se permettait de faire une pause dans son travail. Ce n’était pas un jour comme les autres : une flopée d’étudiants mages parsemait ses champs, visiblement à la recherche de quelque chose d’important pour eux.
Que ces jeunes blancs becs fassent comme ils voulaient, songea Marcus, tant qu’ils ne lui abîmaient pas ses récoltes. Il espérait juste qu’ils ne resteraient pas trop longtemps, car ils risquaient de gêner ses ouvriers. Après un claquement de langue, il décida de garder un oeil sur eux, juste au cas où. Il n’avait jamais vu une telle chose et contemplait le spectacle, médusé.

« Isaura, il nous regarde toujours, émit timidement un étudiant.
– Et bien qu’il regarde, répondit sèchement l’interpellée. Il ne peut pas comprendre l’importance de ce que nous recherchons.
– Nous pourrions peut-être lui demander si il connait les fleurs bleues… les Timides Amours ?
– Pour quoi faire ? Il ne verrait même pas de quoi nous lui parlerions. »
Ils continuèrent à chercher. Les espoirs de Marcus furent exaucés quelques jours plus tard. Les étudiants mages s’en furent de ses terres sans un mot. Le paysan se demanda ce qu’ils avaient bien pu trouver au milieu de ses plantations.

 

« Nous avons échoué, avoua Isaura aux deux archimages une fois revenue à la Faculté Impériale de Diroma. Nous n’avons pas trouvé le Timide Amour, malgré tous nos efforts. » Cerdicus et Odetus échangèrent un regard accablé.

 

« Evata ! Appela Marcus. Les mauvaises herbes bleues sont revenues ! Viens m’aider à les exterminer !
– C’est terrible, grommela sa femme en arrivant avec de quoi déterrer les racines. Elles sont tenaces ces herbes ! » Sans un mot de plus, ils se mirent de nouveau à la tâche. Pendant ce temps, dans le ciel, l’astre grossissait.

 

Magique

Le champ de bataille se tenait entre les vastes plaines et une zone montagneuse mal fréquentée et truffée de cavernes gobelines. Qui savait quoi d’autre se tapissait dans les tréfonds des grottes ? « Capitaine ! » L’interpellée se tourna vers celui de ses trois compagnons qui lui avait adressé la parole. Les deux autres se tenaient, vigilants, à l’affût d’un quelconque danger.

Comme la vétérane levait un sourcil interrogateur dans sa direction, le soldat continua : « Il n’y a que de la chair à canon en face, pourquoi n’attaquons-nous pas ? » La femme ne répondit pas tout de suite. Elle enleva son casque, laissant s’échapper de longues mèches blondes, et s’épongea le front. Il faisait chaud à côté de ces montagnes, dont certaines étaient des volcans encore en activité.

Replaçant son heaume ailé, elle désigna les gobelins qui grouillaient sur les flancs rocailleux et expliqua : « Comme tu l’as si bien souligné : il ne s’agit que de chair à canon et de faibles combattants. Sauf qu’ils sont là, bien en vue, comme une provocation. Cela signifie que le véritable danger est caché.
– Je me doute, intervint un deuxième soldat des Veilleurs. Mais grâce à vous, nous sommes plus aguerris. Je pense que c’est le moment de nous débarrasser de ces gêneurs, ainsi nous aurons la voie libre jusqu’aux sommets des montagnes.
– Certes. » La capitaine sourit par devers elle. Ses trois compagnons se montraient tellement juvéniles parfois !

Elle laissa s’écouler quelques secondes avant de lui expliquer de nouveau : « Sauf que si nous tombons de manière irréfléchie, ce seraient eux qui auraient la voie libre jusqu’au bout des plaines. Et ce serait un problème, n’est ce pas ? » La question était rhétorique et ses trois Veilleurs acquiescèrent.

La capitaine savait que ses compagnons et elle allaient bientôt avoir le renfort de sentinelles volantes. Ces créatures mi-humaines, mi-oiseaux, étaient un atout précieux. Du ciel elles avaient une vue globale du champ de bataille. La vétérane attendit de savoir que le sentinelles allaient arriver pour lancer ses Veilleurs à l’assaut des gobelins, restant elle-même en retrait afin de les couvrir.

Un tremblement secoua la montagne et, alors que des éclairs jaillissaient du sommet pour frapper deux de ses soldats, plusieurs gobelins s’attaquèrent au troisième. Il se défendit vaillamment et parvint à en tuer deux avant d’être submergé par le nombre. Leur capitaine, prise de court par la rapidité de l’attaque, ne put que les regarder disparaître avec horreur. Elle n’avait pas pensé que l’Ennemi possédait autant de défenses magiques. Sa détermination se renforça. Les sentinelles aériennes venaient d’arriver. Elle ne doutait pas qu’ensemble, elles parviendraient à venger ses compagnons tombés.

Elle manqua de trébucher. Un nouveau tremblement ébranlait le sol. A côté des montagnes déjà existantes, une nouvelle poussait hors de terre. Il s’agissait d’un volcan, qui entra aussitôt en éruption. Un énorme rocher fut catapulté par l’explosion et frappa le contingent de sentinelles de plein fouet. La capitaine, à présent seule, n’eût pas le temps de s’émouvoir qu’un gigantesque dragon rouge se posa en face d’elle.
La vétérane savait que sa fin venait d’arriver.

 

« Hum. Bon. Et bien j’ai perdu : tu me finis au prochain tour, je n’ai presque plus de points de vie.
– On en refait une autre ?
– Pourquoi pas. » Les deux belligérants rassemblèrent chacun leurs cartes pour les mélanger et entamer un nouveau duel.

Prise de Conscience

message-serieux

Bon. Je pense qu’il est temps de passer au stade des messages engagés. Il y a des sujets importants dans la vie. Et des choses que nous avons besoin de réaliser en tant qu’espèce et non en tant qu’individu. C’est pourquoi je voudrais mettre en lumière certaines inégalités. Il en est des qui rampent discrètement dans l’ombre et personne n’y fait attention, car elles sont beaucoup trop ancrées dans notre environnement quotidien.

Et il est parfois difficile d’en prendre conscience tellement il est plus confortable de vivre dans l’ignorance. C’est un truc que nous faisons, nous, les humains, de nous cacher des choses désagréables ou gênantes de l’existence, afin de nous la faciliter.

Jusqu’à récemment (hier soir en fait), j’étais moi-même victime de ces œillères si pratiques. Et puis une soudaine prise de conscience m’a heurtée de plein fouet, concernant une petite partie du personnel médical.

Alors, certes, je sais bien que la vie dans le monde médical est très compliquée, que les études qui mènent jusque là demandent beaucoup d’énergie et que pratiquer demande autant de recul que d’abnégation. La totalité de ce corps de métier est difficile. Tout le monde devrait l’avoir remarqué, d’ailleurs.

Et ça, au moins, j’en étais consciente. Mais je me suis rendue compte qu’une petite partie du personnel soignant avait le droit à certains privilèges auxquels ni nous, ni le reste du personnel médical, ne pouvons bénéficier.

Je parle de la petite caste des neurochirurgiens.

Je comprends que leur travail est hautement compliqué et qu’ils ont la vie de leurs patients entre leurs mains. Ce n’est pas facile de porter une telle responsabilité ! Ils doivent en être récompensés, je ne nie pas cela.

Mais est-ce que c’est bien la peine d’en venir au point où ils peuvent s’offrir des bolides de course, des montres hors de prix et des appartements où on pourrait loger toute la population du petit village d’Albiez-Le-Jeune (Ardèche) ? Pire encore, est-ce bien nécessaire de leur réserver le droit exclusif d’utiliser des capes qui se mettent en place automatiquement et qui ont une vie propre ?

Car oui, je l’avoue. Je suis jalouse de Dr Strange. Ça ne me dérange pas que les neurochirurgiens puissent acquérir toutes les possessions matérielles dont ils ont envie avec leur argent durement gagné. Mais cette histoire de cape, ça me chiffonne ! Pourquoi est-ce que MOI, je n’ai pas eu le droit à ce que MA cape bouge de sa propre volonté, hein ? Alors que lui se pavane avec la sienne qui agit toute seule ! C’est inadmissible !

Voilà. C’était mon coup de gueule du moment sur un sujet d’actualité.

Une loutre sur une boutre

Une loutre de rivière s’embarqua un beau jour sur une boutre à la figure de proue en forme de tête de loutre. Elle comptait ainsi visiter les contrées d’outre-mer et saluer au passage ses congénères loutres de mer. Aventureuse, elle s’était accoutrée de seulement sa fourrure de loutre imperméable à l’humidité.

Rapidement, elle trouva les tourtes du cuisinier de la boutre bien fades et s’en trouva outrée. Outrepassant les limites de sa fonction de matelote, la loutre plongea pour ramener poissons, coquillages et crustacés pour améliorer le goût des tourtes. Le capitaine de la boutre, outré à son tour, voulut la tancer pour son outrecuidance mais, ayant goûté aux tourtes, il fit plutôt preuve de clémence.

Ils parvinrent bientôt dans une contrée lointaine où les habitants vivaient dans des yourtes outremer en mangeant principalement du yaourt. Mais l’équipage de la boutre les habitants des yourtes ne s’entendirent pas et commencèrent à en venir aux mains. Courte sur pattes, la loutre passait inaperçue et décida de se contrefoutre des disputes entre humains.

Elle préféra visiter les yourtes vidées de leurs hargneux propriétaires. Goûtant les yaourts indigènes qui étaient conservés dans des outres, elle les trouva fort bons. N’étant pas avare d’outrecuidance, elle en emporta sur la boutre autant qu’elle en fut capable. La loutre songeait déjà à quelle recettes de tourtes au yaourt elle allait pouvoir commander au cuisinier.

Si elle voulait pouvoir continuer son voyage outre-mer sur la mer outremer tout en mangeant des tourtes au yaourt, la loutre devait trouver un moyen de récupérer l’équipage qui se disputait avec les habitants des yourtes. Avisant les fines poutres qui soutenaient les yourtes outremers, elle les fit choir et les yourtes s’effondrèrent sur elles-mêmes.

Paniqués pour leurs yourtes qui s’étaient subitement désagrégées, leur habitants accoutrés de peaux écourtèrent le combat, et délaissèrent l’équipage qui avait eu l’outrecuidance de d’outrepasser les limites de leur rivage. Les marins, grâce à la loutre qui avait volé les outres de yaourt, purent remonter sur la boutre et mettre les voiles.

Ils félicitèrent la matelote courte sur pattes et, tout en continuant de voguer sur les flots outremers, ils lui préparèrent toutes les tourtes au yaourt qu’elle désirait.

 

loutreenbateau

Blague anecdotesque ou Anecdote blaguesque

C’est l’histoire d’un père qui veut inscrire son fils au lycée. Sa femme lui a donné le papier pour l’inscription, pour qu’il puisse le remplir sur place avec les personnes qui s’occupent d’inscrire les enfants. Il arrive fièrement à l’établissement et se met dans la file qui est longue, looongue !

Quand il arrive auprès de la personne qui va inscrire sa progéniture, il lui explique qu’il vient pour son fils. Alors la dame jette un coup d’oeil au papier, puis au père, puis de nouveau au papier. Elle lui dit :

« Monsieur, vous êtes sûr que vous voulez inscrire votre enfant au lycée ? Parce que vous avez un papier d’inscription pour le collège, là.
– Ah, je ne sais pas du tout, répond le papa décontenancé.
– Ce n’est pas très compliqué, le rassure la dame des inscriptions. Votre enfant entre en quelle classe l’année qui arrive ?
– Je ne sais pas, répond l’homme.
– 6ème ? 5ème ? 4ème ? 3ème ? 2nde ? 1ère ? Terminale ? lui suggère la femme qui a l’habitude des parents perdus qui ne savent pas trop dans quelle classe vont leurs enfants.
– Je ne sais vraiment pas, répète le père. D’habitude c’est ma femme qui s’occupe de ça.
– Il vaudrait mieux savoir, lui explique la dame des inscriptions en jetant un bref coup d’oeil aux autres parents de la file qui s’impatientent du temps d’attente. Sinon je ne sais pas dans quelle classe il faut que j’inscrive votre enfant, ni même si il faut que ce soit moi qui l’inscrive. Parce que moi je m’occupe des inscriptions pour le lycée et les inscriptions pour le collège c’est à l’étage en dessous.
– Attendez, je vais appeler ma femme pour être sûr.
– Faites donc. »

Le père, soulagé d’avoir trouvé une solution pour répondre aux questions épineuses de la dame des inscriptions, prend son portable pour appeler sa femme à la rescousse. Une fois qu’il l’a en ligne, il la passe à la personne en charge des inscriptions pour le lycée. Cette dernière lui dit :

« Bonjour madame !
– Bonjour !
– Je m’occupe des inscriptions pour les entrées en lycée, se présente la dame.
– Oui, répond la mère.
– Excusez-moi de vous déranger, mais votre mari ne savait pas répondre à ma question, c’est pourquoi il vous a appelée.
– Oui, répète la maman.
– Je voulais savoir si votre fils entrait au collège ou au lycée l’année qui arrive ?
– Non. »

 

loutretelephone

 

Pour ceux qui se poseraient la question, c’est une adaptation de quelque chose qui m’est vraiment arrivé. Oui.

Ravisseuse de magie

Le printemps avait fait fleurir les prés. Le petit peuple des fays s’y ébattait joyeusement ; qui butinant le nectar floral, qui flirtant ensemble, qui voletant entre les brins d’herbe dans une course effrénée, qui essayant d’apprivoiser des insectes pour en faire des animaux de compagnie. Au milieu de toute cette agitation féérique et champêtre, un fé aux ailes de libellule translucides contait fleurette à une fée aux ailes de papillon rouges et noires. Pour mieux impressionner la belle, il était monté sur le dos d’une mésange bleue qui lui répondait au doigt et à l’oeil. Ravie de tant d’attention, la petite fée pouffait de rire, minaudant auprès de son soupirant.

Bientôt, d’autres membres bourdonnant du petit peuple fay entourèrent l’oiseau, curieux de voir un animal aussi gros apprivoisé par l’un de leur race. Cela arrivait occasionnellement, mais suffisamment rarement pour que tout le monde vienne jeter un coup d’oeil de plus près. Lorsqu’elle réalisa qu’elle était le centre de l’attention, la mésange gonfla son poitrail jaune vif de fierté. Le fé était tout aussi satisfait de son assemblée et en profita pour se donner en spectacle. Il montra à ses comparses les quelques tours que l’oiseau acceptait de réaliser pour lui. Sous les applaudissements et les cris de joie, la fée aux ailes de papillon rejoignit son galant sur le dos du passereau coloré. Ce dernier emmena ses deux petits cavaliers haut dans le ciel à tire d’aile.

Ils survolèrent des korrigans qui dansaient en rondes en chantant à tue-tête des paroles incompréhensibles au milieu des menhirs. Puis une chasse à courre du grand peuple des fays, les elfes. N’ayant pas à voler eux-mêmes, les deux tourtereaux ne se firent pas prier pour profiter du voyage. Lorsque la mésange se posa aux abords d’une rivière, traversée par un pont à trolls, ses petits cavaliers mirent pied à terre. A l’ombre d’un bolet au grand chapeau, ils devisèrent du dragon dont ils avaient aperçu l’antre au loin et des cris stridents d’une banshee qui avait annoncé en pleurant un malheur à venir sur un château. Ils passèrent ensuite la nuit dans un nid abandonné mais encore tapissé de duvet, se livrant à moult acrobaties amoureuses et hautement inconvenantes à raconter en bonne société. Le petit peuple fay n’avait que faire des convenances et les deux tourtereaux s’aimèrent ainsi de manière créative une bonne partie de la nuit durant.

Et ils continuèrent de vivre ainsi d’amour et d’eau fraîche, alors même que la jolie fée aux ailes de papillon rouges et noires s’arrondissait. Quelques jours plus tard, elle pondit une grappe d’oeufs à l’abri des fondations lézardées d’une maison d’humains, en ruines, au coeur d’une forêt. Ceci fait, elle s’envola, de nouveau légère vers d’autres cieux, oubliant aussitôt sa progéniture et le fé aux ailes de libellule qui s’était, lui aussi, lassé de sa compagne. Ces frivoles créatures passèrent plusieurs mois à butiner de droite à gauche avant de se retrouver au détour d’un tournesol. La mésange avait été remplacée par une tourterelle, mais les débuts de leur nouvelle amourette furent les mêmes.

Une fois dans les cieux, confortablement installés sur le dos moelleux de l’oiseau, le paysage ne se montra pas aussi idyllique que la fois précédente aux deux fays. Tout l’horizon était barré d’une ombre titanesque, qui avançait, recouvrant le monde d’une cape obscure vers laquelle se précipitaient des brumes multicolores. En réalité, les filaments lumineux ne se dirigeaient pas en direction du voile ténébreux, mais étaient absorbés par lui. Les petits tourtereaux chevauchant la tourterelle distinguèrent, au loin, un dragon fuyant à toute allure l’obscurité. Mais le voile l’enveloppa et lui arracha une intense lumière qui rougeoyait comme une braise. Le cri de douleur du dragon s’arrêta brusquement et son corps inerte chut, provoquant un tremblement qui ébranla les alentours.

Si, jusqu’ici, toutes les fays des alentours avaient contemplé le spectacle avec les yeux agrandis par l’horreur, la terreur prit le dessus et toutes s’envolèrent à tire d’aile pour s’éloigner le plus possible de l’ombre qui avançait dans leur direction, aspirant l’énergie magique du monde entier. Le fé éperonna sa tourterelle qui, obéissant à l’ordre, se mit également à fuir à toute vitesse. A leurs pieds, les korrigans se réfugiaient dans leurs salles secrètes sous leurs menhirs et dolmens. Les elfes régaliens avaient abandonné toute dignité et fuyaient à en perdre haleine, rejoignant leurs royaumes de l’autre côté des arbres et des lacs. Les banshees se fondirent dans les pierres des demeures qu’elles hantaient et les trolls se tassèrent sous leurs ponts. Toutes les créatures magiques s’employèrent à fuir et à se cacher de l’ombre implacable.

Sa petite compagne agrippée à lui, il se retourna pour surveiller l’avancée des ténèbres, fasciné. Il remarqua que le voile d’obscurité ne s’étirait pas, mais avait une taille finie. De l’autre côté du voile, le ciel était de nouveau bleu. Cela lui donna une idée ; il allait faire comme les elfes et les autres. Attrapant la fée aux ailes de papillon, il se jeta de sa monture. Ignorant ses cris, il fondit en piquée en direction de l’arbre le plus proche. Un chêne centenaire. Plongeant sous les racines de se dernier, il se plaqua avec sa compagne tout au fond. Il expliqua à la fée tremblante de terreur qu’ils attendraient là, en sécurité, le passage des ténèbres et qu’ils sortiraient une fois que le danger serait passé.

L’ombre qui aspirait la magie de toutes les choses sous forme de brumes colorées passa l’arbre où les fays s’étaient réfugiées. Elle enferma les elfes et les korrigans dans leurs royaumes, scellant les entrées en aspirant leur magie et tua les autres, aspirant la magie de leurs corps. Elle fit de même avec les banshees. Seules celles qui s’étaient réfugiées au plus profond des fondations survécurent, mais ne pouvaient plus sortir des pierres. Les trolls se pétrifièrent sous les ponts. Les dragons qui n’avaient pas succombés s’enterrèrent au plus profond des montagnes et entrèrent dans un sommeil profond qui pouvait durer des milliers d’années pour ceux qui seraient assez puissants pour survivre aussi longtemps. Ils avaient besoin de magie pour vivre et il n’en restait qu’une infime quantité à la surface.

La plupart des créatures magiques avaient été balayées par le voile ténébreux qui, après avoir absorbé l’énergie du monde, disparut comme il était venu. Restaient les animaux communs et les humains. Des créatures magiques ne subsistèrent plus que les contes que les hommes et les femmes se transmettaient entre eux et à leurs enfants. Ces contes entrèrent dans le folklore en quelques générations seulement. Bientôt plus personne ne se souvint que ces histoires étaient vraies ou, du moins, avaient un fond de vérité. Pour cette terre, un cycle sans magie commença. Un cycle où les humains purent s’épanouir, bridés par aucune force pour les contrer. Le monde mettrait un temps considérable pour reconstituer ses réserves magiques.

Une tourterelle se posa sur un chêne centenaire. Elle roucoula doucement. Au milieu des racines de l’arbre, deux petites pensées fleurissaient. L’une blanche et grise, presque translucide et l’autre d’un rouge et noir profond. Les plus crédules prêtaient aux pensées des propriétés magiques, mais quiconque possédait un peu de bon sens savait bien qu’il ne s’agissait que de superstition.

 

fee

 

(Il y a quelques temps, quelqu’un est tombé sur ce blog en cherchant « ravisseuse de magie ». C’est pourquoi j’ai décidé de faire une mini-nouvelle à ce propos. Comme ça, cette personne ne sera plus déçue en venant ici ! Pour le moment, ce thème tourne un peu dans ma tête pour une éventuelle idée de NaNoWriMo. Mais d’ici le début de novembre, j’ai le temps d’oublier et de passer à autre chose !)

Quelques entrées du journal de R2D2 lors de son baby-sitting de Luke sur Dagobah

Jour 14 896 :

Ouf ! J’ai enfin réussi à faire en sorte que cette triple buse de dernier utilisateur de la Force s’émancipe un peu ! J’aurais bien voulu que sa soeur vienne aussi, mais elle est encore moins réceptive que lui.
Et ça me fait des vacances de C3PO. En plus d’être un péteux, il ne prend jamais la peine de traduire mes réparties cinglantes. Ca me vexe.

 

Jour 14 897 :

C’est impressionnant de voir comme ce gamin est persuadé d’avoir pris la décision tout seul, alors qu’il est en train de suivre ce que je lui dis de faire.
L’avenir des Jedi est mal barré avec lui.
En même temps, ce n’était pas mieux avec son père. Puisqu’il les a exterminés.

 

Jour 14 898 :

Il est pénible ; il n’arrête pas de parler de Leïa.
MAIS C’EST TA SOEUR CRETIN !
Qu’il arrête d’imaginer tout haut des trucs salaces… Ca va me causer des fuites d’huile à force… Beuh…
J’ai essayé de changer de sujet, puisque son X-Wing lui traduit mes propos (quand je veux), mais il a la capacité d’attention d’un papillon.

 

Jour 14 899 :

J’ai trouvé un moyen imparable pour le faire taire : je me suis mis à réciter ma notice d’utilisation. En boucle. Très fort.

 

Jour 14 900 :

Vivement qu’on arrive en vue de Dagobah et que je le refile à Yoda. Ca me saoule autant que lui la récitation de notice !
Par contre, j’espère que Yoda se montrera meilleur avec lui qu’Obi Wan avec Anakin. Sinon on est mal barrés.

 

Jour 0 :

Quand je pense qu’il est sensé être l’un des meilleurs pilotes de la galaxie… Ca fait peur. Le X-Wing a été englouti dans le marais. Je ne sais pas comment on pourra repartir d’ici…
Je ne me suis pas privé de l’insulter. De toutes façons, il ne comprend rien à ce que je dis.

Ah mince, avec l’accident, mon horloge s’est remise à zéro.

 

Jour 14 903 :

Ca y est, je me suis remis à l’heure.

Aaah ! Enfin ! Luke et Yoda se sont rencontrés.
Au début j’ai cru que Yoda était sénile. J’ai eu peur que Luke ne puisse pas avoir sa formation ! Je pense qu’en fait, il voulait juste se débarrasser du p’tit blanc bec.
Mais ça, c’est hors de question !
Déjà parce que je me suis fait chier à l’emmener jusque là.
Et parce que le X-Wing est en rade.
Donc c’est mort.
Haha.

 

Jour 14 904 :

Ils ont l’air de bien s’amuser à se courir après.
Y a personne pour s’occuper du droïde, bien sûr. Pfeuh !

 

Jour 14 905 :

Bon, pendant qu’ils s’amusent tous les deux, je pense que je vais commencer à réparer le X-Wing, maintenant qu’il est sorti de l’eau. J’ai pas envie de rouiller ici moi.

 

Jour 14 914 :

Ca n’a pas l’air de beaucoup avancer cette histoire de formation Jedi. C’est embêtant, je ne peux pas perdre trop de temps ici, sinon tous mes plans contre l’Empire vont tomber à l’eau.
C’est fâcheux.

 

Jour 14 916 :

Je pensais que j’allais devoir saboter les efforts de Luke pour que Yoda le laisse partir. Mais il s’en sort très bien tout seul !
Je pense qu’il a tout ce qu’il faut pour lutter contre son père. Normalement, rien que son côté lama dépressif devrait réussir à percer son armure de Côté Obscur. De toutes façons, Anakin n’utilise le Côté Obscur que pour paraître cool.

 

Jour 14 917 :

YODA M’A CASSE MON PION !

 

Jour 14 918 :

Ah non, c’est bon, il s’est réveillé.
Il ne faut pas me faire des frayeurs comme ça ! Au cas où Luke se casse, j’ai toujours Leïa, mais j’aimerais arrêter de perdre du temps dans mon plan pour détruire l’Empire. Merci.

 

Jour 14 921 :

Tiens, je pense que Yoda approche du point de rupture. Aujourd’hui il m’a donné un coup de main pour réparer le X-Wing.
D’un côté ça me réjouit pour mes plans, tout ça.
D’un autre, ça signifie que je vais retrouver C3PO.
Avec un peu de chance, il sera tombé par inadvertance dans un broyeur.

 

Jour 14 922 :

Et c’est repartiii !
Palpatine, tiens toi prêt : tu as le droïde le plus intelligent et acharné aux fesses !
Tu as juste le droit de détruire C3PO avant que j’arrive.

J’espère que quelqu’un a pensé à dire à Luke que Leïa était sa soeur…

 

 

(Si vous voulez voir le journal de Luke pendant la même période, c’est par là => Extraits du journal de Luke pendant son voyage sur Dagobah )
(Si vous voulez voir le journal de Yoda pendant la même période, c’est par là => Morceaux choisis du journal de Yoda après la grande purge Jedi )

Extraits du journal de Luke pendant son voyage sur Dagobah

– Jour 1 après avoir quitté les copains :

WIIIIIIIIII ! Enfin tranquille !
J’en avais un peu marre de Han. Il se la ramène tout le temps et il me prend pour un bébé, c’est super vexant. “Je t’ai aidé à fuir l’Empire” par-ci “Je t’ai sauvé du froid en te calant dans le cadavre d’un tauntaun” par là… Parlons-en du tauntaun, hein ! Je pue encore le cadavre.
C’est pas bon pour mes affaires avec Leïa, ça.
J’espère au moins qu’elle a vu mon départ comme celui d’un héros ténébreux !

 

– Jour 2 après avoir quitté les copains :

Je me demande si j’ai bien fait de laisser Leïa avec ce crétin…

 

– Jour 3 après avoir quitté les copains :

R2D2 me conseille une planète inhabitée pour que je puisse passer des vacances en paix. J’en profiterai pour construire une cabane pour Leïa, ça devrait l’impressionner.
Il est tellement prévenant ce droïde !
J’ai quand même bien vérifié qu’il parlait d’une planète déserte sans désert. De sable. J’en peux plus du sable.

 

– Jour 4 après avoir quitté les copains :

R2 a l’air particulièrement content, il chantonne en bips.

 

– Jour 5 après avoir quitté les copains :

Les bips commencent à me taper sur les nerfs. Un peu comme Han.

 

– Jour 1 sur la planète :

Bon.
On dirait que j’ai eu un accident.
Mais rien de grave, hein… Le X-Wing s’est juste fait absorber dans le marais et je n’ai aucun moyen d’appeler à l’aide.

Les bips ont l’air de se faire moqueurs.

 

– Jour 2 sur la planète :

R2 m’a menti ! La planète n’est pas si déserte que ça : il y a un p’tit vieux tout vert et tout sénile qui vient m’embêter !
Je suis très déçu.
En plus je ne comprends rien à ce qu’il dit ce p’tit vieux.
Et R2 non plus ; il se contente de me biper d’un air satisfait. Saleté de droïde !

 

– Jour 3 sur la planète :

Le p’tit vieux m’a piqué le sabre de papa !
C’est insupportable les p’tits vieux.

 

– Jour 4 sur la planète :

En fait, le p’tit vieux, c’est pas un p’tit vieux. Enfin, si c’est un vieux croûton moisi, mais du genre badass !
Il peut soulever mon X-Wing juste en fermant les yeux et en tendant la main.
Il m’a dit qu’il maîtrisait la Force. Comme le vieux Ben ! C’est un truc de vieux, la Force, on dirait. Mais je lui ai quand même demandé de m’apprendre, pour impressionner Leïa.
Je croyais que la Force, c’était mort pour moi en même temps que le vieux Ben. Quelle aubaine !

 

– Jour 9 sur la planète :

Le p’tit vieux vert m’apprend plein de trucs ! Par exemple, j’ai découvert que, pour maîtriser la Force, il fallait faire toutes les corvées d’un p’tit vieux.
Quelle aubaine d’être tombé sur un p’tit vieux au milieu de nulle part !

 

– Jour 10 sur la planète :

Pfiou ! C’est dur la Force ! Il me fait courir de partout le p’tit vieux tout vert…

 

– Jour 12 sur la planète :

Je sens que je deviens vachement fort. Et plus, maintenant je connais plein de super tours ! Je peux tenir sur une main et ça, je suis certain que ça va vachement impressionner Leïa. Han ne doit même pas savoir faire un truc aussi classe ; pfeuh, le naze !

 

– Jour 14 sur la planète :

Le vieux-vert m’a envoyé dans une caverne pour cueillir des champignons bizarres.
Mais elle me fait peur sa caverne : elle est toute sombre et on voit rien du tout.
Le p’tit vieux m’a dit qu’il fallait que je vainc le côté obscur dans la caverne.
Ca veut rien dire.
Mais j’ai pris une torche pour la prochaine fois !

 

– Jour 15 sur la planète :

Apparemment il ne fallait pas vaincre l’obscurité de la caverne avec une torche. A quoi ça sert d’avoir une épée qui brille dans ce cas ? Je lui ai demandé.
Il m’a donné un coup de canne.
C’est douloureux un coup de canne !
Et j’ai toujours pas compris…

 

– Jour 17 sur la planète :

Oooh ma tête… J’ai l’impression qu’une Etoile de la Mort m’a roulé dessus…

 

– Jour 19 sur la planète :

Le vieux-vert ne veut pas me refaire sa poêlée de champignons. C’était super bon pourtant.
Je suis très déçu.

 

– Jour 20 sur la planète :

J’ai surpris le p’tit vieux à bidouiller mon X-Wing. On aurait dit qu’il essayait d’aider R2 à le réparer.

 

– Jour 21 sur la planète :

Oh mon dieu ! J’ai rêvé que Leïa avait des ennuis ! Han en avait aussi, mais lui je m’en fous un peu quand même.
Je vais aller la sauver ! Je sais tout plein de trucs sur la Force en plus et je pourrai l’impressionner en me tenant sur une main.
Le p’tit vieux avait l’air un peu triste de me voir partir, il a essayé de me convaincre que je n’avais pas fini mon entraînement. Mais moi je pense que je suis super fort en Force et qu’il est juste triste à l’idée de se retrouver tout seul.
Je lui ai dit que je partais quand même.
Leïa va être trop trop impressionnée par mes muscles !
Attend moiii Leïaaa ! Maize Force biwisou !

 

LukePatate

 

(Si vous voulez voir le journal de R2D2 pendant la même période, c’est par là => Quelques entrées du journal de R2D2 lors de son baby-sitting de Luke sur Dagobah )
(Si vous voulez voir le journal de Yoda pendant la même période, c’est par là => Morceaux choisis du journal de Yoda après la grande purge Jedi )